International

Le FMI prêche la sagesse budgétaire

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5008 Le 21/04/2017 | Partager
Une meilleure gestion pour stimuler la croissance
L’augmentation de la dette publique dans les pays avancés ralentira
Les Etats-Unis pourraient assainir les finances publiques en 2018
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Croissance, chômage, dette, crise, stabilité financière… La DG du FMI Christine Lagarde et le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim ont discuté de ces sujets et bien d’autres lors des réunions de printemps prévues du 17 au 23 avril à Washington. A cette occasion, le gotha économique mondial a mis en garde contre la menace protectionniste, agitée notamment par l’administration Trump (Ph. AFP)

La politique budgétaire peut contribuer à promouvoir une croissance durable et équitable. Dans le même temps, compte tenu des perspectives très incertaines et de la fragilité des finances des Etats, il est «impératif de mieux comprendre et gérer les risques».

C’est ce que recommandent les experts du FMI dans leur étude  «Moniteur des finances publiques» publiée en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale prévues du 17 au 23 avril à Washington. Une réunion des ministres des Finances du G20 doit se poursuivre vendredi dans la matinée.

Dans les pays avancés, un assouplissement de l’orientation budgétaire d’un cinquième de pourcentage de PIB en 2016 a interrompu cinq années d’assainissement progressif des finances publiques. Cette orientation devrait demeurer à peu près neutre en 2017 ainsi que les années suivantes. La dette publique des pays avancés devrait donc se stabiliser à moyen terme. Elle dépassera 100% du PIB en moyenne, au lieu de baisser conformément aux prévisions.

Dans les pays émergents et en développement, la détérioration des finances publiques semble avoir pris fin. Même si les améliorations attendues sont largement conditionnées à l’évolution des marchés de produits. Une hausse plus rapide des taux d’intérêt, une appréciation significative du dollar et une baisse des cours des produits de base pourraient aggraver les vulnérabilités dues à l’endettement.

Les exportateurs de pétrole mettent en œuvre de vastes plans d’assainissement pour que les dépenses correspondent à nouveau aux recettes. Leurs déficits budgétaires devraient diminuer d’environ 150 milliards de dollars entre 2016 et 2018 (l’amélioration de l’an prochain étant essentiellement liée au solde hors pétrole). Dans les pays importateurs de pétrole, le déficit budgétaire rapporté au PIB ne devrait pas varier cette année.

Avec un assainissement progressif à moyenne échéance. Le flou concernant l’ampleur et la composition de la relance budgétaire aux Etats-Unis, plusieurs élections en Europe et le prochain congrès du Parti en Chine sont autant de facteurs d’incertitude. Les Etats-Unis (qui connaissent quasiment le plein emploi) pourraient commencer à assainir les finances publiques dès l’an prochain pour placer clairement la dette sur une trajectoire descendante, recommande le FMI.

La bonne gestion des finances publiques est essentielle. Globalement, trois grands objectifs devraient orienter la conduite de la politique budgétaire (elle devrait être contracyclique, favoriser la croissance et promouvoir l’inclusion). Même si, en raison d’une marge de manœuvre budgétaire limitée et de certains arbitrages éventuels, il peut être compliqué pour un gouvernement de poursuivre ces trois objectifs en même temps.

Pour cela, le FMI vient d’élaborer un nouveau cadre combinant divers indicateurs et outils pour mesurer la «marge de manœuvre budgétaire». Les pays n’ayant pas de marge budgétaire doivent s’en ménager une: «il leur faut collecter plus de recettes et réduire les dépenses pour mettre en œuvre les politiques souhaitées sans incidence sur le budget».

Une délégation marocaine à Washington

«L’Etat de l’Afrique ou encore la situation au Moyen-Orient», figurent au programme des réunions du FMI et de la Banque mondiale. La croissance économique sur le continent africain montre des signes de reprise et devrait y atteindre 2,6% en 2017.
Les institutions internationales ont d’ailleurs publiées au cours de la semaine leurs perspectives économiques qui comprennent celles du Maroc (cf. notre édition du 18 et 19 avril 2017). En principe, de hauts responsables marocains devraient faire le déplacement à Washington. La délégation comprendrait Mohamed Boussaïd et Lahcen Daoudi, respectivement ministres des Finances et des Affaires économiques. Une rencontre à laquelle devrait participer également Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib.

 

 

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