Competences & rh

Scolarité: Les droits des enfants handicapés passent à la trappe

Par Karim Agoumi | Edition N°:5001 Le 12/04/2017 | Partager
Examens adaptés, droit à un accompagnateur… Des avantages essentiels retirés par la tutelle
Révision du guide, lettre collective… Les solutions concrètes de l’UNAHM
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L’UNAHM s’insurge contre la décision de la tutelle de retirer la quasi-totalité de leurs acquis aux enfants en situation de handicap mental. Elle propose notamment une révision du guide qui prend en considération la requête des acteurs associatifs (Ph. UNAHM) (Les visages ont été modifiés)

Les enfants atteints de handicap mental pourraient voir leurs efforts de poursuivre une scolarité «normale» réduits à néant. En effet, le nouveau cahier des procédures de passage des examens de 6e année du primaire paru le 30 mars dernier leur a retiré la quasi-totalité de leurs droits. Une décision pour le moins discriminatoire prise sans raison par le ministère de l’Education nationale que dénonce avec gravité l’Union nationale des associations œuvrant dans le domaine du handicap mental (UNAHM), employant d’ores et déjà sans temps mort tous les moyens pour redonner une chance à ces élèves d’intégrer le collège.

La décision de la tutelle prive les enfants atteints de handicap mental d’acquis essentiels à leur réussite scolaire, assure ainsi Sabah Zemmama, présidente de l’Union. Ces derniers ne bénéficieront tout d’abord plus d’examens adaptés en termes de contenu. «Proposer à ces élèves les mêmes examens que leurs camarades constitue un véritable obstacle pour ces derniers puisqu’ils n’ont clairement pas les mêmes compétences cognitives», explique Zemmama. Autre acquis supprimé et non des moindres, le droit d’être guidé et suivi par un accompagnateur, lequel est chargé notamment de la lecture et de l’écriture des réponses lors des épreuves.

«Ne pas avoir d’accompagnateur pour ces enfants s’avère particulièrement délicat. Ils ne sont en effet pas autonomes et font preuve d’un stress plus important que celui des autres élèves», souligne la présidente de l’organisme. Seul avantage à avoir subsisté, le droit à un temps supplémentaire de trente minutes. Un acquis qui s’avèrera cependant inutile si les autres droits ont été retirés. Les enfants concernés pourraient ainsi être amenés à quitter l’école et à abandonner leur cursus scolaire.

En effet, la scolarisation ne sera plus adaptée à leurs exigences, sans oublier qu’ils ne pourront plus suivre le rythme des cours. «Ces enfants présentent des difficultés importantes  à se concentrer, à lire et à écrire. Ils ont par ailleurs du mal à s’orienter dans l’espace et dans le temps. Des particularités qu’il faut absolument prendre en considération», explique ainsi la présidente.

Pour changer la donne et redonner à ces enfants leurs droits, l’UNAHM a tout d’abord alerté l’opinion publique et les médias. Ensuite, l’Union s’est ralliée à de nombreuses associations pour rédiger une lettre collective adressée aux ministères de l’Education nationale et de la famille ainsi qu’aux organismes rattachés aux droits de l’enfant et aux droits de l’homme, dont notamment le conseil des droits de l’Homme. Mais pas seulement. Une commission a également été constituée pour suggérer à la tutelle des propositions concrètes, parmi lesquelles l’obtention d’une révision du guide qui prendra en compte la requête des associations et l’intégration des acteurs associatifs à cette démarche.

 

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