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Culture

L’Aïta, les voix de l’atlantique en péril

Par Amine Boushaba | Edition N°:4986 Le 22/03/2017 | Partager
Une anthologie de cet art rural ancestral dévoilée
10 CD représentant les 7 types d’Aïta enregistrés par quelque 300 artistes, venus de plusieurs régions du Maroc
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L’anthologie «Chikhates et Chioukhs de l’Aïta» dévoilée le week-end dernier, à Marseille a reçu le prix «Coups de cœur» 2017 de la catégorie «Musiques du monde» de l’Académie Charles Cros

Des voix qui portent à travers les plaines bordant l’Atlantique, entre Abda, Chaouia et Doukkala, qui racontent la nostalgie et les aspirations, des tribus hilaliennes. Des voix féminines qui nous transportent à travers plusieurs régions du Maroc: Safi, Casablanca, El Jadida, Beni Mellal, Khouribga, Kénitra… chantant souvent l’amour, la beauté, la nature dénonçant des fois les injustices. L’art de l’Aïta reste aujourd’hui un patrimoine culturel et historique bien vivant. Le son des bendirs, de Loutar ou du violon porte les voix des cheikhates et chioukhs à nos oreilles  avec des mélodies et des chants propres à chaque type d’Aïta (Al Marsaouia, Al Haouzia, Azzaâria…) qu’un auditeur aguerri saura distinguer.

Pour les novices, ils devront se référer à l’anthologie du patrimoine de l’Aïta que vient de publier Brahim El Mazned, manager culturel, connu sous la casquette de directeur artistique du festival Timitar d’Agadir, de  fondateur du Bureau Export de la musique marocaine (MoMex) mais surtout d’ethnologue. Un travail parti de la volonté de conserver et valoriser un patrimoine musical marocain séculaire en lui redonnant la place qu’il mérite. «Chikhates et Chioukhs de l’Aïta» est un travail documentaire souhaitant souligner la façon dont l’Aïta a enrichi le répertoire marocain, en préservant une mémoire rurale ancestrale. Un travail de longue haleine, deux années de collecte à sillonner les différentes régions, les douars, les villes où plusieurs musiciens et interprètes, de générations différentes cultivent encore cet amour pour l’improvisation poétique et à défendre ces traditions. «Malheureusement, depuis quelques années, avec l’arrivée des claviers, on trouve de moins en moins d’instrumentistes», regrette Brahim El Mazned.

Cette anthologie est composée de 10 CD représentant les 7 types d’Aïta enregistrés par quelque 300 artistes, venus de plusieurs régions du Maroc, et qui ont fait le déplacement jusqu’à la capitale économique du royaume pour enregistrer leur musique dans un studio professionnel de la fondation Hiba à Casablanca. «Nous avons eu des moments très forts en enregistrant cette anthologie, grâce aux témoignages des chikhats et des chioukhs qui les accompagnent. Certains n’exercent plus depuis des années et d’autres continuent  de défendre les traditions et d’apporter de la joie et du bonheur à la communauté, dans les villages comme dans les villes», précise l’auteur.

Des CD sont accompagnés d’un livret illustré par des photos d’archives et des photos prises lors des enregistrements ainsi que par des textes majeurs. Réalisé par l’association Atlas Azawan, à l’initiative du programme culture et patrimoine de la fondation OCP, l’anthologie «Chikhates et Chioukhs de l’Aïta» a été dévoilée le week-end dernier, au salon-marché de Babel Med Music de Marseille, et a reçu le prix «Coups de cœur» 2017 de la catégorie «Musiques du monde» de l’Académie Charles Cros. L’institution fondée au lendemain de la guerre en 1947, défend la diversité musicale, veille à la préservation de la mémoire sonore, dans le monde. Elle décerne chaque année des prix «coup de cœur» pour des œuvres représentant l’excellence de l’interprétation, des œuvres inédites, des répertoires oubliés, de nouveaux talents d’interprètes, ou encore des œuvres pour lesquelles elle salue l’audace ou le courage éditorial.

 

 

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