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Régions

Impulsion royale pour «la capitale académique»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5030 Le 24/05/2017 | Partager
Le Souverain a inauguré la bibliothèque d'Al Qaraouiyyine et deux médersas
Les sites historiques reprennent vie
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La médersa Seffarine représente la première médersa de l’époque mérinide au Maroc, comme en atteste son architecture sobre et sa salle de prière particulièrement déboîtée par rapport au patio. Sa rénovation a coûté 8 millions de DH (Ph. YSA)

Mobilisation extrême, hier, dans la médina de Fès, particulièrement aux abords de la mosquée Al Qaraouiyyine, où le Souverain allait accomplir la prière d'Al Asr. Ce mardi 23 mai, l'effervescence s'est emparée du centre historique de la capitale spirituelle.

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Selon certains chercheurs contemporains, la médersa Mohammadia était une annexe de la médersa Seffarine (fin du XIIIe siècle). Elle doit sa rénovation au sultan Mohammed V au XXe siècle. Sa restauration a coûté 6 millions de DH (Ph. YSA)

Le Roi, qui avait initié une refondation de la médina, s'y est rendu pour s'enquérir notamment des médersas Seffarine et Sahrij, accueillant les étudiants du Fiqh et Hadith, ainsi que pour inaugurer la bibliothèque d'Al Qaraouiyyine. A noter que la restauration de 5 médersas a nécessité un investissement de 43 millions de DH.

En effet, avec la réouverture de ces sites historiques nouvellement restaurés, la médina de Fès reprend vie. Conscient de l'importance du legs historique du tissu ancien de la cité idrisside, autrefois cœur battant de l'économie locale, le Roi avait lancé de grandes opérations de restauration bénéficiant à quelque 27 monuments.

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Appelée aussi médersa Rokham (marbre) ou médersa El Khossa (fontaine), cette médersa fut érigée au nord de la Mosquée Qaraouiyyine par le sultan mérinide Abou Hassan en 1347. Elle doit son nom à Mesbah Al Yaslouti, premier savant qui y enseigna des cours de sciences religieuses. Elle a été restaurée pour 15,3 millions de DH (Ph. YSA)

En juin 2016, il inaugure une partie de ces sites et ordonne la réouverture des médersas. Ainsi, des étudiants de l’Université Al Qaraouiyyine en dernière année seront relogés dans la médersa Mohammadia, comprenant 25 chambres et deux salles de cours. Il en est de même pour les médersas construites à l'époque des Mérinides, à savoir Seffarine (25 chambres et trois salles de cours), Mesbahiya (35 chambres et deux salles de cours) et Sbaiyyine (23 chambres) qui accueilleront d'autres étudiants du Fiqh, un domaine où le Maroc est devenu un modèle international.

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La médersa Sahrij, située à proximité de la mosquée des Andalous, a été fondée au XIVe siècle par le sultan mérinide Abou Hassan. Elle doit son appellation au bassin central qui lui confère avec les éléments d’architecture un cachet andalous par excellence. Sa restauration a nécessité 11 millions de DH (Ph. YSA)

Le Souverain avait aussi ordonné l’ouverture de la médersa Sahrij (26 chambres et deux salles de cours) qui sera réservée aux étudiants de la filière de la calligraphie marocaine à l’Université Al Qaraouiyyine ainsi qu'aux étudiants subsahariens. Par ailleurs, sur instruction royale, Dar Al Mouaqqit, une tour élevée sous le règne du sultan mérinide Abou Inan dans le but de contrôler la carte astronomique du ciel, sera également ouverte. Les Marocains pourront à travers cette maison-musée découvrir le patrimoine scientifique de leur pays. La réouverture de ces édifices vient conforter le statut de Fès en tant que «capitale académique et spirituelle du Maroc», comme le souhaite le Souverain.

Cette vision s’exprime par les projets menés un peu partout au niveau de la médina. Ce gros lifting s’inscrit dans le cadre du programme de restauration de la médina de Fès, lancé par le Roi en mars 2013 et exécuté par l’Ader-Fès. D’un investissement de près de 335 millions de DH, ce projet a porté sur la rénovation des médersas, forteresses, murailles, maisons et ponts historiques. Tous ces sites devraient être ouverts et accessibles au public marocain et étranger.

En attendant, la médina continuera d'offrir à ses visiteurs un lieu riche en histoire, à chaque ruelle une découverte surprenante entre les boutiques de coin de rue, les ateliers des artisans, les foundouks et les médersas. Tout le défi est de pouvoir rendre à la médina de Fès son lustre d’antan.  En ce sens, la réhabilitation de ce musée vivant créerait certainement une activité touristique, artisanale et commerciale au sein d’un tissu urbain ancien d’une valeur inestimable.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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