Entreprises

Pharma 5 investit 300 millions de DH

Par Safall FALL | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Une extension de 10.000 m2 de son site casablancais livrée dès 2018
Le projet d’investissement en Côte d’Ivoire est lancé
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Pharma 5 investit 10% de son business dans la recherche galénique. Le laboratoire mise sur les traitements génériques de pathologies lourdes pour faciliter l’accès aux soins sur le marché local (Ph. L’Economiste)

10.000 m2... C’est la superficie supplémentaire de production que le laboratoire marocain Pharma5 est en train de développer. L’industriel a investi 300 millions de DH sur ce projet, avec une entrée en production attendue au premier trimestre 2018. Si l’enseigne mise autant dans le développement de son outil de production, c’est parce qu’elle est sur du sérieux en matière de développement de portefeuille produit et de marchés à l’international.

Sur le marché marocain, par exemple, après l’Hépatite C, sa dernière opération en date est la demande d’autorisation de mise sur le marché déposée pour un traitement destiné à l’Hépatite B, une formulation générique à base de Ténofovir. «Le produit devrait être sur le marché d’ici la fin de l’année», annonce Myriam Lahlou-Filali, directrice générale de Pharma5. Les investissements du laboratoire ne se limitent pas au marché marocain.

La Côte d’Ivoire est aussi concernée. Le groupe y construit actuellement sa première unité industrielle sur le marché subsaharien. L’objectif est évidemment d’approvisionner ce marché, mais aussi de couvrir les autres pays de la région. Sur place, le chantier est déjà lancé sur le foncier apporté par le partenaire local du groupe. Seul bémol: «le coût de la construction est 50% plus cher que si c’était au Maroc.

Nous sommes en train de négocier pour obtenir la suppression des droits de douane sur les équipements d’investissement», explique la DG de Pharma5.  La dirigeante tient quand même à préciser: «Nous n’y ferons pas d’usine au rabais. Elle sera aux mêmes standards que nos unités au Maroc. Nous apporterons en Côte d’Ivoire toute la technologie nécessaire à la fabrication de produits de qualité».

En attendant que tous ces projets de croissance se mettent en place, l’entreprise réalise déjà 25% du chiffre d’affaires à l’export, «avec l’ambition de développer davantage ce chiffre pour dépasser les activités locales», projette la patronne. La logistique sera l’autre problématique à gérer, étant donné qu’elle peut peser sur la compétitivité et l’accessibilité des produits en termes de prix sur ces marchés. Cela, même si Myriam Lahlou-Filali est convaincue que «l’accessibilité des soins, à la fois financier et géographique, est devenue une priorité locale».

L’autre challenge, c’est celui de la réactivité sur la mise sur le marché des produits. Un défi déjà bien réel au niveau local. «Nous notons une prise de conscience forte sur le fait que les délais d’AMM peuvent être un frein à l’accès aux soins, au niveau local, et au développement à l’export», déplore la patronne du laboratoire marocain. A l’exception de quelques dossiers en fast-tracking, les autorités manquent encore de ressources. Ce qui rallonge les délais de plusieurs mois.  Pharma5, en particulier, dispose de plusieurs produits en attente dans le circuit de l’AMM (cancérologie, immunologie, l’hépatite B...).

                                                                                  

Loi 17-04: «Il faut un seuil minimum de 60% de fabrication locale»

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Myriam Lahlou-Filali, DG de Pharma5 (Ph. MLF)

- L’Economiste: Vous investissez dans l’outil industriel et enchaînez les lancements de produits… Le générique semble clairement stratégique pour l’industrie locale...
- Myriam Lahlou-Filali:
Absolument. Mais ce qui se passe aujourd’hui et qui m’inquiète en tant qu’acteur national, c’est que la loi 17-04 ne soit pas appliquée. Pour avoir le statut d’établissement industriel pharmaceutique au Maroc, il faut disposer d’un site de production locale. Aujourd’hui, ce qui se passe, c’est qu’il existe des multinationales qui se sont désengagées du marché, mais qui disposent toujours de ce statut. C’est le cas aussi de nouveaux entrants, de plus en plus nombreux, qui se procurent un espace et une petite ligne de production pour disposer de ce statut. Dans le meilleur des cas, ils fabriquent un produit et importent tout le reste. Je pense qu’il faut que cette loi impose, en plus du fait de disposer d’une unité industrielle, un seuil minimum de 60% pour la fabrication locale. Il faut permettre aux acteurs marocains d’investir davantage dans de nouvelles technologies, qui sont d’ailleurs parfaitement à notre portée. Nous aurions besoin, pour y arriver, de s’entendre entre industriels et de faire des alliances sur ce type d’investissements.

- Vous attendez une protection du marché?
- Nous ne demandons pas une protection, mais un respect de la loi et que les règles soient les mêmes pour tout le monde. Là, par exemple, nous sommes en train de faire une extension de 10.000 m2 pour 300 millions de DH d’investissement. Il s’agit d’assurer un maintien d’une industrie pharmaceutique locale de pointe et son expansion à l’international.

- Qu’en est-il à l’export, justement?
- Il y a une véritable nécessité à accompagner davantage les opérateurs marocains à l’export. Nous sommes aujourd’hui dans le top5 des marques en Afrique de l’Ouest (IMS) sur plus de 650 laboratoires. Le label Maroc est reconnu et respecté. Nous avons tous les atouts pour jouer dans la cour des grands, au moins sur notre propre continent. L’accès aux soins est fondamental dans ces régions.
Propos recueillis par Safall FALL

 

 

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