International

Le FMI optimiste pour la croissance au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5006 Le 19/04/2017 | Partager
4,4% en 2017 contre 1,5% en 2016
Des perspectives qui dépendront de la mise en œuvre des réformes
La croissance algérienne s’effondre: 1,4% cette année et 0,6% en 2018
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Dans l’espace couvrant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, le FMI prévoit une croissance d’environ 2,6% en 2017 puis 3,4% en 2018. L’économie marocaine enregistrerait même la meilleure croissance dans cette zone 

En marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent du 17 au 23 avril à Washington, le Fonds monétaire international (FMI) vient d’actualiser ses perspectives économiques. Il maintient la croissance du Maroc à 4,4% pour cette année. Un taux qui devrait être ramené à 3,9% en 2018. Ces prévisions restent parmi les plus optimistes.

En effet, la Banque mondiale table sur un taux de croissance de 3,8% en 2017 (elle révise donc à la baisse ses perspectives puisqu’elle prévoyait 4% en janvier). Pour 2018-2019, il faudrait s’attendre à environ 3,7% et 3,6% (cf. notre édition N°5005 du mardi 18 avril 2017). En comparaison, le HCP prévoit 3,6% pour cette année.

Pour le FMI, les perspectives à moyen terme du Maroc sont favorables, la croissance devant se hisser à 4,5% d’ici 2021. Elles dépendront de la mise en œuvre des réformes visant notamment à améliorer le climat des affaires, mieux répartir l’effort fiscal ou encore s’attaquer aux problèmes du système éducatif... A charge au nouveau gouvernement de les concrétiser. Toutefois, il aura du pain sur la planche avec un chômage en hausse (9,3% en 2017 et 9,5% en 2018).  
Dans la région Mena, des disparités persistent. Le Maroc fera mieux que la Tunisie qui réalisera toutefois une remontée (2,5%) contre 1% pour 2016. Un taux qui atteindra 3,1% en 2018.

Face à de grandes difficultés financières, l’Algérie aura encore à subir un contrecoup: 1,4% contre 4,2% en 2016. Pour 2018, le PIB algérien ne croîtrait que de 0,6%. L’Egypte connaîtra pour sa part un rattrapage plus rapide (de 3,5% à 4,5% l’année prochaine).

Globalement, les perspectives à court terme de la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan se sont détériorées. La croissance devrait y atteindre 2,6% en 2017, soit 0,8 point de moins que prévu dans l’édition d’octobre 2016 des prévisions. Pour 2018, il faudrait s’attendre à environ 3,4%. Cette expansion modérée s’explique par «le ralentissement de la croissance globale dans les pays exportateurs de pétrole en raison de l’accord de réduction de la production conclu par l’OPEP en novembre 2016».

«Lequel masque le redressement attendu de la croissance non pétrolière à mesure que le rythme de l’ajustement budgétaire face à la baisse structurelle des recettes pétrolières ralentit». La persistance de troubles et de conflits dans beaucoup de pays de la région freine aussi l’activité économique.

En Arabie saoudite, la croissance devrait ralentir à 0,4% en 2017. Ceci en raison de la baisse de la production pétrolière et de l’assainissement budgétaire en cours, avant de remonter à 1,3% en 2018. La croissance dans la plupart des autres pays du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe devrait fléchir de manière similaire cette année. Par contre, l’activité dans la plupart des pays importateurs de pétrole de la région devrait continuer de s’accélérer. La croissance passera de 3,7% en 2016 à 4% en 2017 et à 4,4% en 2018.

La reprise mondiale prend forme

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Au niveau mondial, la croissance devrait passer de 3,1% en 2016 à 3,5% en 2017, puis à 3,6% en 2018, soit légèrement au-dessus des prévisions de l’édition d’octobre 2016 des perspectives de l’économie mondiale. Un engouement qui s’explique par «les marchés financiers qui restent porteurs et à la reprise cyclique longtemps attendue dans l’industrie manufacturière et le commerce», selon le FMI.

Mais les obstacles persistent. L’adoption de mesures protectionnistes, «qui entraînerait une guerre commerciale, constitue une menace importante». Ce mouvement pourrait se propager en Europe à la faveur de scrutins indécis en Allemagne et surtout en France où plusieurs candidats à la prochaine présidentielle plaident «pour une sortie de l’euro et au protectionnisme économique». Dans plusieurs pays, il est nécessaire de mettre en place des stratégies crédibles pour placer la dette publique sur une trajectoire viable. Un relèvement des taux d’intérêt plus rapide que prévu aux Etats-Unis pourrait entraîner un durcissement des conditions financières ailleurs. Une nouvelle appréciation éventuelle du dollar américain pourrait mettre à rude épreuve les pays émergents dont la monnaie est rattachée au dollar.

 

 

 

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