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Législatives françaises: Le parti Les Républicains se positionne au Maroc

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5032 Le 26/05/2017 | Partager
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Pour Erwan Davoux, candidat républicain, la gauche a beaucoup déçu les binationaux, notamment à cause du projet de déchéance de nationalité de François Hollande (Ph. ED)

C’est l’une des circonscriptions les plus importantes dans l’échiquier  de la politique étrangère du nouveau président Emmanuel Macron. La 9e  circonscription des Français établis à l’étranger regroupe 16 pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, avec le Maroc comme pierre angulaire, puisque à lui seul le pays regroupe quelque 45% des votants. Traditionnellement de gauche, la circonscription pourrait changer de cap pour Erwan Davoux, candidat du parti  Les Républicains, car celle-ci a perdu l’estime des binationaux avec le projet sur la déchéance de nationalité.

- L’Economiste: Vous êtes le candidat du parti Les Républicains, dans la 9e circonscription des Français à l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest). Une circonscription qui connaît une effervescence particulière avec pas moins de 27 candidats. Quelles sont les particularités de cette circonscription?
- Erwan Davoux
: Effectivement 27 candidats, c’est un record mondial, mais c’est une circonscription qui a des liens très particuliers avec la France et qui compte un nombre très important d’immatriculés avec plus de 170.000 Français et une croissance forte depuis 2012 (+35.000 personnes). Les liens diplomatiques avec l’hexagone sont très importants, ceux de la francophonie également. Il y a aussi une majorité de binationaux, qui sont une chance pour la France et qui contribuent à renforcer et à alimenter cette relation bilatérale au quotidien. Il y a également des réussites économiques exemplaires. Il y a également, et c’est malheureux, que nous sommes les uns et les autres confrontés à ce terrorisme mondial et que la coopération dans ce domaine est très importante.

- Vous avez été très actif lors de la campagne d’Alain Juppé lors des primaires. Seriez-vous là aujourd’hui s’il avait gagné la partie?
- Ma décision de me présenter dans cette circonscription date de 2015, donc elle est antérieure aux primaires. Je l’ai fait parce que je suis originaire de cette région. Je suis né en Tunisie, j’y ai grandi et ma famille est toujours là-bas. Donc j’ai de l’affection pour cette région même si ce n’est pas la plus facile pour ma famille politique. J’aurais choisi une circonscription à Paris ancrée à droite, ça aurait été comme une lettre à la poste. Et si Alain Juppé avait gagné, je crois qu’on aurait eu cette clarification de la ligne politique des Républicains, que j’appelle moi de mes vœux, c’est-à-dire la fin d’une «droitisation». Et si Juppé avait gagné, je crois que j’aurais été un député très écouté à l’assemblée nationale du fait de ma proximité avec lui. Ceci dit dans la nouvelle configuration, si Monsieur Macron n’a pas de majorité absolue, je pense que la voix de quelques députés Républicains qui peuvent soutenir au cas par cas sera très importante.

- Vous êtes dans une circonscription qu’on dit traditionnellement à gauche (62% en 2012), cela représente un défi pour vous?
- C’est vrai, c’est le cas, mais on dit aussi que les binationaux ont voté massivement en faveur de la gauche parce qu’ils plaçaient certains espoirs en François Hollande. Je crois que globalement ils doivent être très mécontents. Je vais prendre pour exemple, notamment le projet de déchéance de nationalité pour des actes terroristes qui ne visait que les binationaux. Hollande a essayé de créer des citoyens de seconde catégorie en droit, il voulait même l’inscrire dans la Constitution qui est le socle des valeurs républicaines. Ce qui est choquant. Je vous rappelle que la dernière fois qu’on a voulu marquer une différence entre Français c’était sous Vichy. Moi j’ai combattu ce projet et je crois que les binationaux ont dû interpréter ça comme une stigmatisation et un signal négatif envoyé par François Hollande et qu’ils ne l’oublieront pas. D’autant que le candidat socialiste dans cette circonscription (Didier Le Bret ndlr) est un proche de François Hollande.
- Quels sont les principaux dossiers de votre programme?
- Il y a bien sûr la scolarisation et la sécurité sociale mais il y a aussi celui de la fiscalité. Les Français de l’étranger ont été mal considérés durant le quinquennat précédent parce qu’on les a assimilés à des nantis ou à des exilés fiscaux et donc ils se sont vu imposer de nouvelles taxes. Par exemple la CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine alors que justement cette taxe sert à éponger le déficit de la sécurité sociale. Or les Français de l’étranger n’en bénéficient pas. Le gouvernement a été condamné sur cette question par la Cour de justice européenne. Donc il a battu en retraite pour les Français vivant dans l’Union européenne, en revanche les autres Français de l’étranger continuent d’être assujettis à cette taxe. Mais la différence entre le CFE et la sécurité sociale, c’est que la première doit être en équilibre chaque année alors que la sécurité sociale est en déficit chronique. Donc forcément les cotisations sont plus élevées, mais il faut dire qu’il y a des choses qui se font à ce niveau, notamment la suppression de la rétroactivité pendant une période pour bénéficier du régime. Cette mesure a permis d’augmenter le nombre des cotisants et donc à faire baisser les frais. Aujourd’hui il y a d’autres projets qui vont dans ce sens et qui attendent la validation du gouvernement.

Propos recueillis par
Amine BOUSHABA

 

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