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Culture

Forum de Fès: «Promouvoir le vivre ensemble à travers l’eau»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5022 Le 12/05/2017 | Partager
Driss Khrouz promet une confrontation d’idées d’ici et d’ailleurs
Forte présence des universitaires et chercheurs marocains
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Pour Driss Khrouz, directeur du forum, «la sacralité de l’eau rend bien ce que nous voulons que le Maroc soit: un pays tolérant, ouvert et fort» (Ph. YSA)

- L’Economiste: Quelles sont les priorités du forum dans sa version 2017?
- Driss Khrouz:
Le montage du «Forum de Fès: Une âme pour la mondialisation» obéit à quatre caractéristiques essentielles. D’abord, il s’agit de faire de cet événement une rencontre de réflexion ludique, un moment de vacances, de culture et de spiritualité afin de permettre aux festivaliers de retrouver l’essence des mots et des choses dans cette médina fantastique. Secundo, nous voulons articuler les tables rondes, dans l’esprit et les résonances, avec l’ensemble du programme du festival. Notre troisième exigence est d’articuler les débats entre ce qui est marocain et ce qui est régional d’essence en considérant que le Maroc s’inscrit dans l’univers à travers sa personnalité et ses échanges avec son environnement. Enfin, le forum de cette année constituera un dialogue entre les théoriciens, praticiens et opérateurs marocains et étrangers. Le rendez-vous leur est donné du 13 au 15 mai.
 
- Cette édition est imprégnée de la thématique du festival «l’eau et le sacré »…
- Tout à fait. Notre objectif est de montrer dans quelle mesure le sacré par rapport à la question de l’eau part de la religion et s’intègre dans la vie. Autrement dit, l’eau est sacrée parce qu’elle est rare, surtout dans des pays semi-arides, comme le Maroc, des villes aussi. Et Fès qui a toute sa civilisation attachée à l’eau «interrogera», durant ce forum cette relation entre l’eau et le sacré. Le forum montrera aussi que la question de l’eau est au centre de la paix et de la guerre. Comment en faire, dans cette mondialisation, un centre de la paix et non de la guerre, en Méditerranée et au Moyen-Orient. Ceci, en évoquant la source et le pâturage entre les différentes tribus. L’autre dimension de ce forum est de penser les peuples à travers la spiritualité, les mythologies et les religions. A noter que toutes les croyances ont chanté la sacralité de l’eau parce qu’elle est au centre de la vie. Nous voulons également montrer, à travers l’eau, que le Maroc a ses langues, ses cultures et son patrimoine, et qu’il est aussi ouvert sur le monde. Et c’est cette ouverture qui est visée. Signalons que le thème de la sacralité de l’eau rend bien ce que nous voulons que le Maroc soit: un pays fort de sa personnalité, de ses cultures, de sa religion, mais qui est ouvert et tolérant et promeut le vivre ensemble.

 - Depuis sa création, ce forum n’arrive toujours pas à captiver les jeunes?
- Ce ne serait pas le cas pour cette année. Car nous tablons sur une forte présence des universitaires marocains, intervenants, auditoires et invités. Nous avons ouvert la participation aux chercheurs et doctorants de la région de Fès-Meknès.
A ce titre, les présidents des 5 universités de la région vont chapeauter les séances. Y participent d’autres grandes personnalités, notamment le philosophe Edgar Morin, Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, Abdeladim Lhafi, Haut-commissaire aux eaux et forêts, Assia Alaoui Bensaleh, ambassadrice itinérante du Royaume, Ahmed Abbadi, président de la Rabita des oulémas, Pierre-Louis Mayaux, chercheur en politique de l’eau et de l’environnement Cirad/Ecole de gouvernance et d’économie (EGE)… Tous devront interroger le sacré et la spiritualité qui habitent l’eau et la vie, montrant que Fès est un creuset millénaire des civilisations, langues et cultures.
Nous nous intéresserons également au Sebou qui est paradoxal à travers sa beauté et sa pollution. Sa dépollution aussi. Les actes de notre forum seront publiés.
Notre objectif est de créer une culture de débat et une confrontation d’idées sur des thèmes complexes comme l’eau et le sacré.

Un défi majeur

Pour Driss Khrouz, l’un des défis majeurs que le monde affronte et devra affronter de plus en plus est le réchauffement climatique. Les implications sur la vie humaine, animale et végétale sont lourdes. Toutes les questions relevant de l’eau sont liées au climat et à ses dérèglements; que ce soit les pluies, les neiges, les glaciers, les océans, les fleuves et rivières, les inondations, les nappes phréatiques, l’irrigation ou l’eau potable pour approvisionner les agglomérations humaines, petites et grandes. Avec l’aggravation des inégalités sociales entre nations et à l’intérieur des pays, les enjeux climatiques sont les variables les plus déterminantes des équilibres écologiques, économiques et sociaux de la terre. Dans cette équation globale, la gestion de l’eau est probablement le levier le plus puissant, le plus sensible et le plus fragile pour comprendre et agir sur la vie et les conditions matérielles, spirituelles, économiques et sociales de son épanouissement et de sa pérennité. Ce sont là les thématiques du forum de Fès.

Propos recueillis Par
Younes SAAD ALAMI

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