Culture

Audiovisuel: Pari réussi pour le congrès des régulateurs

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4984 Le 20/03/2017 | Partager
La coopération inter-réseaux RIARC-PRAI est lancée
Consolider et renforcer démocratie, pluralisme et diversité
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«Les missions de la HACA s’inspirent de la Constitution et des processus de réformes engagées par le Royaume. Nous intervenons d’une manière indépendante sur la question du pluralisme politique, de pensée et d’opinion ainsi que la diversité culturelle, linguistique et sociale», a souligné Amina Lemrini, présidente de la HACA (Ph YSA)

La 1re rencontre des régulateurs africains et ibéro-américains de l’audiovisuel s'est achevée le 18 mars à Fès. De l’avis général, cette manifestation, qui a débuté le 16 mars, a été un succès. En témoigne la présence de grandes personnalités de 18 pays africains et 9 pays ibéro-américains, dont notamment Oscar Reyes, président du CNTV du Chili et président de la Plateforma de reguladores del secteur audiovisual de Iberoamerica (PRAI), Kwasi Gyan Apeteng, président du NMC du Ghana et du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC), et Amina Lemrini Elouahabi, présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).

Tout ce beau monde a participé à l’élaboration de la déclaration de Fès, lançant ainsi la coopération inter-réseaux RIARC-PRAI. Celle-ci est un appel à la prise de conscience des enjeux et des défis majeurs communs, ayant trait notamment au renforcement du cadre juridique et institutionnel de la régulation, à la transition numérique, à la régulation des médias en période électorale, à la promotion de l’égalité des sexes dans les médias et par les médias, et à la protection du jeune public. Parmi leurs priorités figurent également l’éducation aux médias et la lutte contre les discours de haine et du racisme «devant être érigés en priorités de notre coopération et au sein d’instances partenaires», disent-ils. L’objectif étant de développer des synergies, tirer parti de la richesse qui réside dans la diversité des systèmes d’appréciation, et définir, ensemble, les actions d’une coopération commune, durable et fructueuse.

En tout cas, la rencontre de Fès a créé une véritable plateforme d’échanges, de débats et de pédagogies, tendant vers la co-régulation et l’autorégulation. «La liberté est un apprentissage, la démocratie aussi. Il faut à la fois être rigoureux, mais aussi pédagogue pour accompagner les médias», souligne Lemrini. Dans l’appel de Fès qu’elle a lancé, avec les représentants du RIARC et de la PRAI, cette dernière a insisté sur la consolidation des capacités institutionnelles et opérationnelles de régulation des médias et la promotion de l’échange d’expertise et d’information entre les instances de régulation africaines et Ibéro américaines. Et ce, au regard des évolutions technologiques et des défis de la société de l’information.

La déclaration de Fès vise, par ailleurs, à consolider et à favoriser les différentes dimensions de la coopération Sud-Sud, à élargir et diversifier les relations d’amitié et les rapports et échanges culturels, scientifiques et techniques entre les instances membres des deux réseaux. Ces derniers s’engagent à promouvoir les meilleures pratiques, particulièrement dans le domaine de la régulation de la communication audiovisuelle, dans le respect des règles nationales et internationales. «Nous érigeons le respect et la promotion des droits de l’Homme, de la dignité humaine, des valeurs de diversité, d’égalité, de parité, dans le respect de la liberté d’expression, comme des directeurs intangibles de notre action commune au service du développement de nos sociétés et de la consolidation et le renforcement de notre démocratie», indiquent-ils.

Enfin, face aux évolutions du secteur de la communication audiovisuelle, les régulateurs insistent sur la nécessité de développer des synergies, de tirer parti de la richesse qui réside dans la diversité de leurs systèmes d’appréciation, et de définir, ensemble, les actions d’une coopération commune, durable et fructueuse. Pour eux, il y a des enjeux et des défis majeurs communs à relever. Surtout, ceux ayant trait au renforcement du cadre juridique et institutionnel de la régulation, à la transition numérique, à la régulation des médias en période électorale. «La promotion de l’égalité des sexes dans les médias et par les médias, la protection du jeune public,  l’éducation aux médias et la lutte contre les discours de haine et du racisme devant être érigés en priorités de notre coopération et au sein d’instances partenaires», conclut la déclaration de Fès.

L’expérience du Maroc

Dans le domaine de la régulation audiovisuelle, l'expérience marocaine a été vivement applaudie lors de la rencontre de Fès. D’ailleurs, le système de la HACA fait de nombreux adeptes comme la Tunisie, Mauritanie, Tchad, Niger, Sénégal, Bénin, ou encore le CSA Belge.  «La HACA a atteint un standing international, en inventant une solution dans ce domaine et de pouvoir la partager. Elle se positionne comme un trait d’union entre les réseaux de régulateurs africains et ibéro-américains, car elle est membre à part entière du RIARC et membre observateur du PRAI», a déclaré à L’Economiste Amina Lemrini Elouahabi. Et d’ajouter: «nous sommes une instance indépendante et constitutionnelle qui jouit d’une bonne position auprès de ces deux réseaux et opère des missions aux normes internationales». «Nous avons développé, dès 2008, une solution de monitoring, appelée HMS (HACA Media Solution), brevetée à l’échelle internationale que nous utilisons beaucoup pour le traitement du pluralisme et bien d’autres choses», souligne la présidente de la HACA.

 

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