Dossier Spécial

Agropole de Berkane: Un pôle dédié à la compétitivité régionale

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Trente projets lancés sur les 50 prévus
Le dispositif d’incitation à l’investissement, mal diffusé

Tous les travaux programmés pour la construction des bâtiments, l’équipement des laboratoires et  hors site de l’agropole de Berkane sont achevés. Reste à réussir le défi de la commercialisation qui nécessite l’engagement de tous les intervenants pour assurer le décollage de la première agropole du Royaume. Jusqu’à fin mars 2017, la superficie commercialisée au niveau de ce site est de 20,7 hectares avec un taux d’occupation de 65%.

Trente projets, toutes filières confondues, sont validés sur les 41 lots vendus. Des projets qui concernent la valorisation et le conditionnement (14), les produits phytosanitaires (8), matériel agricole et d’irrigation (6) et services et formation (2). Sur ces 30 projets, seulement 8 sont opérationnels (fromagerie, matériel d’irrigation, emballage et produits phytosanitaires) et 8 en cours de construction.

Il s’agit d’une station de conditionnement et d’exportation des fruits et légumes (sur 5 hectares avec un investissement de 200 millions de dirhams et un emploi induit de 500 ouvriers), d’un nouveau siège régional de la Sonacos, d’une unité de production d’aliments de bétail, et d’un centre de formation des techniciens spécialisés en agroalimentaire.

Un paquet d’incitations aux opérateurs

Les projets réalisés, fin mars 2017, ont nécessité un investissement de 160 millions de dirhams et ont généré 200 emplois permanents. En dessous des prévisions qui tablaient sur 5.000 emplois à terme. Les projections à partir de ces données montrent que les résultats obtenus en matière d’emploi ne sont pas encourageants. Ils graviteraient autour de 1.500 emplois une fois les 51 projets de l’agropole opérationnels.

Toutefois, un effort est à entreprendre auprès des investisseurs en leur exposant les différentes opportunités d’aides instaurées. C’est le cas des aides fournies dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA): des primes pour les unités de valorisation, promotion, exportations et projets d’agrégation. Il y a également un dispositif financier d’aide à l’investissement et à la création de l’emploi mis en place par le Conseil régional de l’Oriental CRO (subventions à l’acquisition du foncier, la construction, l’équipement et une prime à l’emploi). Ces aides peuvent atteindre 25% de l’ensemble des investissements.

«Malheureusement, ce dispositif d’aide à l’investissement est mal diffusé. Sur les 30 projets que compte l’agropole, une seule unité a fait appel à ces incitations», précise Mohammed Melhaoui, ingénieur agronome et membre du CRO. Ce manque de communication doit être comblé par les organismes professionnels (CGEM et Chambre de commerce) censés défendre l’investissement et la promotion des pôles compétitifs régionaux. Pour 2016 et 2017, le CRO a réservé 60 millions de DH comme aide à l’investissement et encouragement aux investisseurs de la région.  

Par ailleurs, les unités opérationnelles sont confrontées à des problèmes de commercialisation. C’est le cas de la fromagerie de cette agropole qui produit un fromage de bonne qualité mais n’arrive pas à l’écouler sur les marchés. C’est de la responsabilité des départements ministériels chargés du Commerce et de l’Industrie, appelés à mieux accompagner les secteurs productifs et initier des «diplomaties économiques» pour trouver des marchés internationaux dans le cadre de l’ouverture du Maroc sur le monde.
Ali KHARROUBI

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