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Résultats annuels: Saham Assurance se renforce dans la vie

Par Franck FAGNON | Edition N°:4986 Le 22/03/2017 | Partager
Le partenariat avec Crédit du Maroc a permis de doubler les primes sur ce segment
Le résultat technique s’améliore de 31% à 515 millions de DH

SAHAM Assurance revient dans la bataille sur le marché de l’assurance-vie. Le partenariat conclu avec Crédit du Maroc a permis de doubler le chiffre d’affaires sur ce segment à 774 millions de DH en 2016. Cela représente 18% du chiffre d’affaires de l’assureur. Il rendra incessamment publics les rendements de ces contrats au titre de 2016. L’année dernière, la compagnie a servi 4,5% pour les produits groupes et 4,6% pour les contrats individuels, a rappelé Mahmoud Oudrhiri, directeur général délégué gestion et support de Saham Assurance, lors de la présentation des résultats annuels. Les orientations de la compagnie dans la branche vie et la croissance de 6,1% des primes non-vie à 3,6 milliards de DH lui permettent de remonter sur le podium du marché devant Axa Assurance.

Sur les 4,4 milliards de DH de primes émises en 2016 (+16%), l’assurance auto pèse, à elle seule, 47% des revenus. L’assureur revendique une part de marché de 17% sur ce créneau. Le marché de l’assurance auto a connu des changements importants en 2016 avec la suppression depuis avril de la fragmentation du paiement de la prime. «C’est un changement douloureux, mais qui sera bénéfique pour tout le monde», indique Moulay Mhamed Elalamy, directeur général de Saham Assurance. Sur le terrain, il est encore difficile de rompre d’un coup avec des vieilles habitudes. Certains courtiers continuent d’accorder des facilités de paiement.

Les compagnies elles-mêmes proposent des alternatives à la clientèle pour ne pas la brusquer. Sur le plan opérationnel, le ratio sinistres/primes dans la branche non-vie s’est dégradé de 1,6 point à 64,1% en raison de la hausse des dommages, particulièrement dans les branches incendie et transport, indique le management. La compagnie a notamment réglé un sinistre de 150 millions de DH. La réassurance prend en charge une partie. Sur l’automobile ou encore les incidents corporels, la situation s’améliore.

Au final, les performances opérationnelles se traduisent par une amélioration de 1,4 point du ratio combiné qui s’est établi à 94,7%. Sur 100 DH de primes, la compagnie dégage 5,2 DH de bénéfices. Le résultat technique s’affiche ainsi en hausse de 29% à 543 millions de DH. L’activité de gestion d’actifs s’est également bien comportée sur fond de rebond de la Bourse. Le résultat des placements a progressé de 12% à 472 millions de DH. Cette performance est surtout tirée par le portefeuille non-vie (+22%) qui est investi à hauteur de 40% en actions et 35% dans l’immobilier.

Sur le portefeuille vie, le poids des placements sur les actifs de taux (80%) limite sa performance du fait d’un environnement peu propice. Par ailleurs, les opérateurs se préparent aux changements réglementaires à venir, en particulier l’évolution du mode de calcul de la solvabilité. Les aménagements devraient influer sur la politique de placement des assureurs et les marges de solvabilité confortables qu’ils affichent aujourd’hui. A fin 2016, elle était de 180% pour Saham Assurance. «Nous avons mené des simulations et nous sommes assez confortables sur l’allocation de nos actifs. Nous pensons être largement au-dessus des exigences futures du régulateur», assure Elalamy.

Les bénéfices pénalisés par le redressement fiscal

L’Assureur a dégagé un bénéfice de 282 millions de DH, en baisse de 17%. La contre-performance est essentiellement imputable à un redressement fiscal de 130 millions de DH. Comme plusieurs autres sociétés cotées, la compagnie est également touchée par la vague de contrôles fiscaux. Les chefs de redressement portent sur les impôts sur les sociétés et sur le revenu et sur la TVA. Souvent, les différences d’interprétation des textes sont à l’origine des litiges avec l’administration fiscale. Sur les placements par exemple, le fisc redresse automatiquement les provisions constituées par prudence pour certaines participations.  «Ce sont les postes les plus importants en termes de redressement», relève Kawtar Johrati, directrice générale Asset Management. Malgré la baisse des profits, l’assureur maintient inchangé son dividende à 40 DH par action.

 

 

 

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