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Dossier Spécial

Reconnaissance de l’Etat: Les tout premiers labels

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
Neuf établissements privés et une dizaine en cours d’examen
Les étudiants inscrits cette année auront droit à des diplômes équivalents
Pas de rétroactivité pour les anciennes promotions
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Au total, 9 écoles et universités ont obtenu la reconnaissance de l’Etat, depuis l’ouverture des candidatures en 2015. Les dossiers de l’Université Mohammed VI Polytechnique et de l’Université Euromed de Fès sont en phase finale d’examen. Une dizaine d’autres sont en cours d’évaluation. Le ministère de l’Enseignement supérieur rendra sa décision dans les prochains mois

Qui aurait cru il y a deux ans seulement que des écoles et universités privées pourraient obtenir l’équivalence de leurs diplômes. Cette possibilité était inscrite dans la loi régissant l’enseignement supérieur (01-00) promulguée en 2000, mais elle n’a jamais été activée.

S’il y a une mesure phare à retenir du mandat de Lahcen Daoudi, ce serait bien celle là. Toutefois, Daoudi, dont l’intention au départ était d’offrir le label uniquement aux universités privées, n’a pas facilité les choses aux opérateurs. L’équivalence, au lieu d’être liée à l’accréditation des filières, comme le stipule la loi, a été conditionnée par la reconnaissance de l’Etat. Une reconnaissance dont le cahier des charges est draconien (voir encadré).

L’Université internationale de Rabat (UIR) a été la première à décrocher le label de l’Etat, fin 2015. Durant la dernière semaine de mars dernier, la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur (CNACES) a agréé les dossiers de huit établissements (voir illustration), dont la reconnaissance sera publiée au Bulletin officiel dans quelques mois, après la validation du Conseil de gouvernement. Deux autres sont en phase finale d’examen, à savoir l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Université Euromed de Fès. La Cnaces se prononcera sur une dizaine de dossiers supplémentaires dans les prochains mois.  «L’enveloppe horaire à assurer par des permanents, la part de docteurs, l’organisation, l’encadrement,…

les conditions ne sont pas évidentes à remplir. Mais nous avons depuis longtemps opéré des investissements matériels et immatériels, nous avons engagé nos enseignants sur le champ de la recherche et créé une véritable dynamique. C’est un travail de longue haleine», relève le patron de l’Esca Business School, qui vient de décrocher la reconnaissance. Le jeu en vaut la chandelle. Avec des diplômes équivalents, les lauréats du privé pourront accéder à plus de débouchés. Notamment la possibilité de mener des études doctorales dans les universités publiques, et briguer des postes dans l’administration et les entreprises publiques.

Pour les écoles et universités privées, il s’agit là d’un argument commercial de taille, à même de leur permettre d’améliorer leur attractivité. Pour rappel, les effectifs accueillis par le secteur (près de 38.000 aujourd’hui) sont en régression continue. La part du privé dans l’enseignement supérieur est passée de 7,1% en 2011-2012 à seulement 4,6% en 2015-2016.

 «C’est aussi une reconnaissance pour l’ensemble de notre communauté, étudiants, parents et entreprises», estime Ghorfi. L’Esca, qui se veut un campus urbain de près de 1.000 étudiants (tous programmes confondus), «international dans son ADN», mise sur la reconnaissance qui lui a été accordée pour séduire plus de talents. «Ce label nous permettra d’attirer des profils avec de meilleures capacités. Nous pourrons, également, nous positionner en tant que réelle alternative à des études à l’étranger», poursuit-il.

D’après le ministère de l’Enseignement supérieur, tous les étudiants inscrits dans les établissements ayant bénéficié de l’avis favorable de la Cnaces cette année (peu importe l’année dans laquelle ils sont inscrits) bénéficieront d’un diplôme équivalent. En revanche, pas de rétroactivité pour les diplômés des années précédentes.

Les très dures conditions du cahier des charges

Pour accorder son label, qui dure 5 ans, le ministère de l’Enseignement supérieur a placé la barre très haut, en imposant des critères que peu d’écoles et d’universités peuvent remplir. Le cahier des charges exige, par exemple, que l’établissement dispose d’au moins 400 étudiants. Un effectif difficile à rassembler, surtout dans les petites villes. Il prévoit également des conditions d’encadrement très strictes: un prof pour 25 étudiants en gestion et commerce, un pour 20 en sciences, un pour 10 en sciences de la santé, et de manière générale, un cadre administratif pour 100 étudiants. Or, même dans les établissements publics il est difficile de satisfaire à ces conditions. Le ministère impose, en outre, que 60% de la charge horaire soit assurée par des permanents, dont 50% de docteurs.
Jusqu’à présent, une vingtaine d’établissements privés ont déposé leur candidature, sur un total de près de 200. Selon les professionnels, à part ces happy few, très peu pourraient prétendre à la reconnaissance.

 

 

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