International

Première rencontre Chine/USA de l’ère Trump

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4994 Le 03/04/2017 | Partager
Elle est prévue les 6 et 7 avril prochains en Floride
Mission: «Enterrer la hache de guerre»
Commerce, principe de la Chine unique, Corée du Nord…
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 Donald Trump a régulièrement menacé d’imposer des droits de douane punitifs aux importations chinoises. Les Etats-Unis ont importé de Chine pour 463 milliards de dollars.  Les exportations de produits américains vers la Chine ont atteint 116 milliards de dollars en 2016

Prévue cette semaine (6 et 7 avril en Floride), la rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping est annoncée comme «difficile». Les sujets qui fâchent ne manquent pas. Le président américain reste convaincu que les firmes américaines doivent être prêtes à chercher d’autres alternatives. Car, dit-il: «il n’est plus question d’accepter les énormes déficits commerciaux et les pertes d’emplois».

Durant sa campagne et depuis son élection, le nouveau locataire de la Maison-Blanche a multiplié les critiques envers la Chine. Il va d’ailleurs signer deux décrets visant à désigner les causes du déficit américain. L’objectif est d’aboutir à une liste qui devra identifier les cas de «triche». Il est question aussi de déceler les accords de libre-échange qui n’ont pas tenu leurs promesses ou encore des règlements non-respectés.

Quant au gouvernement chinois, il s’est montré plutôt optimiste quant au déroulement de la rencontre. L’intérêt est de donner le bon cap au développement des relations bilatérales et commerciales. D’ailleurs, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zheng Zeguang a assuré que «son pays ne cherchait pas à dégager un excédent avec les Etats-Unis». Il n’est pas envisagé non plus de stimuler les exportations par des dévaluations compétitives. Une réponse directe aux accusations du président américain qui a souvent reproché à la «Chine de laisser filer sa monnaie».

Le vice-ministre a fait valoir qu’en «soutenant sa demande intérieure, Pékin allait permettre une hausse des importations américaines». Il a aussi invité Washington à assouplir ses contrôles à l’exportation des produits de haute technologie en direction de la Chine. Côté chiffres, les investissements chinois ont considérablement augmenté ces dernières années aux Etats-Unis. Ce qui a permis de créer des emplois et de réduire le déséquilibre commercial.
A peine élu, Trump avait provoqué l’ire de Pékin en laissant entendre qu’il pourrait revenir sur une position diplomatique datant de 1979: le «principe de la Chine unique». Par lequel le régime communiste interdit tout contact officiel entre Taïwan et des pays étrangers. Lors d’un entretien téléphonique, mi-février, avec Xi Jinping, le président américain avait cependant joué l’apaisement et assuré qu’il respecterait ce principe.

La rencontre en Floride sera la première entre les deux dirigeants, sur fond de crise nucléaire avec la Corée du Nord. Pékin a déjà annoncé la fin de ses importations de charbon nord-coréen. Et ce, conformément aux sanctions de l’ONU visant à convaincre ce pays de renoncer à ses programmes nucléaire et balistique. Mais, la Chine s’oppose au bouclier antimissile Thaad que les Etats-Unis ont commencé à déployer en Corée du Sud, y voyant une atteinte à sa force de dissuasion.

Lors d’une visite à Séoul mi-mars, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait affirmé que l’option militaire était «sur la table» face aux menaces de Pyongyang. Avant de se rendre aux Etats-Unis, le président chinois effectuera une visite d’Etat en Finlande du 4 au 6 avril. C’est pour «montrer l’attention que la Chine porte à l’UE».

Ce que recommande l’OCDE

L’économie chinoise devrait rester l’un des principaux moteurs de la croissance mondiale dans un avenir proche. Son PIB par habitant étant bien parti pour augmenter de près de 100% entre 2010 et 2020, selon une étude économique de l’OCDE. Celle-ci recommande de «poursuivre les efforts de rééquilibrage de l’économie en faveur de la consommation par rapport à l’investissement, et de s’attaquer à des risques clés». Il s’agit notamment «du niveau élevé d’endettement des entreprises, les surcapacités industrielles et la flambée des prix des logements». Pour s’attaquer aux risques financiers, la Chine devrait «supprimer progressivement les garanties implicites dont bénéficient les entreprises publiques et mettre en place des restrictions aux investissements financés par l’emprunt sur les marchés d’actifs». La croissance économique du pays est tombée à 6,7% en 2016, à son plus faible rythme depuis 26 ans. La dette totale du pays (publique et privée) dépasse largement 250% du PIB. Ce qui a poussé la banque centrale à durcir le ton en relevant ses taux courts sur le marché monétaire.

 

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