Régions

Fès veut redynamiser ses jumelages

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
Franc succès pour la 5e rencontre des villes partenaires
Diplomatie parallèle, déplacement urbain, gouvernance locale... au menu

Fès compte redynamiser une vingtaine de jumelages et d’accords de partenariat avec des villes des quatre coins du monde (Barcelone, Florence, Saint-Louis, Cordoba, Lahore, Marseille, Montpellier, Aix-les-Bains, Saint-Etienne,…). C’est ce qui est ressorti de la 5e rencontre des villes jumelées et partenaires de la capitale spirituelle, tenue du 10 au 12 mai dernier, en présence d’une vingtaine de délégations africaines et européennes.

Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville, parle d’un «franc succès». Même son de cloche auprès de son adjoint  Btissam Dahmani Idrissi, la chargée des Affaires étrangères. «Notre coopération avec ces villes vise, en gros, l’amélioration de la gestion communale, l’encouragement des échanges et investissements,  la protection de l’environnement, la promotion de la ville et l’animation culturelle, outre la diplomatie parallèle», indique-t-elle.

«Nous encourageons des partenariats fonctionnels et non seulement de pure forme. Ils sont axés sur des actions concrètes», poursuit-elle. Ainsi, le Conseil communal est doté d’une division des relations étrangères et de la coopération. Il a nommé aussi, et ce, depuis 2003, un vice-président chargé uniquement des Affaires étrangères.

Aussi, Fès est la première ville au Maroc à avoir dédié un établissement pour ses hôtes étrangers. Logée dans une vieille bâtisse de l’ancienne médina et située à proximité du palais Jamaï, la Maison des relations internationales (MRI) de Fès accueille de nombreuses manifestations culturelles.

Par ailleurs, en ce qui concerne le volet de la coopération décentralisée, depuis que le jumelage a été réactivé (en 2003) entre Fès et Montpellier, cette dernière s’est engagée activement dans la réalisation d’un Plan de déplacement urbain pour Fès.
Pour Francois-Xavier Tilliette, consul général de France à Fès, «il y a tant de points communs et des liens existant entre Fès et Montpellier. Toutes deux villes de soleil, d’histoire, de culture et d’échanges, elles rayonnent et se répondent de part et d’autre de la Méditerranée.

Toutes deux villes plus que millénaires, elles se sont rapidement tournées vers l’excellence du savoir, Fès ayant créé avec la Qaraouiyyine la plus vieille université du monde et la faculté de médecine de Montpellier étant pour sa part la plus ancienne faculté de médecine en activité du monde».

Cette vocation se poursuit jusqu’à aujourd’hui puisque Fès et Montpellier sont parmi les plus grandes villes universitaires de leurs pays respectifs. C’est d’autant moins un hasard que cette situation repose sur une conception ouverte et tolérante de l’enseignement, ayant bien compris, pour reprendre la formule du plus célèbre étudiant en médecine de Montpellier, François Rabelais, les dangers d’une «science sans conscience».

Des savants du monde entier

«ON sait que la Qaraouiyyine accueillait les savants de toute l’Europe et du monde méditerranéen, quelle que soit leur tradition musulmane, juive ou chrétienne. De même qu’au Moyen Age, les écoles de médecine et de droit de Montpellier étaient des centres d’érudition ouverts aux pensées juives et arabes», rappelle le diplomate. Et de conclure: «Je me réjouis d’autant de cette rencontre que je crois profondément à l’importance de la coopération décentralisée, en ce qu’elle constitue un complément irremplaçable de la coopération institutionnelle, parce qu’elle se déroule au niveau qui compte, au niveau du terrain, des personnes, des entreprises».

De notre correspondant,
Y.S.A.

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