Entreprises

Digital, émergence de nouveaux acteurs: Maroc Telecom prépare la riposte

Par Franck FAGNON | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
L’opérateur se positionne déjà sur le créneau des objets connectés avec de nouvelles solutions
La voix perd de la valeur au profit de la data
Dégroupage: «Nous n’avons aucune demande en instance»
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Le groupe a augmenté son parc client et amélioré ses revenus dans un contexte fortement concurrentiel sur la plupart de ses marchés. En dehors des acteurs classiques, les opérateurs télécoms sont aujourd’hui confrontés à la concurrence de nouveaux acteurs dans le numérique

Le groupe Maroc Telecom renoue avec la croissance sur le marché marocain avec une hausse de 1% de ses revenus à plus de 21 milliards de DH en 2016. Dans un contexte fortement concurrentiel, toute hausse est bonne à prendre, se réjouit Brahim Boudaoud, directeur général réglementation et affaires juridiques. Le groupe a stabilisé ses bénéfices à 5,6 milliards de DH mais n’a pas jugé nécessaire de commenter ses résultats annuels, rompant ainsi une tradition. En revanche, il a exposé ce jeudi 6 avril quelques uns de ses projets dans le digital.

Confrontés à la menace grandissante de nouveaux acteurs qui viennent s’incruster dans le secteur, les opérateurs télécoms ne veulent plus être en retrait sur des sujets d’avenir comme l’économie des objets connectés par exemple. Maroc Telecom se positionne déjà sur ce créneau en développant un certain nombre de solutions. Il s’agit entre autres de la balise connectée qui permet à un parent de localiser en temps réel son enfant. Ce dernier a également la possibilité de l’alerter en se servant du boîtier à sa disposition. Le groupe a également développé une solution de pilotage à distance de la maison et une solution «smart car» sera introduite prochainement sur le marché, indique Abdelkader Maamar, directeur marketing.

Les opérateurs n’ont pas d’autres choix que d’accélérer l’innovation s’ils ne veulent pas être réduits à de simples fournisseurs de bande passante. La concurrence ne vient plus uniquement des acteurs classiques. Elle a aussi pour nom Google, Apple, Facebook ou encore les applications de messagerie instantanée. Maroc Telecom prévoit d’animer périodiquement une rencontre intitulée «Smart Days» sur la transformation numérique. L’idée est de nourrir une plateforme de réflexion et d’initiation aux tendances digitales mondiales, mais aussi de vulgariser ces nouveaux usages. «Le tout connecté est une réalité aujourd’hui. Le rôle de Maroc Telecom est de préempter l’éducation du client à ces nouveaux modes de consommation», fait savoir Boudaoud.  Par ailleurs, ces rendez-vous permettraient au groupe lui-même d’enrichir sa réflexion sur le sujet et de capter les attentes de la clientèle.

Aujourd’hui, le secteur connaît une mutation profonde avec un déplacement de la valeur des services télécoms de la voix vers la data. «L’avenir c’est la data», résume Boudaoud. Le poids de la voix devrait considérablement baisser à l’avenir. L’innovation et l’émergence des applications comme WhatsApp, Viber qui permettent des appels VoIP va accélérer ce mouvement. Ces acteurs notamment sont à l’origine de la disparition progressive du SMS. Plus de 8 milliards de SMS ont été envoyés en 2016 au Maroc, en chute de 50% sur un an.

Avec ces deux sources de revenus qui s’affaiblissent, les opérateurs doivent investir massivement dans la data mais aussi dans le contenu et l’amélioration de la relation client pour stimuler l’usage. Le taux de couverture de la 4G+ se situe à 73% indique le management de Maroc Telecom. Il s’établit à 87% pour la 3G et 100% pour la 2G. En moyenne, un client consomme 1,5 giga par mois. C’est l’un des plus élevés dans la région Mena, observe le management de Maroc Telecom. Mais, la volonté est de l’accroître. Pour cela, il faut que l’écosystème (développeur d’application, de contenu…) se développe aussi.

Dégroupage: Maroc Telecom clarifie sa position

Le dégroupage suscite encore de vives tensions entre Maroc Telecom et ses concurrents. Le coût du branchement aux infrastructures de Maroc Telecom constitue l’un des points de désaccord. Pour l’opérateur historique, les conditions tarifaires ne sont pas équitables. En même temps, il reproche à ses concurrents de ne pas suffisamment investir sur ce segment sachant qu’il n’est pas rentable. La polémique sur le dégroupage est un faux débat, laisse entendre les cadres de Maroc Telecom. «Nous avons massivement investi ces cinq dernières années dans l’Adsl. Les autres opérateurs auraient pu faire de même mais, ils ont privilégié les investissements dans le mobile», relève Zakaria Lahjomri, directeur communication, sponsoring et événementiel.
Les conditions de branchement au réseau de Maroc Telecom sont encadrées par le régulateur (ANRT). Malgré l’avertissement adressé à Maroc Telecom, la position de ce dernier reste inflexible. «Il peut arriver qu’un arbitre donne un carton jaune sans qu’il n’y ait vraiment faute», caricature Boudaoud.  «Il faut beaucoup de pédagogie sur le sujet», ajoute-t-il. Aujourd’hui, Maroc Telecom assure qu’il n’a aucune demande de dégroupage en instance.

 

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