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Culture

Musiques sacrées: Forte demande pour…«le mariage du plaisir»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
Franc succès de l’œuvre de Tahar Ben Jelloun
Une lecture musicale à Dar Adiyel selon une saga familiale
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 La lecture musicale du roman «le mariage du plaisir» a eu un franc succès auprès des festivaliers. Son auteur, Tahar Ben Jelloun de l'Académie Goncourt, parle du racisme contre les Noirs, précisément dans sa ville natale, Fès, dans les années 50. «Une ville que j’aimerais voir encore plus belle» (Ph. Y.S.A)

Tahar Ben Jelloun a volé la vedette, lundi dernier, lors du festival de Fès des musiques sacrées du monde. L’écrivain et poète fassi de langue française a été l’invité de «la nuit dans la médina». Prévue à 19 heures à Dar Adiyel, la lecture romanesque et musicale de son dernier roman «le mariage du plaisir» a fait salle comble.

Assis par terre, les festivaliers ont savouré la littérature française, contée par un marocain, né en médina. «Je raconte dans ce roman une partie de ce qu’ont vécu les familles de Fès dans les années 50», explique le célèbre écrivain. Récipiendaire de nombreux prix et distinctions, l’écrivain et poète fassi de langue française Tahar Ben Jelloun s’est fait connaître en 1985 avec L’Enfant de sable.

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La 23e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde se poursuit en beauté. Entre débats, chants, et musiques, les journées des festivaliers sont particulièrement chargées. Le public de Bab Al Makina, Bab Boujloud, Jnane Sbil, Dar Tazi et des nuits dans la médina a un grand choix. La médina de Fès devient, comme à l’accoutumée, le cœur battant et le creuset d’expressions artistiques, de réflexions philosophiques, d’échanges précieux susceptibles de nourrir une communauté d’esprit établie sur la reconnaissance de la différence comme richesse (Ph. Y.S.A)

Avec Le mariage de plaisir, son ouvrage publié en 2016, il signe une saga familiale sur trois générations trouvant source dans le labyrinthe d’histoires de la médina de Fès. Sentimental autant que sociopolitique, ce roman prend l’allure d’un conte louant le courage et exhortant à la tolérance.

A Fès, durant près de 2 heures, la fresque littéraire pimentée de musique a captivé l’attention des passionnés. Ce spectacle a mis en avant des textes sélectionnés par Nadine Eghels et Tahar Ben Jelloun, dits par Nicolas Pignon, avec une musique de Driss El Maloumi et son ensemble. La présence de Ben Jelloun de l’Académie Goncourt et de l’écrivaine, Leila Anvar, a rehaussé ce moment de haute culture. D’autant que l’auteur y parle du racisme contre les Noirs.

«Dans l’Islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée. On le nomme «mariage de plaisir». C'est-à-dire un mariage temporaire, à durée déterminée», introduit Nicolas Pignon. Cet acteur, reconnu comme «grand lecteur» notamment pour ses contributions à l’association «Textes & Voix», s’est associé pour la «nuit de Fès» à Driss El Maloumi, compositeur et maître du oud acclamé originaire d’Agadir.

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Pignon a rappelé, selon le roman, «les conditions qu’Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, cité où il vient s’approvisionner en marchandises. Mais voilà qu’Amir se découvre amoureux et propose à Nabou de la ramener à Fès. Celle-ci accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L’un blanc, l’autre noir. Le second doit affronter dès lors le racisme et la jalousie au quotidien».

Petit à petit, ce mariage de plaisir se transforme avec l'apparition des sentiments du protagoniste pour Nabou. Il faut détailler qu'Amir est un riche bourgeois blanc et père de quatre enfants, tous blancs. Sa vie bascule, lorsqu'il décide d'emmener Nabou chez lui à Fès. Noire dans une famille blanche, la seconde épouse est confrontée au racisme latent des Arabes blancs de peau.

Les deux destins différents des jumeaux sont racontés par le petit-fils d’Amir. «C’est une saga familiale…Moi-même, j’ai des cousins noirs», dit Ben Jelloun. «Je suis très heureux d’être là, dans la vieille médina, là où je suis né, pour écouter mon acteur et des musiciens faire un spectacle à partir de mon dernier roman «le mariage du plaisir». «J’ai accepté l’invitation du festival qui célèbre la thématique de l’eau très précieuse et très présente dans mes livres notamment «la Fiancée de l’eau» et «Harrouda», a-t-il déclaré à L’Economiste.

 

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