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Dossier Spécial

Formation en milieu du travail: «Il faut revoir tout le système»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
La subvention offerte doit être multipliée par sept, au moins
Si rien ne change, les objectifs 2021 ne seront pas atteints!
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Mohamed Slassi Sennou, président de la commission formation professionnelle de la CGEM: «Les grandes sociétés perçoivent un risque social en ouvrant massivement leurs portes aux apprentis. Il est important de créer un cadre juridique destiné à les sécuriser» (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Peu d’entreprises s’ouvrent à la formation alternée ou par apprentissage. Pour quelles raisons?
 - Mohamed Slassi Sennou:
Les mécanismes en place ont montré leurs limites. La stratégie nationale de la formation professionnelle envisage que 50% des apprenants passent par des formations alternées ou par apprentissage à l’horizon 2021. Cela représente quelque 332.000 jeunes en formation initiale, contre environ 100.000 que nous formons actuellement, bon an mal an. Nous devons donc multiplier la capacité du dispositif par trois en moins de cinq ans. Avec le rythme actuel, nous n’y arriverons pas. Le dispositif doit être revisité, que ce soit sur le plan de la gouvernance ou des incitations.

- Il faut donc des incitations plus fortes?
- En effet, la TPE et la PME n’ont pas les moyens de mobiliser un poste de travail, un maître d’apprentissage, d’offrir une rémunération… Une étude menée il y a près de dix ans par la GIZ sur le financement de la formation par apprentissage a montré qu’il faudrait une subvention d’au moins 20.000 DH nets par apprenant et par an. En Europe, un stagiaire coûte entre 6.000 et 8.000 euros.
 
- Au Maroc, nous en sommes à seulement 3.000 DH par an…
 - Cela ne mobilise pas suffisamment, mis à part des secteurs très dynamiques, comme l’automobile. Il est nécessaire de mettre les fonds qu’il faut. La gouvernance doit, également, être unifiée. Aujourd’hui, nous avons deux mécanismes (formation alternée et par apprentissage) et deux lois. Les territoires, aussi, doivent s’impliquer.
Ce travail est très attendu par nos partenaires européens. Actuellement, nous travaillons avec eux sur la mobilité en matière de formation en milieu du travail, dans le cadre de la Politique de voisinage.

- Pourquoi les grandes entreprises non plus ne jouent-elles pas le jeu?
- Les grandes structures, malheureusement, ne jouent pas leur rôle, sachant qu’elles emploient 45% des effectifs du marché du travail. Ces grandes sociétés perçoivent un risque social en ouvrant massivement leurs portes aux apprentis. Elles craignent que les stagiaires leur réclament une insertion durable. Il est important de créer un cadre juridique destiné à les sécuriser. En revanche, près de 83% des entreprises, les très petites, n’assurent qu’environ 17% de l’emploi formel. Elles n’ont pas la capacité de recevoir des stagiaires. Comme elles emploient un effectif moyen de trois personnes, elles sont de fait exclues de la formation par apprentissage qui requiert un minimum de 10 salariés. Pourquoi ne pas imaginer un mécanisme qui leur soit spécifique?
Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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