Competences & rh

Enseignement supérieur: Les écoles privées réclament une agence dédiée

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5029 Le 23/05/2017 | Partager
Elle chapeauterait le secteur du primaire au supérieur
Les opérateurs appellent aussi à la révision de la loi 01-00
La première rencontre avec Hassad prévue très prochainement
jacques_knafo_029.jpg

Jacques Knafo, président de la Fédération de l’enseignement supérieur privé, président de l’ESG: «Nous avons absolument besoin d’une nouvelle gouvernance du secteur» (Ph. Jarfi)

Elles en ont marre les écoles privées d’attendre une réforme qui ne vient pas. Avec l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, les choses ne se sont pas toujours bien passées. A tel point que les opérateurs se sont retirés de toutes les instances du ministère. «Nous nous sommes sentis inutiles.

Nous avons présenté des propositions d’amendement de la loi régissant le secteur, qui date de 17 ans, un cahier des charges pour les accréditations,… le ministère n’y a jamais donné suite», regrette le président de la Fédération de l’enseignement supérieur privé, également président de l’ESG, Jacques Knafo. 

Avec le nouveau ministre, Mohamed Hassad, qu’ils prévoient de rencontrer dans les prochains jours, ils souhaitent repartir sur de nouvelles bases. «Il s’agit d’un rendez-vous à ne pas rater. C’est une chance d’avoir un tel profil à la tête de notre tutelle. Nous sommes convaincus qu’il saura trancher et prendre rapidement des mesures concrètes, loin de toute considération politicienne ou populiste», estime Knafo.

La Fédération a préparé tout un document, préalablement présenté au Conseil supérieur de l’éducation, qui lui sera remis. Il comprend des données sur le contexte du secteur et ses acquis, ainsi que sur les attentes des professionnels et leurs propositions.

Les écoles privées souhaitent notamment une nouvelle gouvernance. Elles proposent la création d’une agence nationale, placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, qui chapeauterait le secteur privé. Et ce, du primaire jusqu’au supérieur, en passant par la formation professionnelle. Aux yeux des écoles, la configuration actuelle ne marche tout simplement pas. 

Pour l’équivalence de leurs diplômes, elles ne lâchent pas le morceau. Daoudi avait tenu à rattacher l’équivalence à la procédure de reconnaissance de l’Etat. Une procédure complexe avec des critères draconiens, auxquels seule une poignée d’établissements, une vingtaine, pourrait répondre: un effectif minimum de 400 étudiants, 1 prof pour 20 étudiants en sciences et 1 pour 25 en commerce et gestion, 60% de la charge horaire dispensée par des permanents, dont 50% de docteurs… «Des conditions auxquelles même le public ne satisfait pas», fustigent les établissements privés.

«La reconnaissance est une procédure purement quantitative qui ne garantit nullement la qualité des enseignements. Le cahier des charges imposé, quant à lui, n’est pas adapté aux écoles, mais aux universités», souligne Knafo. La Fédération appelle à l’application de ce que prévoit la loi 01-00 régissant le secteur dans son article 52. C’est-à-dire, offrir l’équivalence des diplômes aux lauréats de toutes les filières accréditées.

Or, ces dernières années, le ministère a accordé des accréditations à tour de bras à presque toutes les écoles. L’ancien ministre avait lui-même avoué que les critères d’accréditation imposés ne répondent pas vraiment aux exigences de qualité. Du coup, impossible «de brader le diplôme national!». Les professionnels se disent prêts à revoir les critères imposés, ainsi que les conditions d’accès aux filières.

Autre suggestion, encourager les écoles à se mettre en groupements d’intérêt économique (GIE) afin «d’atteindre une masses critique», utiliser le même personnel permanent et mutualiser leurs moyens. Pour l’heure, l’ambiance générale est à l’optimisme. Mais il faudra attendre la réunion avec Mohammed Hassad.

Une part qui se réduit comme une peau de chagrin

esenseignement_superieur_029.jpg

L’enseignement supérieur privé ne représente plus que près de 4,6% des effectifs des étudiants (7,2% en 2013). Le secteur est bien loin des 20% préconisés par la Charte nationale d’éducation et de formation. Dans certains établissements la chute va jusqu’à 40%, selon la Fédération de l’enseignement supérieur privé. La conjoncture économique et la baisse du pouvoir d’achat des ménages y est pour beaucoup. Mais ce n’est pas la seule raison. «Ces dernières années, les ENCG ont ouvert grandes leurs portes aux bacheliers. Les notes exigées ont été sensiblement revues à la baisse. Cela, évidemment, attire les étudiants», explique Jacques Knafo. «Cependant, le plus grave, c’est le doute qui a été semé dans l’esprit des parents. L’ancien ministre avait multiplié les sorties s’attaquant à la qualité du privé», poursuit-il. Les écoles se plaignent, également, de la concurrence «déloyale» de cabinets proposant des mastères sans en être autorisés, «et à des prix défiant toute concurrence». Sans compter celle des diplômes d’université payants.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc