Economie

Infrastructures en Afrique: L’ingénierie, une bataille décisive

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5022 Le 12/05/2017 | Partager
Le 2e Engineering Symposium for Africa rassemble 300 acteurs africains à Marrakech
Au cœur des débats, les défis du continent et sa nécessaire transformation

Un des défis de l’Afrique est de combler le déficit d’infrastructures. Un chantier impératif lorsqu’on sait que les taux d’accès d’eau et d’électricité en Afrique subsaharienne sont encore très faibles et que des millions d’habitants en sont privés. Mais c’est aussi un impératif économique pour une Afrique dans un monde globalisé.

Ce chantier est au cœur des débats de la 2e édition d’ESA (Engineering Symposium for Africa) qui poursuit ses travaux à Marrakech. Organisé par Jacobs Engineering S.A (Jesa), ce symposium qui rassemble 300 acteurs africains et des représentants de 47 pays du monde est dédié à la croissance en Afrique et surtout au rôle de la filière ingénierie dans le continent africain, fer de lance du développement économique durable.

Lancé en 2015, l’ESA est devenu l’un des principaux rendez-vous biennal d’ingénierie de haut niveau et regroupe les leaders les plus influents des secteurs public et privé en Afrique. A travers des panels interactifs, le programme aborde des questions d’envergure auxquelles le développement de l’Afrique est confronté et comprend un panel innovant où les voix de dix jeunes professionnels africains auront l’occasion de partager avec nous leur vision du développement du continent africain dans le cadre du programme visionnaire leaders.

On discutera aussi dans ce symposium des villes de demain, intelligentes et durables, de la transformation des ressources naturelles… Avec un milliard cent millions d’habitants en 2014, soit 15,7% de la population mondiale, une très forte croissance démographique, ou encore une urbanisation très rapide, l’Afrique est un continent en pleine croissance où le déficit d’infrastructures constitue un frein au développement.

On estime que 93 milliards de dollars d’investissements par an seraient nécessaires pour combler ce déficit d’infrastructures, avec la ventilation sectorielle suivante: 44% pour l’énergie, 23% pour l’eau et l’assainissement, 20% pour le transport, 10% pour les TIC et 3% pour l’irrigation. L’ingénierie constitue un vecteur de performance pour accompagner la forte croissance de l’Afrique, combler les déficits du continent, mais surtout libérer la force de travail, estiment les managers de Jesa.

Car, si la joint-venture a des ambitions en Afrique, elle prévoit également un transfert de savoir-faire. La présence et la coopération en Afrique passera par une implication des ressources humaines de chaque pays où Jesa mènera ses chantiers. Elle apportera le savoir-faire, la méthodologie, les processus mais tout cela moyennant un programme d’accompagnement et de formation qui met en avant l’élément humain. C’est d’ailleurs le modèle sur lequel a été créée Jesa, indique Abdelaziz El Mellah, DG de l’entreprise.

Déficits

• Plus de 640 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité. A cela s’ajoutent des pénuries qui coûteraient chaque année à l’Afrique environ 2% du PIB.
Au Nigeria, par exemple, la population paie l’électricité 60 à 80 fois plus cher qu’un habitant de New York ou Londres.
Plus d’un africain sur 4 est sous-alimenté.
La part de l’Afrique dans la production mondiale des produits finis n’arrive pas à franchir la barre de 1,9%. 62% de ses importations sont des produits manufacturés finis.

 

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