Entreprises

La robotisation, 4e révolution industrielle

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5003 Le 14/04/2017 | Partager
Boston Consulting Group a déjà lancé sa plateforme intelligente
Le sujet au cœur d'une réunion d'information de l'Ausim

Robots collaboratifs, impression 3D, intelligence artificielle (IA), réalité augmentée, big data… Toutes ces technologies, dont les coûts sont désormais plus acceptables et accessibles, sont porteuses d’une révolution industrielle imminente. «Aujourd’hui, on peut avoir des robots qui coûtent dans les 22.000 euros, contrairement aux centaines de milliers d’euros qu’il fallait débourser auparavant», explique Moundir Rachidi, directeur associé du cabinet Boston Consulting Group.

Plus communément appelées 4e révolution industrielle ou industrie 4.0, ces technologies en sont la pierre angulaire. Elles apportent leur lot d’opportunités à saisir en termes de productivité et d’agilité. L’enjeu majeur est l’inter-connectivité entre les systèmes et les technologies existantes. L’exploit réside dans le fait de faire interagir la réalité augmentée avec le big data par exemple, tout en ayant des développeurs d’applications sur place pour faire de la maintenance prédictive en s’appuyant sur une IA,…

Les combinaisons sont infinies, et cela ne relève plus de la science fiction, de l’intangible. «C’est aujourd’hui possible à échelle industrielle», s’enthousiasme le consultant. Rachidi, invité de la rencontre mensuelle de l’Ausim, est à la tête de la première usine du genre, ICO (Innovation Center for Operations), un espace de 1.200m². Projet pilote que le BCG a entièrement financé et qu’il gère avec une quinzaine de salariés, il dispose de deux lignes de production. L’une d’assemblage et l’autre de process, bourrées de technologies de l’industrie 4.0. En son sein, des robots collaboratifs, que les opérateurs peuvent programmer facilement, tournent à plein régime.

Ces «cobots» réalisent des tâches à faible valeur ajoutée, ce qui libère du temps aux opérateurs. «Avoir plus de robots ne veut pas dire avoir moins d’employés. Mais plutôt libérer du temps à l’humain pour qu’il s’acquitte de tâches intelligentes», ajoute-t-il. Sur place également, des dispositifs de réalité augmentée avec lesquels les opérateurs ont un accès immédiat aux bons gestes et même, dans certains cas, à des prestataires intervenant à distance. Quant aux écrans, ils sont partout, soit pour suivre en temps réel l’évolution de la production (en vue de détecter les anomalies) ou encore pour accéder aux données en temps réel (énergie, contrôle paramètres de production…) de l’usine.

Enfin, les pannes sont bannies grâce à la maintenance prédictive qui s’impose de plus en plus dans les ateliers. «Ce genre d’installation est accessible à tous les pays du monde, et cela peut faire peur aux pays les plus développés», explique Rachidi, qui invite les industriels à sauter le pas. «Car si vous êtes devancés par des concurrents, ils risquent d’avoir un sérieux avantage compétitif. J’espère que le Maroc se lancera», étaye le consultant. En réponse à la question de L’Economiste sur la maturité de la robotique avec Boston Dynamics qui ne tire pas encore son épingle du jeu par exemple, Rachidi ne démord pas: «On challenge les prestataires et l’on voit si ça marche», conclut-il.

Quels  gains en flexibilité et productivité?

Productivité
Coût de matière première: baisse de 2%
Coût de fabrication: baisse de 10 à 20%

Agilité de la chaîne d’approvisionnement
Montants des stocks: baisse de 10 à 30%
Coûts de transport: baisse de 7 à 15%
Chiffre d’affaires: hausse de 2 à 10%.

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