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Société

Migrants: Benatik mise sur les ONG

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5021 Le 11/05/2017 | Partager
Elles sont incontournables dans l’intégration scolaire, professionnelle,…
La première phase de ce chantier initiée par Birrou
43 millions de DH de subventions pour la période 2014-2016
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Pour Abdelkrim Benatik, il est difficile de «déclencher une politique complémentaire si la société civile n’est pas un relais actif et opérationnel pour faire le travail de proximité au quotidien avec ceux ayant choisi de vivre au Maroc» (Ph. Jarfi)

D’emblée, Abdelkrim Benatik affiche la couleur: «La société civile est un partenaire clé dans la mise en œuvre de la stratégie nationale d’immigration et d’asile». L’affirmation, faite devant une assistance composée d’une centaine d’associations invitées pour un forum tenu hier, à Rabat, renseigne sur l’importance que leur accorde le nouveau ministre des MRE et des Affaires de la migration.

C’est aussi la première activité que ce département organise, avec pour thématique «l’amélioration du partenariat avec la société civile et le renforcement des opportunités d’intégration des immigrés et des réfugiés». Concrètement, cette coopération avec le tissu associatif ne date pas d’hier. La première phase a déjà été mise en œuvre par le ministre sortant Anis Birrou.

Abdelkrim Benatik reprend le relais pour inscrire sons action dans une deuxième phase qui vise à approfondir cette relation de partenariat. L’idée est de dire aux «associations qu’elles sont incontournables, un élément clé de la réussite de la stratégie du ministère en matière d’immigration et d’asile», rappelle-t-il. Elles doivent porter «la politique d’intégration scolaire, professionnelle et juridique.

C’est un package pour lequel seule la société civile est en mesure de faire preuve d’efficacité sur le terrain», a ajouté le ministre, pour qui l’immigration sera toujours un dossier d’actualité. Un argument supplémentaire pour le mettre sur les rails. L’objectif à terme est d’éviter les problèmes rencontrés par certains pays qui n’ont pas réussi leur politique d’intégration des étrangers.

Pour le ministre, il est difficile de «déclencher une politique complémentaire si la société civile n’est pas un relais actif et opérationnel pour faire le travail de proximité au quotidien avec ceux ayant choisi de vivre au Maroc». Cette concertation ne se limitera pas à cette rencontre «à la fois amicale et sérieuse». D’autres niches seront explorées. En tout cas, le ministère a recensé 150 associations qui accompagnent ce chantier.

Toutes ne sont pas présentes dans ce forum, mais ce département se dit prêt à s’engager avec elles si elles le souhaitent. Pour l’heure, la coopération avec la société civile aura coûté au ministère 43 millions de DH pendant les trois dernières années (2014-2016). Elle a porté sur 237 projets, qui ont concerné 130 associations. De nouveaux appels à projets en direction des associations opérant dans le secteur seront bientôt lancés sur le site du ministère.

                                                                              

Les priorités des 100 premiers jours

- L’Economiste: Qu’attendez-vous de la société civile?
- Abdelkrim Benatik:
La société civile est indispensable pour mettre en place une politique et concrétiser la stratégie nationale de l’immigration et de l’asile. Sans elle, cette stratégie ministérielle sera insuffisante. Les associations sont le lien indispensable entre les difficultés qu’affrontent les migrants une fois installés au Maroc et le département ministériel. Nous avons plusieurs actions mais pour les mettre en œuvre, nous avons besoin de la société civile. Ces actions touchent à la fois le quotidien et les besoins comme l’intégration scolaire, la formation professionnelle, la couverture médicale ou l’encadrement juridique. C’est un travail qui doit être concrétisé par les associations qui sont le relais permanent de notre politique sur le terrain.

- Votre département accorde des subventions aux associations. Y a-t-il une évaluation?
- Elle se fait par des structures spécialisées à la fois dans l’expertise  mais aussi dans l’exécution des projets sur le terrain. Quand cela dépasse 500.000 DH, l’évaluation devient certifiée par un organisme spécialisé et reconnu. L’évaluation vise la recherche de la transparence mais aussi l’accompagnement qui permettra aux associations de comprendre et de régler les dysfonctionnements constatés.  En fait, ceux qui sont dans l’humanitaire et sont sur le terrain, le font par choix et par volontariat. Nous sommes là pour les aider à rechercher la performance. Sous cet aspect, l’évaluation est un atout et un mécanisme d’accompagnement pour atteindre la performance.

- Vous semblez les inciter à aller vers la professionnalisation de leurs actions. Qu’en est-il?
- Nous voulons que notre société civile profite de l’expérience d’autres pays ayant un héritage dans la gestion des problèmes qu’affrontent les migrants. Nous allons être un relais pour chercher de l’expertise internationale en vue de la mettre à la disposition des associations marocaines.

- Quelles sont les mesures phares que vous comptez inclure dans le plan d’actions des 100 premiers jours du gouvernement?
- Nous allons présenter le projet de loi sur l’asile, produit collectif et de concertation avec le Haut-commissariat aux réfugiés. Un autre texte qui organise le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger. D’autres actions importantes mais qui peuvent être perçues de l’extérieur comme secondaire. C’est le cas du soutien scolaire pour les enfants des migrants, l’accès au logement,… Des actions qui ne représentent pas un engagement financier lourd mais très utile pour les personnes qui ont décidé de s’installer chez nous.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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