Entreprises

La Fondation Phosboucraâ s’investit dans l’élevage camelin

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5000 Le 11/04/2017 | Partager
Une campagne en faveur des éleveurs du sud
Objectif: valoriser la production de la filière
Un contrat-programme pour plus de 1,5 milliard de DH
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Un dromadaire traversant seul une route. C’est une situation que l’on rencontre souvent en parcourant les provinces du sud et qui donne l’impression que les camelins vivent à l’état sauvage. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le propriétaire n’est pas loin (Ph. Privée)

Pas moins de 700 éleveurs et agriculteurs des régions du sud avaient rendez-vous, il y a quelques jours, avec la Caravane agricole Phosboucraâ.  Cette 2e édition a été l’occasion de les rencontrer sur place notamment à Smara et Bir Algandouz. Objectif, les accompagner, les sensibiliser et les former aux meilleures pratiques en matière d’élevage et de santé cameline. Les participants ont ainsi bénéficié de sessions de formation spécifiques animées par des experts nationaux et internationaux.

Le choix de l’élevage camelin comme thème de la Caravane n’est d’ailleurs pas fortuit. Il a été principalement dicté par les spécificités des provinces du sud où 70% des populations vivent de ce secteur tant il est vrai qu’il représente leur principale source de revenus. D’où l’important rôle socio-économique qu’il joue dans l’économie de ces régions sahariennes et présahariennes. Il faut noter que sur plus des 200.000 camelins que compte le cheptel national, 92% des têtes sont élevées dans les régions Guelmim-Oued Noun et  Laâyoune-Sakia El Hamra. En 1976, l'effectif camelin ne dépassait pas les 3.000 têtes.

Sachant qu’un dromadaire coûte en moyenne 7.000 DH, la valeur totale du cheptel est évaluée à plus de 65 millions de DH. Cette remarquable évolution est le résultat des efforts consentis par le département de l’Agriculture. Particulièrement au cours des  dix dernières années où l’élevage des camelins s’est développé dans les zones périurbaines notamment non loin de Laâyoune. De grands éleveurs ont d’ailleurs installé des unités de production de lait de chamelle. Une production destinée à  l'approvisionnement de la ville de Laâyoune qui connaît une forte demande sur ce produit dont sont friands les habitants. Elles sont ainsi une vingtaine d'unités à assurer le traitement du lait produit par un effectif de 800 chamelles laitières.

C’est donc un cheptel que les pouvoirs publics veulent développer en le préservant contre toutes les formes de maladies notamment celles parasitaires internes et externes. Aussi, les services compétents ont multiplié les opérations de vaccination au profit de l’élevage camelin avec un taux de couverture dépassant 70% des têtes. Le coût moyen annuel de ces opérations est de près de 3 millions de DH.
La deuxième édition de la Caravane agricole de Phosboucraâ, organisée en partenariat avec le département de l’Agriculture ainsi que les Chambres d’agriculture et les organisations professionnelles des trois régions du sud du Royaume, s’inscrit ainsi dans le cadre du soutien apporté par le Groupe OCP et ses Fondations au plan Maroc Vert. En effet, cette manifestation est une action qui s’adresse directement aux petits éleveurs et agriculteurs des régions ciblées. L’on veut, à travers cette initiative, apporter à ces derniers l’expérience et le savoir-faire de différents experts et partenaires en matière de conduite de l’élevage camelin. La Caravane a, ainsi, été axée sur l’accompagnement, la sensibilisation et la formation de plus de 700 petits éleveurs-agriculteurs de la filière de l’élevage camelin dans les régions du grand sud du Maroc.

Pour cette deuxième édition, le programme des présentations a été étoffé. En effet, les participants ont bénéficié de sessions de formation spécifiques animées par des experts marocains et étrangers venus notamment des pays du Golfe et d’Australie. A cette occasion, ils ont pu mettre en avant les expériences respectives de leurs pays en matière de développement de la chaîne de valeur cameline.

Génétique, santé, commercialisation...

Cette action de proximité a également permis la vulgarisation des techniques de production agricole et a mis l’accent sur la promotion de la conduite rationnelle des élevages camelins et l’amélioration de leurs performances. Cela grâce à une meilleure maîtrise des volets «génétique», «santé» et  «valorisation et commercialisation».
Lors des deux étapes de cette deuxième édition, des présentations didactiques ont été ainsi animées par des experts agronomes et vétérinaires. Elles ont été suivies par des interactions avec les professionnels du secteur qui, il faut le dire, n’ont pas été avares en questions. Globalement, les échanges entre experts et éleveurs ont surtout porté sur la diffusion des bonnes pratiques de conduite des élevages camelins. Il en est de même du rôle de l’alimentation, de la santé animale, des bons réflexes de gestion de la phase de gestation et du nouveau-né, et de la valorisation des produits du dromadaire issus de nos provinces du sud. Toutes ces informations sont destinées à permettre aux petits éleveurs d’améliorer significativement la productivité de leurs élevages et d’augmenter leurs revenus et, in fine, améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs familles.

Toutefois, il a été constaté que le cheptel camelin a enregistré une forte régression dans tout le Royaume au cours des deux dernières décennies. Cela serait dû, selon certains spécialistes de la filière, notamment à la tendance de nombreux éleveurs à abandonner le mode de vie nomade pour une sédentarisation non loin des villes. Aussi, des dispositions ont été prises pour promouvoir l’élevage camelin. Elles visent surtout le repeuplement des zones les plus affectées par la vulgarisation des connaissances génétiques récentes concernant cette espèce, l’organisation de séminaires scientifiques et de journées d’étude et la création d’une station de recherche dédiée à l’élevage camelin dans la province de Laâyoune. Le domaine de recherche sur le dromadaire dans notre pays est récent et date à peine de la fin des années 70.  Les races camelines élevées au Maroc et que l’on qualifie de type «Sahraoui» sont la race «Guerzni», de petite taille et de faible production laitière, la race «Marmouri», de taille moyenne et de bonne production laitière, et la race «Khouari».

A noter que parallèlement à la Caravane, le Groupe OCP, la Fondation Phosboucraâ, le département de l’Agriculture et ses structures régionales ainsi que les Chambres d’agriculture et les professionnels du secteur camelin ont fourni tout un ensemble d’informations et de recommandations au niveau des stands qui leur ont été dédiés au sein de l’espace «Exposition Caravane». Les éleveurs ont également eu l’opportunité d’approfondir leurs connaissances sur la «Campagne santé cameline», actuellement menée par la Fondation Phosboucraâ, l’Onssa et les Associations des éleveurs de dromadaires, au niveau de la région Guelmim-Oued Noun.

Carte de visite

Créée en mai 2014, la Fondation Phosboucraâ porte l’engagement social et sociétal du Groupe OCP et notamment de sa filiale Phosboucraâ dans les trois régions du sud. Elle s’est fixée pour mission de définir et mettre en place des projets structurants dans une démarche participative impliquant la concertation avec les populations de ces régions, les acteurs associatifs et les institutionnels. Son objectif principal est de contribuer au développement humain des régions du sud. Cela  à travers des programmes bénéficiant à toutes les communautés notamment dans les domaines de l’agriculture, de la préservation de l’environnement et du développement social dont l’éducation et la santé. La Fondation mène également des actions pour l’encouragement de l’esprit d’entrepreneuriat, la promotion de la culture et du sport et le développement urbain.

Plan d’action

Le développement de la filière cameline dans les provinces du sud a fait l’objet d’un contrat-programme élaboré par le département de l’Agriculture.  Portant sur plus de 1,58 milliard de DH pour la période 2011-2020, il vise le développement des chaînes de production de viandes et de lait de chamelle. Cela à travers l’augmentation de la production, l’amélioration de sa qualité, outre la promotion des investissements dans le secteur et l’organisation des producteurs, dans une optique de développement durable. L’amélioration des conditions de production et la promotion de la chaîne d’élevage figurent aussi parmi les axes de ce programme. En vertu de ce contrat-programme, le gouvernement s’engage à réunir les conditions nécessaires au développement de l’élevage camelin prévu par le plan Maroc Vert, ainsi que la proposition d’incitations financières sous forme de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole.

La fifilière cameline, c'est:

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Un cheptel national de 200.000 têtes contre 3.000 en 1976
184.000 têtes pour les provinces du sud
Faible capacité de production laitière de la région: 3 litres/jour
1.012 éleveurs
70% des populations des provinces du sud vivent de ce secteur
Le domaine de recherche sur le dromadaire date à peine de la fin des années 70
Prix moyen d'un dromadaire: 7.000 DH
Objectif visé pour 2020: 83.600 tonnes de litres de lait de chamelle et une production de viande de 4.000 tonnes

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