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International

Iran: Une élection présidentielle aux enjeux multiples

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5026 Le 18/05/2017 | Partager
Elle devrait déterminer la ligne politique du pays
ll y a un consensus en faveur de l’ouverture internationale
La conjoncture économique s’améliore
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L’activité iranienne s’accélère. La levée, en janvier 2016, des sanctions liées au programme nucléaire de l’Iran, donnera à court terme un coup de pouce à l’économie. Une reprise a touché les exportations d’hydrocarbures. L’inflation continuerait de décélérer toujours poussée par la baisse des prix des produits de base et par l’assouplissement des coûts à l’importation. La dette publique iranienne reste, au demeurant, très faible. Mais les dernières estimations du FMI suggèrent que cette dernière pourrait avoisiner 40% du PIB une fois les arriérés de l’Etat au secteur privé pris en compte

Economie, libertés, accord nucléaire avec les grandes puissances… les enjeux de la présidentielle qui se tient ce vendredi 19 mai en Iran sont déterminants pour l’avenir du pays. Quatre candidats vont solliciter les suffrages de 56,4 millions d’électeurs, dont les deux principaux sont le président modéré sortant Hassan Rohani, allié des réformateurs, et le religieux conservateur Ebrahim Raissi.

«L’élection présidentielle devrait déterminer la ligne politique aussi bien domestique qu’internationale du pays», indique Coface dans son appréciation du risque. Une réélection du président Rohani irait dans le sens «d’une plus grande intégration internationale et indiquerait que les efforts d’ouverture initiés depuis 2015 se poursuivraient». Or, «l’arrivée au pouvoir d’une figure plus conservatrice risquerait au contraire de remettre en cause cette évolution». Enfin, l’âge avancé du guide suprême pose «avec plus d’acuité la problématique de la succession à la tête du clergé, alors même qu’une partie de la classe politique se sent fragilisée par le processus d’ouverture».

L’économie reste l’un des enjeux principaux de ce scrutin (voir tableau). L’amélioration de la conjoncture est également due au regain d’activité dans les secteurs non pétroliers tels que l’agriculture, l’industrie automobile, le commerce et les transports qui ont profité positivement de la levée des sanctions, selon les indicateurs de Coface.

En 2017, les effets bénéfiques de celle-ci devraient perdurer, facilités par la reprise progressive des échanges extérieurs et le retour des capitaux étrangers. En outre, le secteur pétrolier devrait être encouragé par la remontée des cours des hydrocarbures d’autant que l’Iran ne devrait pas être soumis à des quotas de production, contrairement aux autres pays de l’Opep.

Le président Rohani a réussi pendant son premier mandat à réduire le taux d’inflation de près de 40% à environ 9,5% (chiffres officiels) et à conclure un accord avec les grandes puissances sur le programme nucléaire de l’Iran qui a permis la levée d’une partie des sanctions internationales. Toutefois, cet accord n’a pas entraîné l’afflux d’investissements étrangers espérés.

Le gouvernement Rohani a estimé à 50 milliards de dollars par an les investissements étrangers nécessaires à la relance de l’économie. Les investisseurs et les grandes banques internationales restent réticents en raison de l’attitude des Etats-Unis qui ont renforcé les sanctions non liées au programme nucléaire ainsi que du système économique et financier opaque de l’Iran.

«L’élection du président américain Donald Trump pose des interrogations quant au devenir de l’accord du 14 juillet 2015. Ce dernier, farouchement opposé en tant que candidat au réchauffement des relations entre les deux pays, pourrait remettre en question la participation des Etats-Unis au Plan d’action conjoint. Ce qui pourrait affecter l’économie iranienne», d’après les économistes de Coface.

Deuxième économie du Moyen-Orient

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L'Iran est la deuxième économie au Moyen-Orient après l'Arabie saoudite. Avec ses 79,9 millions d'habitants (recensement 2016), il a également la deuxième population de la région après l'Egypte.

Membre fondateur de l'Opep, Téhéran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz après la Russie et des quatrièmes réserves de pétrole dans le monde. En 2014, le RNB (revenu national brut) s'élevait à 6.550 dollars par habitant.

Une partie des sanctions économiques imposées à l'Iran pour son programme nucléaire a été levée depuis mi-janvier 2016. Ce qui a permis notamment une reprise des exportations de brut et une accélération des échanges commerciaux avec l'UE.

La chute des prix du pétrole, malgré une forte augmentation des exportations, mine toujours l'économie. Le chômage touche 12,5% de la population active, dont 27% chez les jeunes et les investissements étrangers tardent à venir.

 

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