Politique

Les parlementaires veulent accélérer la cadence

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5004 Le 17/04/2017 | Partager
Premier test: Présentation de la déclaration gouvernementale et vote de confiance
Le PAM se prépare à l’installation d’un «shadow cabinet»
Mais l’opposition avance en rangs dispersés
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Le gouvernement El Othmani est attendu de pied ferme par l’opposition, particulièrement par le PAM, qui va mettre en place un «shadow cabinet» pour scruter les dossiers des différents ministères. L’Istiqlal reste pour l’instant plus tourné vers sa crise interne. De leur côté, les deux députés de la FGD veulent aussi se montrer remuants dans l’hémicycle (Ph. Bziouat)

«Nous devons accélérer le rythme pour rattraper le temps perdu à cause du blocage qu’avait connu le processus de formation du gouvernement». Le message de Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers, sonne comme un rappel à l’ordre. Même son de cloche à la Chambre des représentants. Habib El Malki, son président, a été on ne peut plus clair: «Beaucoup de travail nous attend. Nous sommes appelés à le mener avec une grande discipline».

Après 6 mois de vacances, les parlementaires ont du pain sur la planche. Premier test: la présentation de la déclaration gouvernementale. Ce sera le baptême de feu pour Saâdeddine El Othmani. Le chef du gouvernement a brillé par son absence lors de la séance d’ouverture de la session du printemps. Après la séance plénière, prévue ce mardi, les parlementaires vont examiner les engagements du nouveau gouvernement. Celui-ci dispose d’une majorité confortable de 240 sièges. En face, l’opposition semble encore dispersée. A l’Istiqlal, les tiraillements internes risquent d’atténuer le dynamisme de son groupe parlementaire.

Il faudrait attendre le prochain congrès, décisif pour les istiqlaliens. Par contre, le PAM attend d’un pied ferme la nouvelle équipe gouvernementale. Des sessions de formations ont été assurées aux parlementaires de cette formation. Le PAM veut tenir la dragée haute au gouvernement El Othmani. Ilyass El Omari a décidé d’installer un gouvernement de l’ombre. Une ouverture sur de nouvelles cultures politiques, due certainement aux partenariats de ce parti avec des ONG américaines et britanniques.

Une commission a été mise en place pour préparer la feuille de route de ce «shadow cabinet», à la britannique. Des membres du PAM seront chargés de suivre, chacun, les secteurs des différents ministères. Il faut rappeler qu’en plus des 102 députés, ce parti est la première force au niveau de la Chambre des conseillers, dont il assure la présidence.

Dès l’approbation du programme gouvernemental, les parlementaires devront se pencher sur les projets de lois en stand-by depuis plusieurs mois. En tête, le projet de loi de finances 2017. Des textes fondateurs, prévus par la Constitution, et dont certains devaient être adoptés avant la fin du mandat précédent, traînent encore dans les couloirs des deux Chambres. Projet de loi sur la grève, l’Autorité de la parité… Les présidents des deux Chambres sont conscients des urgences. Habib El Malki a aussi appelé à relancer la machine pour la production de nouvelles propositions de loi. Sous le mandat du gouvernement Benkirane, les textes des parlementaires étaient souvent bloqués.

Au niveau du contrôle de l’exécutif, El Malki semble vouloir en finir avec les combats de coqs qui avaient rythmé les séances de questions orales. Avec Benchamach, ils ont appelé à assainir la relation avec l’exécutif, en veillant à «la séparation et l’équilibre des pouvoirs». Le président de la Commission administrative de l’USFP veut installer une «nouvelle vision  pour redynamiser les séances de questions orales, hebdomadaires et mensuelles». Une coordination est prévue entre les deux Chambres pour éviter la monotonie qui caractérise certaines séances à cause de la répétition des questions sectorielles.

Renouvellement des structures

Après le départ de plusieurs députés ayant intégré l’équipe d’El Othmani, la Chambre des représentants a désigné de nouveaux responsables de ses structures. A commencer par les chefs de groupe. Au PJD, c’est le maire de Fès, Idriss Azami qui remplace El Othmani en tant que chef du groupe parlementaire. Il a aussi démissionné de la présidence de la Commission des finances. Au PAM, c’est Mohamed Chrourou qui remplace le remuant Abdellatif Ouahbi. Le groupe du MP sera conduit par l’ancien ministre de la Fonction publique, Mohamed Moubdiî. Au niveau des commissions, Youssef Gharbi succède à Mohamed Yatim à la tête de celle des affaires étrangères et de la défense. L’ancien chef du groupe du PJD, Abdallah Bouanou, a été placé à la tête de la Commission des finances.

 

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