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Politique

Quel programme pour le gouvernement El Othmani?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Enseignement, santé, emploi… les partis définissent les priorités du prochain mandat
Les patrons de la majorité se penchent sur l’architecture de la future équipe
Des pôles ministériels pour assurer la convergence des politiques publiques
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Les patrons des partis de la majorité multiplient les contacts pour accélérer le processus de formation du gouvernement. Ils se penchent actuellement sur la définition de l’architecture du prochain exécutif, avant de passer à la répartition des portefeuilles ministériels. Cette opération obéit, en principe, à une logique basée sur le nombre de sièges obtenus par chaque parti

Depuis l’annonce de la formation de la nouvelle majorité, les spéculations vont bon train concernant la composition du prochain gouvernement. Des listes officieuses circulent depuis samedi dernier. «Pour l’instant, nous n’avons pas encore atteint ce stade», affirme un dirigeant d’un parti de la majorité. Il assure que plusieurs étapes du processus restent encore à franchir avant l’installation officielle du gouvernement. Plusieurs membres des partis de la majorité, contactés par L’Economiste, ont démenti l’information qui circulait hier, concernant une audience royale pour l’annonce du nouveau gouvernement.

La Commission mise en place pour élaborer le programme gouvernemental vient de démarrer son travail, fait-on savoir. Elle est composée d’un membre de chaque formation de la majorité. L’idée est harmoniser les mesures à mettre en œuvre par l’équipe de Saâdeddine El Othmani. Pour l’instant, les partis de la majorité semblent d’accord sur les priorités. Le RNI, qui constitue l’un des piliers de cette coalition, devra peser dans les débats au sein de cette commission. Ses dirigeants devront défendre leur vision pour la mise en place du programme gouvernemental. Lors de la présentation de son programme électoral, le RNI avait fixé 5 axes qui «doivent constituer les priorités du prochain gouvernement, quelle que soit la coalition qui le dirige».

Il s’agit de la réforme de l’école, de la santé, la promotion de l’emploi, la valorisation des jeunes et du renforcement de la solidarité. C’est pratiquement les mêmes secteurs prioritaires cités par El Othmani lors de l’annonce de la coalition gouvernementale. Les dits secteurs sont également évoqués par l’USFP, qui a réuni son bureau politique, dimanche dernier, pour examiner les priorités du prochain gouvernement. Le RNI, quant à lui, a convoqué une réunion de son état-major, hier en fin d’après-midi. Au moment où nous mettions sous presse, cette rencontre était toujours en cours.

Le parti de Aziz Akhannouch devra jouer un rôle décisif dans la définition des priorités économiques. Au-delà des surenchères liées au taux de croissance, le RNI plaide depuis quelques mois pour la refonte du modèle économique, actuellement à bout de souffle. Jusque-là basé essentiellement sur la demande, il est important de le renforcer par la consolidation de l’offre, selon la vision défendue par ce parti. Les dirigeants de l’USFP sont du même avis, pointant notamment «la nécessité de rompre avec l’actuel modèle ayant atteint ses limites».

L’idée actuellement est d’aboutir à un programme commun, qui introduit de nouvelles mesures d’impulsion, sans s’inscrire dans une logique de rupture. Surtout que «les stratégies sectorielles sont en marche. La plupart d’entre elles réalisent les objectifs escomptés. Mais d’autres doivent faire l’objet d’une refonte pour assurer la relance», selon l’approche défendue par le RNI. Avant de passer à la distribution des portefeuilles et la désignation des ministres, la conception de la nouvelle architecture du gouvernement est en tête des points discutés lors des réunions des états-majors des partis de la majorité. L’idée de mettre en place des pôles sectoriels semble être partagée par les différentes formations. Elle permettra, selon eux, d’assurer la convergence des politiques publiques et d’éviter les initiatives éparpillées, limitant l’impact des différentes stratégies.

Comment rentabiliser sa mise…

Rien n’a encore été tranché concernant la composition de la prochaine équipe gouvernementale. Le nombre de portefeuilles et les noms de ministres qui circulent sont de simples spéculations, assure un membre d’un parti de la majorité. Pour l’instant, ce qui est sûr, c’est que les composantes de la majorité s’accordent sur la nécessité de mettre en place un gouvernement ramassé, dont l’architecture doit répondre aux priorités du programme gouvernemental, en cours d’élaboration. Généralement, la distribution des portefeuilles obéit à une logique basée sur le nombre de sièges obtenus par chaque parti. Théoriquement, si un parti comme le PPS, qui dispose de 12 sièges, obtient 2 portefeuilles, le RNI, qui a 37 sièges devrait en avoir 6. Mais cette règle n’est pas toujours appliquée au Maroc. Par exemple, en 2011, le PPS, qui avait 18 sièges a pu avoir 4 ministères, avant de passer à 5 départements sous le gouvernement Benkirane II. Un membre d’un parti de la majorité a expliqué que ce processus nécessite «une flexibilité pour aboutir à une architecture fonctionnelle». Il a indiqué que les patrons de la majorité devront faire des arbitrages avant d’aboutir à une version finale de la nouvelle équipe.

 

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