Analyse

Equipementiers automobiles: Quelles alternatives au Détroit?

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5024 Le 16/05/2017 | Partager
Réduire les coûts logistiques qui peuvent atteindre les 20%
La nouvelle ligne directe Tanger-Vigo a réduit de 30% le coût de transport
Des négociations pour une liaison avec Barcelone

En matière logistique, le Maroc revient de loin. Il y a une dizaine d’années, avant l’entrée en lice du port TangerMed, les prix de la traversée du Détroit de Gibraltar atteignaient des niveaux indécents avec une moyenne de 600 euros, soit près de 7.000 DH par remorque, se rappelle Khalid El Azzouzi, responsable de la commission logistique à l’Amica.

Depuis, les choses ont bien évolué et les prix ont baissé pour atteindre les 300 à 350 euros. Mais cela reste trop cher, bien plus cher que le prix de la traversée du Canal de la Manche insiste ce dernier. «Pour les équipementiers, la logistique reste aujourd’hui un frein à la compétitivité du Maroc, mais elle n’est pas infranchissable et reste gérable», insiste El Azzouzi.

Pour preuve, la multitude d’entreprises et de PME spécialisées dans le câblage et les coiffes pour sièges qui se sont multipliées lors des dernières années. C’est que malgré les coûts logistiques, les marges restent acceptables, martèle El Azzouzi. Les coûts logistiques évoluent dans une fourchette de 5 à 20% en fonction du type de produit et de son volume. Mais ceux du secteur du câblage qui est le premier secteur employeur du Maroc représentent entre 3 et 6% (entre import et export), ce qui est gérable.

Peut-on faire mieux? Oui mais il faut trouver d’autres lignes. «Au lieu d’acheminer le camion vers Algésiras pour prendre la route vers Vigo (l’un des centres névralgiques de l’industrie automobile en Espagne) pourquoi ne pas avoir une ligne directe vers cette ville? «Nous avons travaillé avec TangerMed, l’Amica, les ministères du commerce et du transport et des compagnies maritimes pour mettre en place des lignes directes», précise El Azzouzi.

Un premier travail a été fait sur des lignes qui existent déjà. C’est le cas de la société Neptune qui a trois départs par mois depuis Tanger vers Vigo. Cette dernière transporte les véhicules construits à Tanger vers l’Europe et il reste de l’espace utilisable. 

Sinon, une autre piste est de travailler avec d’autres compagnies comme Suardiaz pour mettre à la disposition des équipementiers marocains et de Renault des bateaux deux fois par semaine connectant Tanger et Vigo en aller et retour. «Cette ligne a été demandée par PSA pour connecter les deux usines du groupe à Vigo avec la future unité de PSA à Kénitra.

En attendant qu’elle atteigne sa pleine capacité avec le démarrage du futur site, elle sera mise à la disposition des autres usagers travaillant avec Vigo», annonce-t-on à l’Amica. Et ces derniers sont nombreux à être intéressés par cette ligne qui a démarré ses premières rotations le 5 avril dernier. La mise en place de cette route a abouti à la réduction de 30% du coût de transport de façon générale, ce qui est énorme.

Une autre ligne est en cours de montage entre Tanger et Barcelone. Elle devra desservir les clients installés à Barcelone comme Nissan et Seat ainsi qu’Opel à Saragosse. Les négociations sont en cours, selon El Azzouzi.

Aussi cher que la traversée de la Manche

Le Maroc est séparé de l’Europe par un bras de mer de 15 kilomètres et le coût logistique pour le traverser est à peu près le même qu’au niveau de la Manche entre la France et l’Angleterre, ce qui n’a pas de sens. Il est vrai que les fréquences et la capacité sur la Manche sont plus importantes, mais cela n’empêche que les prix restent élevés, épaulés par un manque de dynamisme des compagnies maritimes.

 

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