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Entreprises

Les délais de paiement plombent la TPE

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
L’Etat et les grandes entreprises, les plus mauvais payeurs
La situation s’est détériorée au cours des trois dernières années
Le scoring des entreprises devient incontournable
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L’allongement des délais de paiement constitue le principal facteur de mortalité des TPE (jusqu’à 10 millions de DH de chiffre d’affaires). 40% des défaillances d’entreprise sont causées par l’allongement des délais client. En moyenne, ils sont de 10 mois dans les transactions entre privés et de 12 mois pour les marchés publics. Mais ces moyennes sont souvent décalées du vécu des entreprises qui, lui, est plus grave. L’Etat et les grandes entreprises sont les plus mauvais payeurs.

La situation est telle que la dette fournisseur est la première source de financement des entreprises, hors fonds propres et comptes courants d’associés. Une situation qui grève la rentabilité des entreprises. Au cours des trois dernières années, la situation s’est encore détériorée.

«Le chiffre d’affaires des TPE est en chute libre depuis 2012: (-15% en 2014-15)», explique Amine Diouri, responsable Etudes PME et Observatoire Inforisk des entreprises, lors d’une rencontre organisée, mardi 25 avril, par la Chambre de commerce suisse au Maroc.

L’examen de l’évolution des chiffres d’affaires par secteur montre également que ce sont les TPE opérant dans l’éducation, l’hôtellerie et la restauration qui s’en sortent le mieux. Les autres passent par une conjoncture difficile. Parmi eux figurent le secteur de la pêche (-49%), suivi de la production et de la distribution d’eau & d’électricité (-39%), de l’immobilier (-34%), du BTP (-32%). Les TPE constituent près de 96% du tissu économique. Il n’est donc pas étonnant qu’elles suscitent l’appétit des opérateurs, y compris les banques qui commencent à proposer des offres dédiées.

Le challenge reste d’identifier les TPE solvables pour ne pas traiter avec celles qui sont défaillantes. Il existe des outils qui déterminent de savoir quelles sont les TPE avec lesquelles on peut conclure des transactions, à quel niveau de risque commercial on peut s’exposer et à quelle échéance. L’objectif étant de sécuriser son chiffre d’affaires. L’un des moyens pour circonscrire le risque consiste à faire appel aux bases de données des sociétés spécialisées dans le renseignement commercial faute d’une centrale des bilans opérationnelle.

Le principe consiste à collecter une multitude de données concernant les entreprises telles que le chiffre d’affaires, l’endettement, l’ancienneté, la productivité, la rentabilité… Autant d’indicateurs qui seront ensuite croisés et recoupés pour obtenir un score dans une échelle des risques. Le score permettra ensuite de déterminer le niveau de crédit commercial qu’une entreprise peut accorder à un partenaire commercial. Plusieurs combinaisons sont possibles tels que des informations qualitatives: âge de l’entreprise, la réputation des dirigeants…

«Le scoring n’est qu’un outil parmi d’autres. On peut également s’appuyer sur des événements légaux positifs ou négatifs pour évaluer le risque lié à une entreprise», précise Daniel Torrents, responsable du cabinet espagnol AIS spécialisé dans l’intelligence artificielle.

L’on peut citer parmi les autres sources d’information susceptibles d’aider à la prise de décision, les événements légaux tels que les saisies, les hypothèques, les ventes aux enchères, les fusions-absorptions, le rachat de sociétés… En somme, toutes les sources d’information doivent être utilisées avant de s’engager dans une fausse-bonne transaction, qui risque de venir gonfler la rubrique des impayés dans les bilans.

Ne négligez pas le bouche-à-oreille

Le bouche-à-oreille peut également être d’une grande utilité. En général, les entreprises jouissant d’une bonne ou d’une mauvaise réputation sont connues dans les milieux d’affaires. «Mais le plus gros des structures se trouve dans la zone grise, qui nécessite une recherche approfondie, notamment dans les bases de données», recommande Torrents.
Les systèmes de notation des entreprises permettent d’évaluer le risque d’une structure. Ils aident à sélectionner aussi bien les fournisseurs que les clients. Dans le premier cas, le challenge étant de pouvoir attribuer, par exemple, un marché public à un opérateur capable de mener le chantier jusqu’au bout et ne pas mettre la clé sous le paillasson en cours d’exécution. Dans le second cas, le scoring permet d’écarter les mauvais payeurs pour pouvoir se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

 

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