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Ministère de l’Education nationale: Pourquoi Hassad?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5001 Le 12/04/2017 | Partager
Apolitique, pragmatique, homme des situations difficiles, Hassad séduit
En tant que wali, il a développé une sensibilité particulière pour les questions de l’éducation
Cependant, le secteur n’a pas besoin d’un «messie»!
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Après avoir posé les jalons de la vision 2015-2030, Rachid Benmokhtar (à gauche) cède à Mohamed Hassad un système en faillite. Avec la loi-cadre sur l’enseignement, qui transformera les orientations de la vision en obligations, Hassad n’aura d’autre choix que d’inscrire ses actions dans la continuité de son prédécesseur. Il sera surtout attendu sur la qualité de son management, son esprit d’innovation, et surtout, son audace (Ph. Bziouat)

Un super profil pour un super ministère: l’Education nationale, la Formation professionnelle, l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, quatre gros portefeuilles entre les mains d’un seul homme, Mohamed Hassad. L’annonce de sa nomination à la tête de ce département, ce «monstre» qui engloutit chaque année jusqu’à plus de 7% du PIB sans grands résultats, en a surpris plus d’un. Pourquoi l’avoir choisi pour ce poste particulier? Technocrate, ingénieur de formation, Hassad a toujours été l’homme des situations difficiles.

Là où il est passé, il a suscité respect et considération. Son statut apolitique est un atout de taille, car son premier souci ne sera certainement pas de distiller des idéologies ou de faire plaisir à un parti. Pragmatique et avec une grande expérience dans le management de l’administration publique, son focus sera naturellement sur les résultats. Cela suffirait-il dans un secteur dont les tares sont tellement complexes?

Mohamed Hassad n’est pas un expert des questions de l’éducation. Gérer une école, la psychologie d’un enfant, des enseignants, des étudiants universitaires,… n’a rien à voir avec le management d’une armée de fonctionnaires… Néanmoins, l’ancien ministre de l’Intérieur, joker de la fonction publique, semble avoir une sensibilité particulière pour les questions de l’éducation. Retour en octobre 2013, où il a participé au Colloque international sur l’éducation, auquel plusieurs anciens ministres de l’Education nationale avaient pris part, dont Rachid Benmokhtar, qui vient de lui céder son fauteuil.

Un autre technocrate qui avait concentré les espoirs du secteur, mais dont le bilan n’a pas été particulièrement reluisant. Encore une fois, l’enseignement au Maroc est un monstre nourri pendant des années par une série d’échecs, d’incompétences, de mauvaise gouvernance, d’erreurs… et qui, jusque là, s’est montré irréformable.
Durant ce colloque, Hassad a livré un témoignage édifiant. Lorsqu’il était wali (Tanger-Tétouan et Marrakech-Tensift-Al Haouz), il avait l’occasion d’assister aux conseils d’administration des Académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref). «Près de 90% du temps des réunions étaient consacrés à des revendications salariales au détriment de l’élève et de la qualité de l’enseignement», s’était-il indigné.

Il avait, également, pointé du doigt la sclérose de l’administration, le défaut de rationalisation des ressources, le manque d’innovation, la gestion trop centralisée, les classes surpeuplées, la démotivation des profs et leur absentéisme élevé,… Hassad a eu l’occasion de mettre le doigt sur les nombreux points noirs du système.

«La première priorité devrait être la limitation du nombre d’élèves à un maximum de 25. Car avec des classes de 60 écoliers, les deux tiers n’arrivent pas à suivre. Il est aussi primordial de transformer les académies en mini-ministères locaux», avait-il suggéré. Voilà des recommandations bien raisonnables. Toutefois, comment y arriver? Entre les intentions et la concrétisation, il y a tout un monde.
De par leur éducation et leur culture, les Marocains placent toujours leurs espérances dans un sauveur qui viendra les tirer de leur décadence. Or, dans l’enseignement, il ne faut surtout pas attendre la venue d’un «messie», car l’école est l’affaire de tous.

Une tonne de dossiers brûlants

Que de problèmes à gérer et de défis à relever dans le secteur de l’enseignement. Pour les citer tous, il faudrait toute une thèse de doctorat. Le premier challenge, est celui de la concrétisation de la vision 2015-2030. Pour fonctionner, cette feuille de route a besoin, à la fois, de financements et d’effectifs (en quantité et en qualité) supplémentaires. Hassad saura-t-il exiger les moyens qu’il faut, tirer la sonnette d’alarme quand il le faut? Quand cette rentrée 2016-2017 des milliers d’enfants sont restés sans profs, de septembre à février dernier, soit la moitié de l’année scolaire, personne n’a entendu l’ancien ministre crier au scandale… les classes encombrées, la refonte des curricula, l’abandon scolaire, la formation et la sélection des enseignants, l’absentéisme, le contrôle et l’accompagnement du privé, l’innovation, la décentralisation, la massification dans le supérieur, l’équivalence des diplômes du secteur privé, la R&D, le relèvement de la qualité de la formation professionnelle,… la liste est bien longue. Avec un ministère unifié, il a là l’occasion de coordonner les efforts de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle. Appuyé par deux Secrétaires d’Etat, Hassad jouera le chef d’orchestre. Son leadership sera plus que jamais décisif.

 

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