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Economie

La SIE en quête de visibilité

Par Amin RBOUB | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Un positionnement mitigé, absence d’une stratégie claire...
Pas de contrat-programme avec l’Etat
Le ministère de l’Energie n’exerce pas sa tutelle
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Les interventions de la SIE se font sans coordination avec les autres structures impliquées dans les énergies renouvelables notamment Masen, l’ONEE, l’Aderee... relève la Cour des comptes (Ph. L’Economiste)

«Des statuts à caractère général, des missions étendues, un positionnement mitigé...» Ce sont là en substance quelques griefs relevés par les magistrats de la Cour des comptes auprès de la Société d’investissements énergétiques (SIE).  Le contrôle et la gestion de la SIE ont permis de relever de nombreuses insuffisances. A leur tête, la stratégie.

En effet, tel que présenté par la stratégie de l’entreprise publique, «le développement  des filières des énergies renouvelables (solaire et éolien) n’obéit pas à une logique  de développement intégré», relève le dernier rapport de la Cour. Plus encore, «la révision de la stratégie en 2012 n’a pas pu corriger  le positionnement de la SIE dans le paysage institutionnel, ni formaliser les objectifs stratégiques assignés au secteur», précise le document.

La Cour des comptes signale aussi l’absence d’un contrat-programme entre l’Etat et la SIE. Cette absence de contractualisation, contraire à l’esprit de la loi 69.00, empêche la mise en place d’un cadre de référence qui engage l’ensemble des acteurs impliqués sur la base d’un diagnostic, d’une stratégie claire ainsi que d’objectifs et moyens prédéfinis.

Sur un tout autre registre, l’analyse de la démarche de la SIE démontre que l’entreprise n’a pas pu capter les investisseurs nationaux, ni internationaux. «C’est un processus embryonnaire qui manque de clarté et d’instruction». Les magistrats constatent aussi une «coordination mal établie» avec les autres acteurs stratégiques.

En clair, les interventions de la SIE se font sans coordination avec les autres structures impliquées dans l’énergie renouvelable, notamment Masen, l’ONEE ou encore l’Aderee. La Cour signale un faible portefeuille de projets. «Depuis sa création, la SIE n’a pu développer qu’un seul projet (en l’occurrence Sala Noor). Il faut quand même signaler que la SIE s’est engagée entre-temps sur des chantiers majeurs notamment les mosquées vertes ou encore l’écosystème solaire de la ville d’Agadir.

Par ailleurs, l’échec des projets est attribué, principalement, aux «graves faiblesses affectant leur conception». Les portefeuilles de projets n’ont pas fait l’objet d’analyses détaillées au stade de l’instruction». Aussi, «le processus de sélection n’a pas permis de choisir les meilleurs projets sur des bases économiques, techniques et financières saines», tiennent à préciser les magistrats.

Sur le plan de la gouvernance, le ministère de l’Energie n’exerce pas sa tutelle, conformément aux attributions prévues par le décret relatif à la gestion des activités de la SIE. Le conseil d’administration de la SIE ne compte pas d’administrateurs indépendants. Ce qui augmente le risque que les intérêts de l’entreprise ne soient pas considérés de manière adéquate, lors de la prise de décision. Selon la Cour des comptes, le conseil d’administration n’a pas joué pleinement son rôle de suivi, notamment  les orientations de l’activité de l’entreprise ainsi que les méthodes de leur mise en œuvre. Ce qui explique l’absence d’une stratégie unifiée et clairement définie par rapport aux missions et au rôle de la SIE.

 

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