Economie

Ports : L'inflation tarifaire inquiète les opérateurs

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4992 Le 30/03/2017 | Partager
La hausse des prix des prestations annule l'effet de la baisse du fret
Le renchérissement du remorquage particulièrement critiqué
L'autorité de contrôle rappelle que les prix sont réglementés
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La hausse des tarifs du  remorquage, de la manutention et des services annexes gêne les opérateurs. Pourtant, l'autorité de régulation explique que sur certains services, tels que le gardiennage, une mise à niveau  est opérée (Ph. Jarfi)

«Les ports marocains doivent rester  compétitifs. Si on continue d’augmenter les tarifs des prestations de service, nous allons pénaliser toute l'économie».  Pour Abdelaziz Mantrach, président de l’Association professionnelle des agents maritimes, consignataires de navires et courtiers d’affrètement du Maroc (Apram), les augmentations des prix des services portuaires doivent être «raisonnables et  ne doivent pas être prises de manière unilatérale».

Cette hausse des tarifs aurait même neutralisé l'impact de la baisse du fret maritime enregistrée au cours des dernières années.«Avec toutes les hausses, le chargeur marocain ne bénéficie pas de la baisse du coût du fret au niveau international. Nous avons, d'un côté, des armateurs en difficulté et, de l'autre, des prestataires portuaires qui font beaucoup de bénéfices», indique Mantrach.

Pour les opérateurs, certains postes ont évolué de manière importante. «Le remorquage, le poste le plus important en termes de dépenses, a pris plus de 200%. Les frais de manutention ont augmenté d'environ 22% alors que le gardiennage a explosé de  300%! Et ce, sans oublier la taxe portuaire qui est passée à 3%», explique Mantrach. Les tarifs des services portuaires sont fixés  par l'Agence nationale des ports. L'autorité de régulation plafonne aussi le niveau des hausses pour tenir compte de l'inflation. «Les tarifs ne peuvent dépasser le plafond fixé par l'ANP. Ils sont révisables à hauteur de 2% par an», souligne un responsable à l'ANP.   

Ceci étant,  les opérateurs peuvent accorder des ristournes à leurs clients, en particulier ceux qui font du volume.  «Pour certains clients, nous appliquons la hausse de 22% sur le conteneur plein, pour d'autres moins. Le client qui fait du volume a droit à un tarif plus intéressant», souligne Mohammed Abdeljalil, président du directoire de Marsa Maroc.

L'entreprise, dont les bénéfices ont crû de 55% en 2016, a décidé d'aligner tous les clients au tarif import-export plein.  Cela se traduit certes par une hausse, mais qui devrait être compensée par la baisse des frais de magasinage  appliquée depuis novembre 2016.  Il s'agit là d'un retour au tarif de 2007, soit avant la période de congestionnement du port de Casablanca. Le revenu moyen par conteneur en 2017 serait inférieur à celui de 2016. Marsa Maroc compte ainsi récompenser le gap avec les augmentations de volumes.

Pour l'autorité de contrôle, la réforme portuaire s'accompagne aussi d'une mise à niveau de certaines activités. Dans le cas du gardiennage, une refonte pour garantir la sécurité et s'aligner sur les normes internationales est mise en place. Le gardiennage des navires est réorganisé de manière à tenir compte du type de navire, sa longueur, etc. «Nous avons normé cette activité. Le nombre de gardiens à affecter à un navire dépend de sa longueur par exemple. Les tarifs ont été revues à la hausse parce qu'ils datent de 1996», souligne un responsable.

Le remorquage, qui n'est pas obligatoire, a été également réorganisé en fonction de la configuration des ports, du type de bateau… En tout cas, sur cette activité, les tarifs seront réaménagés en concertation avec les opérateurs.

 

 

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