Régions

Al Hoceima sur le qui-vive

Par Ali KHARROUBI | Le 18/05/2017 | Partager
Les forces de l’ordre présentes partout dans la ville
Elles sont déroutées par une marche "flashmob", sans lieu de départ ni itinéraire connu
Indignation, cherté de la vie, absence de soins, et de travail... des causes qui rassemblent
hoceima_trt_bon.jpg
 

Très belle journée printanière aujourd’hui jeudi à Al Hoceima. En ville, et jusqu’à 15 heures, tout était calme, les commerçants exerçaient leur activité dans la quiétude totale et au port les pêcheurs écoulaient tranquillement leurs prises. Même la plage Quemados affichait comble, des baigneurs profitant du soleil pour piquer un plongeon et se prélasser.

Mais si tout parait normal, rien ne l’est. La ville est bardée de policiers et de contingents de force de l’ordre en prévision d’une éventuelle embardée de la population qui doit tenir un rassemblement en fin d’après-midi. Les services de l’ordre se sont toutefois faits discrets si ce n’est les trois barrages de contrôle entre Ajdir et l’entrée de la ville, histoire de dissuader les velléités de violence. C’est aux alentours du commissariat principal que les autorités sont le plus visibles : une vingtaine d’estafettes sont stationnées et des dizaines de policiers discutent sur le trottoir d’en face.

Pour certains, ils sont fraîchement débarqués. Mais leur déploiement décrié par des activistes des réseaux sociaux n’est pas aussi massif. "Tout dépendra de l’ampleur de la marche de protestation organisée à partir de 18 heures", précise une source policière. Et si les services de l’ordre sont sur le qui-vive, c’est parce que les "leaders" de la mouvance populaire ne communiquent ni sur le lieu de départ de cette marche, ni sur son itinéraire. La population semble être d’accord avec les raisons qui poussent à cette marche, ainsi que l’indique une poignée de commerçants : "Il s’agit d’une marche d’indignation contre les déclarations accusatrices des partis politiques qui forment le gouvernement et qui nous ont accusé de séparatistes, de pions et de faiseurs de troubles", protestent-ils. Les jeunes sont en colère, car le taux de chômage dans la province est inquiétant, idem pour la cherté de la vie : à Al Hoceima un litre de gasoil est plus cher qu’à Oujda de 40 centimes et presque un dirham de plus qu’à Casablanca rétorque un taxieur qui explique que ses recettes quotidiennes ne lui permettent pas de subvenir à tous les besoins de sa famille. "Avec de tels prix, il est impossible de rendre la région attractive pour nos concitoyens des autres régions du Royaume", explique de son côté un restaurateur de poisson au port.

De son côté Mouhcine, activiste de la mouvance populaire, souligne que la région, avec son triste record du taux de cancéreux sur le plan national, ne dispose pas d’un hôpital spécialisé. De même plusieurs spécialités médicales n’existent pas et il faut se déplacer soit à Fès ou à Oujda pour se faire soigner. À ces revendications sociales s’ajoutent des attentes en matière d’emploi. La zone industrielle de la ville et les promesses pour lancer des chantiers à impact direct sur l’employabilité tardent à se manifester. Pour le moment des travaux d’élargissement de l’entrée de la ville et la mise à niveau de certains quartiers sont lancés. Ils sont appréciés dans leur globalité, mais restent trop loin des attentes des citoyens.

De notre correspondant, Ali KHARROUBI

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc