Médias

Symposium UPF/Environnement: L’avenir de l’Afrique se joue en Afrique

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4994 Le 03/04/2017 | Partager
150 médias de 30 pays francophones réunis à Benguerir
Le traitement de cette question encore jeune sur le continent
meryem_ouadgriri_upf_094.jpg

«Notre métier nous confère une formidable proximité avec les populations qui fait de nous des partenaires de choix dans la sensibilisation et la compréhension des enjeux climatiques», explique Meriem Oudghiri, secrétaire générale de la Rédaction de L’Economiste et présidente de l’UPF Maroc. C’est ainsi que le 2e Symposium de l’UPF s’est consacré au rôle des médias dans la préservation de l’environnement en Afrique, le continent le plus vulnérable (Ph. Mokhtari)

«Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge», disait Churchill. Encore plus vrai quand ce changement concerne le climat. L’Afrique, qui a vu réduire sa biodiversité de 40%, a subi 136 épisodes de sécheresse sur ces 20 dernières années. Sur les 10 pays au monde les plus menacés par le changement climatique, 7 sont africains. L’impact sur la santé, l’eau et l’alimentation étant les grandes menaces sur le continent.

Un tableau dépeint par la scientifique Maria Snoussi, invitée au 2e Symposium international de l’Union de la presse francophone (UPF), qui vient de se tenir à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir, première ville verte africaine. Après Monaco en 2016, c’est donc au Maroc que des journalistes venus de 27 pays se sont penchés sur les forces et les faiblesses des médias dans le traitement des questions d’environnement en Afrique.

«C’est dans ce combat que l’UPF et toutes ses sections s’engagent aujourd’hui. Ce réseau unique au monde, résolument tourné vers l’avenir, veut se positionner en tant que force de réflexion collective», explique Meriem Oudghiri, SG de la Rédaction de L’Economiste et présidente de l’UPF Maroc.

Donner la capacité de faire des choix informés

Selon elle, «notre métier nous confère une formidable proximité avec les populations qui fait de nous des partenaires de choix dans la sensibilisation et la compréhension des enjeux climatiques». Au final, le but est de donner aux citoyens la capacité de faire des choix informés et de leur permettre de devenir les acteurs de leur changement.

Encore faut-il que le sujet soit correctement maîtrisé. Car, comme l’exprime Abdelmounaïm Dilami, PDG du Groupe Eco-Médias, «l’afflux d’informations de mauvaise qualité dégrade la vigilance des citoyens et pourrait affaiblir les capacités critiques». Alors comment assurer une contagion positive des valeurs écologiques? Comment motiver un développement durable en Afrique par les Africains eux-mêmes? Le traitement médiatique des questions d’environnement est encore jeune sur le continent, et diffère d’un pays à l’autre.

Si au Maroc, COP22 oblige, les journalistes ont été plongés dans le bain, multipliant les papiers tous supports confondus, ailleurs, ce traitement peut être moins fluide. Et les raisons sont multiples. La relation entre journaliste et scientifique déjà, qui manque d’une confiance mutuelle et d’une communication simplifiée. Rappelons aussi que l’Afrique est de tradition orale. Auprès de nombreuses populations, l’information se diffuse mieux via la radio et la télévision qu’à l’écrit. Alors le manque d’images pour parler environnement a été soulevé par certains. Pourtant, son impact direct n’est plus à démontrer.

symposium_upf_094.jpg

Lors de la cérémonie d’ouverture du Symposium, étaient présentes des personnalités dont Manuel Bufala, premier conseiller de l’ambassadeur de France au Maroc (à l’extrême gauche de la photo), le gouverneur de Rhamna, Farid Chourak (4e) et à ses côtés Mohamed Ghazali, secrétaire général du ministère de la Communication (Ph. Mokhtari)

Et puis, il y a ceux, comme au Cameroun, qui regrettent que même si ces préoccupations écologiques sont traitées dans leurs médias, elles ne sont jamais des sujets prioritaires, trop souvent reléguées en dernières pages. Bien sûr, les Africains, qui sont en prise directe avec les conséquences du changement climatique, connaissent bien ses ravages sur le terrain. Le rôle des médias serait alors de davantage donner la parole aux experts, de mettre en avant les expériences et les stratégies qui marchent, pour permettre aux populations de faire des choix éclairés et informés.

Absence de journalistes spécialisés, manque de formation et de connaissances, mais aussi manque de moyens ou simple désintérêt de certains organes de presse sont les grandes faiblesses soulevées par les journalistes présents au Symposium.
L’UPF, que Abdelmounaïm Dilami a permis de faire renaître de ses cendres lorsqu’il en était président, a donc un rôle essentiel à jouer. La presse étant, dans certains pays comme le Rwanda où la démocratie est encore jeune, le seul moyen de contraindre les dirigeants à l’action en leur rappelant leurs engagements, et bien sûr d’informer les populations, leur permettant ainsi d’être les premiers acteurs de la préservation de leur environnement.

L’union fait la force

Pour l’actuel président international de l’UPF, Madiambal Diagne, «nous répondons ici à la demande exprimée par les hommes et les femmes de médias d’Afrique que le module, déroulé à Monaco l’année dernière en direction des pays du bassin méditerranéen, puisse également profiter aux médias de tous les pays africains».

En effet, ce continent le plus en vue, mais qui est aussi le plus vulnérable, a aujourd’hui besoin de toutes ses forces vives pour construire un modèle de résilience climatique. L’UPF, qui oeuvre depuis 1950 pour la libre expression, regroupe aujourd’hui plus de 3.000 journalistes, responsables et éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle, répartis dans 110 pays ou régions du monde.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc