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Entreprises

Nouvelle ouverture pour les FinTech

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5021 Le 11/05/2017 | Partager
La mise à niveau de la loi décloisonne le secteur
Tous les opérateurs peuvent aujourd’hui investir ce créneau juteux
Innovation et finTech indissociables selon le dernier rapport 2017 de PwC

Les grandes entreprises, financières en tout cas, semblent avoir compris que se joindre aux finTech est indispensable sous peine de se faire distancer. De redoutables collaborations, joignant force de frappe de grands groupes et capacité d’innovation de nouveaux acteurs, peuvent alors déboucher sur de belles choses pour le consommateur final. C’est autour de ce thème que Casablanca Finance City Authority a organisé sa conférence le 9 mai dernier.

La rencontre a été l’occasion d’échanger sur les évolutions à prévoir et les mesures à mettre  en place pour tirer profit de la révolution finTech au Maroc et en Afrique. Mais avant d’amorcer cette révolution, et ce dans n’importe quel secteur, il faut tout d’abord mettre à niveau le cadre législatif. L’introduction en juin 2016 du concept d’établissement de paiement, souvent injustement réduit aux banques participatives, par la loi 103-12 a changé la donne au Maroc.

«Le texte de loi a mis fin au monopole des banques sur les services et moyens de paiement et a ouvert un boulevard pour les finTech dans le Royaume», explique Asmaa Bennani, directrice en charge de la surveillance des systèmes et moyens de paiement et de l’inclusion financière chez Bank Al-Maghrib.

Son département, fraîchement créé en 2016, assure la conduite de stratégies nationales relatives aux systèmes et moyens de paiement ainsi qu’à l’inclusion financière. Il est également en charge de la surveillance des systèmes et moyens de paiement ainsi que de l’agrément et la surveillance des établissements de paiement.

«La loi 103-12 a ouvert un boulevard pour les finTech au Maroc»

Pendant l’événement, régulateurs, opérateurs bancaires et experts nationaux et internationaux ont partagé leurs visions, retours d’expérience et success stories en matière de finTech. Parmi les intervenants,  Tom Theobald, Deputy CEO du Luxembourg For Finance,  Hicham Elalamy, directeur de l’Autorité marocaine des marchés des capitaux, Samira Khamlichi, directrice générale de Wafacash, Pierre Antoine Balu, associé chez PwC, ainsi que Jean Jacques Le Bon, co-fondateur de B-Part Consulting.

Une grande majorité de banques, d’assureurs et de gestionnaires d’actifs dans le monde prévoient de collaborer davantage avec les FinTech au cours des 3 à 5 prochaines années. Ils attendent par ailleurs un retour sur investissement de 20% selon le rapport Redrawing the lines: FinTech’s growing influence on Financial Services publié par PwC, cabinet spécialisé dans le conseil en stratégie dans le secteur des services financiers, fin mars dernier.

Présenté par Pierre-Antoine Balu, associé chez PwC, le rapport s’avère être une mine d’or sur l’écosystème des finTech. Ce dernier a acquis durant sa carrière de solides connaissances sur les marchés émergents, en accompagnant des entreprises en Inde, dans le sud-est asiatique et au Maghreb. Il est actuellement en charge du développement des activités de conseil du cabinet en Afrique subsaharienne.

Cette étude mondiale, basée sur une enquête auprès de plus de 1.300 répondants, indique clairement que l’industrie financière est à présent prête à s’emparer de l’innovation technologique dans son secteur. La stimulation de ces partenariats annoncés avec des start-up innovantes provient principalement d’une crainte grandissante du secteur de voir ses revenus  absorbés par les FinTech. En effet, 88% des sondés perçoivent une menace réelle sur leur activité, un chiffre en augmentation puisqu’ils étaient 83% en 2016. Ils estiment ainsi que plus d’un quart de leurs revenus sont à présent menacés.

Logiquement, une convergence d’intérêts émerge peu à peu, d’une part provenant des start-up désireuses de voir les acteurs historiques du secteur financier entrer dans leur capital, mais aussi de pouvoir accéder à leurs clients. Et, d’autre part, de la capacité des grandes entreprises financières à comprendre tout l’intérêt à collaborer avec des finTech afin de surmonter leurs écueils technologiques, améliorer leur agilité et in fine leurs relations clients.

Grâce aux finTech, les banques, assurances et sociétés de gestion internationales pourront aussi externaliser certains pans de leur R&D et ainsi proposer plus rapidement de nouveaux produits et services répondant aux demandes des clients.

La Blockchain, au-delà de l’effet de mode

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Longtemps, le secteur financier a considéré avec défiance la technologie Blockchain, pour son caractère trop révolutionnaire, voire sulfureux. Il entrevoit aujourd’hui les réelles opportunités de cette technologie. Selon l’étude de PwC, cette technologie devient à présent une réalité tangible pour les acteurs du secteur financier, ses applications devraient rapidement se généraliser puisque plus de 77% des établissements financiers internationaux prévoient d’adopter la Blockchain dans leurs systèmes de production d’ici trois ans. Le financement des start-up de la Blockchain a atteint 450 millions de dollars dans le monde en 2016 (+79% par rapport à l’année dernière) et près d’un quart (24%) des établissements financiers internationaux déclarent aujourd’hui extrêmement bien ou très bien connaître cette technologie.

 

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