Competences & rh

Enseignement français La recette OSUI séduit toujours

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5024 Le 16/05/2017 | Partager
10.000 élèves à la prochaine rentrée scolaire
Priorité à la formation
Méthode généralisée pour la qualification des enseignants

A la prochaine rentrée scolaire, l’Office scolaire et universitaire international (OSUI), gestionnaire du réseau de la Mission laïque française, sera représenté par plusieurs établissements dans 9 villes à travers le Maroc. Il s’agit de Tanger, Rabat, Casablanca, El Jadida, Marrakech, Agadir et Essaouira.

A cela s’ajoutent Dakhla et Laâyoune, qui ont bénéficié d’un partenariat avec l’Etat marocain qui a permis l’ouverture de deux écoles françaises dans ces deux villes anciennement occupées par l’Espagne. Le partenariat a été étendu à l’Université internationale de Rabat pour les classes préparatoires aux grandes écoles, avec des professeurs détachés de France. En tout cas, l’engouement des parents pour ce système d’enseignement français n’est plus à démontrer.

La progression régulière du nombre d’élèves dans les établissements de l’OSUI en est la preuve parfaite. Démarré par 196 élèves en 1996, les effectifs atteindront 10.000 en septembre prochain. Attention, les Français ne sont plus les seuls sur le marché. La concurrence sur l’offre scolaire est rude avec de nouveaux arrivants.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de faire preuve d’imagination pour anticiper sur les attentes des parents en matière de qualité pédagogique. Pour ces établissements, la priorité est donnée aux trois grandes compétences de l’élève: communiquer, former à la citoyenneté, construire son autonomie. A cela s’ajoute la préparation à la mobilité internationale et au projet personnel post-baccalauréat où que ce soit, au Maroc, dans l’Union européenne ou dans le monde anglo-saxon.

Dans cette quête de l’excellence, le projet du passage au numérique est à l’œuvre. L’ordinateur fait partie du travail pédagogique quotidien, chaque salle de classe est équipée de tableau interactif ou de rétroprojecteurs permettant l’usage de tout document numérique dans le dialogue et dans les apprentissages de l’élève. «Nous sommes à l’heure par rapport aux objectifs fixés. Le sujet est l’usage pour que tous les professeurs puissent l’utiliser et pour que ce ne soit pas seulement un équipement mais un outil d’enrichissement de la pédagogie», précise le DG de l’OSUI.

Dans ce même élan, une place de choix a été accordée à la formation des enseignants. «Nous avons la préoccupation de la réputation de notre offre scolaire pour qu’elle soit aussi proche que possible de la façon dont la France aborde la question de la formation des maîtres», souligne-t-il. Ainsi, en partenariat avec l’Université de Lyon, particulièrement l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation, il a mis en place «un cadre de travail de longue durée pour la formation du personnel de recrutement local». L’année dernière, l’OSUI avait tenté une première expérience, sous forme d’université d’été.

Cette formule lui a permis de définir les besoins réels et la façon de travailler avec les stagiaires enseignants. Cette formation du personnel existe en Amérique du Nord, en Egypte, dans les pays du Golfe et en cours de lancement au Liban. Il s’agit d’une méthode générale de qualification maximale des professeurs de recrutement local.

Le standard d’embauche est la licence (bac+3) pour une vingtaine d’enseignants pour l’année prochaine. «Nous les mettons dans une double formation, à la fois professionnelle pour les préparer à l’entrée dans leur métier, la classe, et en même temps, une formation universitaire qualifiante.

Ils seront diplômés de l’Université de Lyon au bout d’une année de travail, en présence et à distance», note Catherine Gervais, inspectrice chargée de mission auprès du directeur de l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation de l’Académie de Lyon, en France. «Ce sont les formateurs de cette académie et de l’Université de Lyon qui viendront à Rabat sur des temps de regroupement d’une semaine environ, à plusieurs moments de l’année, avant qu’ils n’entrent dans une classe, pendant les vacances d’été et puis une fois qu’ils ont pris la classe», précise Catherine Gervais.

Nouveau défi

L’OSUI a l’ambition de s’inscrire dans la stratégie de développement de l’éducation au Maroc et de s’engager dans une autre forme de coopération éducative. Ainsi, il ouvre, en partenariat avec l’Université internationale de Rabat, un groupe de travail pour développer des projets scolaires, appuyés sur des collectivités territoriales qui le souhaiteraient. «Nous allons voir comment organiser ces unités scolaires, quels projets pédagogiques y faire vivre et quel modèle économique permettra à ces collectivités qui souhaitent disposer de ces unités scolaires de grande qualité, de pouvoir le faire avec notre appui. C’est une nouvelle frontière», souligne le DG de l’OSUI. Il avait suivi la naissance de la loi éducation-formation en 2000 qui prévoyait 20% de l’offre scolaire marocaine assumée par le privé.
Aujourd’hui, à peine la moitié est réalisée. «Il y a donc un grand espace. Il ne suffit pas d’être à Rabat et à Casablanca et de développer un enseignement international qui s’adresse à une partie de la population. Il faut être utile dans les villes de l’intérieur et aux Marocains qui souhaiteront, accompagnés par leurs villes ou la région, disposer d’un enseignement de bonne qualité», martèle l’ancien conseiller culturel de l’ambassade de France à Rabat. «Si nous arrivons à développer des unités scolaires, comme l’école, le collège et le lycée, sur le programme marocain, enrichi de contenus et avec un mode de gouvernance adapté, je pense que nous aurons apporté notre pierre à l’édifice éducatif du Maroc. La réflexion est ouverte», projette-t-il.

 

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