Politique

1er Mai: Retour à la normale

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5014 Le 02/05/2017 | Partager
Du monde à l’UMT, l’UGTM avait déclaré forfait
Le nouveau ministre de l’Emploi tente la conviction
1er_mai_014.jpg

Bien que le gouvernement ait pu faire passer la réforme de la Caisse marocaine des retraites, il n'existe pas encore de consensus autour de la refonte du Code du travail ni du projet de loi sur le droit de grève (Ph. Bziouat)

La fête du travail s’est déroulée sur fond de reprise du dialogue social. La veille, le nouveau  ministre de l’Emploi a adressé un message à la classe ouvrière dans lequel «il s’est engagé  à poursuivre les concertations et le dialogue avec tous les partenaires sociaux».

C’est donc un retour à la normale après quelques années de rupture de la consultation. Pour Mohamed Yatim, le dialogue social «était et demeure un pilier essentiel de l’amélioration des relations professionnelles». A ses yeux, il constitue un outil pour revitaliser la vie économique et favoriser l’investissement.

Ambiance terne pour ce 1er Mai à Rabat. Les centrales syndicales semblent avoir de plus en plus de difficultés à mobiliser les travailleurs. A l’instar des années précédentes, les slogans restent les mêmes: appels à la consécration de la justice sociale, à la protection des droits des travailleurs, à la hausse des salaires… Si l’UGTM a choisi de boycotter la célébration de la journée internationale du travail, l’UMT, la CDT et l’ODT ont été les plus virulentes dans leurs attaques contre le gouvernement El Othmani.

Ils ont mis en garde la nouvelle équipe, qui s’inscrit selon eux, dans la continuité du gouvernement sortant, contre la poursuite des atteintes aux droits des travailleurs. Une position défendue par Mohamed Chrourou, chef du groupe parlementaire du PAM, lors de son intervention devant les membres de l’ODT. Les centrales ont pointé l’impact négatif des politiques publiques de l’équipe de Benkirane sur le climat social.

Aujourd’hui, Saâdeddine El Othmani semble opter pour l’apaisement. Il a annoncé sa volonté de reprendre les réunions du dialogue social, dans un cadre institutionnalisé, avec au moins deux rounds annuels. En face, les syndicats l’attendent de pied ferme. Le dossier revendicatif concerne plusieurs points en suspens, dont la mise en œuvre des dispositions de l’accord du 26 avril 2011.

Interpellé sur ce sujet, El Othmani a évité de s’engager, annonçant qu’il va «examiner cette question». Les organisations syndicales ayant défilé sur le boulevard Mohammed V à Rabat, ont également appelé à la relance de la réforme du système des retraites. Les différents syndicats ont appelé à suspendre la réforme lancée par Benkirane et initier un nouveau processus visant une refonte globale.

Intervenant lors d’une émission spéciale samedi dernier, le chef du gouvernement a précisé que la loi adoptée ne peut pas être annulée. Mais il a promis de convoquer une réunion de la Commission nationale de la réforme des retraites pour ouvrir un débat sur la réforme globale.

A Casablanca, Benkirane avait toujours l’habitude d’assurer le spectacle lors du 1er Mai. Cette année, son absence a été remarquée à l’occasion du meeting organisé par l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), bras syndical du PJD. Pour être parti effectuer la Omra, il n’a pas pu assister à la rencontre pour haranguer les foules. Mais son ombre a plané sur le meeting qui s’est tenu comme à l’accoutumée boulevard Abou Chouaïb Doukkali, à Casablanca.

Les speechs des intervenants ont été précédés comme d’habitude par la lecture du Coran. Outre l’ex-chef du gouvernement, Mohamed Yatim,  ancien SG de l’UNTM n’a pas été de la partie. A présent qu’il est devenu ministre de l’Emploi et de l’Insertion sociale, il aurait bien été curieux de voir quel discours il aurait tenu après être passé de l’autre côté de la barrière. En revanche, Abdelaziz El Omari, wali PJD de Casablanca-Settat, était bien présent, aux côtés de Souleiman Amrani, vice-secrétaire général du PJD.

C’est Abdallah Attach, secrétaire régional du parti islamiste à Casablanca-Settat, qui a ouvert le bal en égrenant le nom de dizaines de sociétés accusées «de porter atteinte aux droits syndicaux des salariés», «d’étouffer dans l’œuf la formation de nouveaux bureaux syndicaux», de «ne pas déclarer leurs employés à la CNSS» , «de licencier sans indemnité les employés» et la liste des griefs est longue.

Elle comprend également «l’insuffisance des moyens des inspecteurs du travail», dont certains sont même accusés de «connivence avec certains patrons au détriment du maillon faible qu’est le salarié».

Les dossiers qui attendent El Othmani

Abdelilah El Hallouti, successeur de Mohamed Yatim, à la tête de l’UNTM, a pris le relais pour rendre hommage à l’ancien chef du gouvernement. Le contenu du discours est différent, mais le ton est le même. «Cette rencontre coïncide avec l’avènement d’un nouveau gouvernement après plusieurs mois de blocage. Elle intervient également après le retour du Maroc à l’UA, que nous saluons très fort. Le SG a rappelé les dossiers sur lesquels le gouvernement El Othmani est attendu: augmentation des allocations familiales, relèvement de la prime d’accouchement, extension de l’AMO aux ascendants, instauration d’une prime pour travail pénible, révision globale du statut de la fonction publique, institution du dialogue sectoriel…

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc