Economie

Forum Afrique Développement /Services financiers: 350 millions de personnes exclues

Par Franck FAGNON | Edition N°:4984 Le | Partager
Le taux de bancarisation et l’accès aux services financiers demeurent faibles
Wafacash va se développer en Afrique de l’Ouest et centrale

Opérationnelle depuis peu au Sénégal avec une expansion prévue dans la sous-région, Wafacash, la filiale d’Attijariwafa bank, déploiera prochainement ses activités en Afrique centrale à partir du Cameroun. Dans ces deux zones, le but est le même: contribuer à l’amélioration de la bancarisation. L’accès aux services bancaires demeure très faible dans de nombreux pays.

«Le taux de bancarisation se situe en moyenne aux alentours de 15% dans la zone UEMOA avec des territoires dans lesquels il ne dépasse guère 2%», relève Boubker Jaï, directeur général d’Attijariwafa bank au Forum International Afrique Développement. Plus de 350 millions Africains n’auraient pas accès aux services financiers. Or, un taux d’accès élevé constitue un levier de croissance.
Avec son modèle à bas coût, Wafacash qui a déjà fait ses preuves au Maroc, permettrait d’améliorer l’intégration financière dans les zones d’intervention du groupe Attijariwafa bank. Cet antichambre de la banque offre la possibilité aux populations à faibles revenus d’accéder à un certain nombre de services financiers.

Le développement des réseaux bancaires, les institutions comme Wafacash et les opportunités qu’offre la technologie devraient permettre d’accélérer le mouvement. Cela dit, l’inclusion financière ne se résume pas seulement à la démocratisation du paiement ou du crédit. «La bancarisation est un élément important de l’inclusion financière. Mais, ce n’est pas suffisant. Il faut donner aux populations les moyens de participer à la vie économique du pays», indique Tariq Sijilmassi, président du directoire du Crédit Agricole du Maroc. «Il s’agit de permettre aux groupes les plus vulnérables notamment les femmes et les jeunes d’organiser leur contribution à l’économie», renchérit Yacine Fall de la Banque africaine de développement (BAD). Cela passe par la vulgarisation des produits d’assurance ou encore d’épargne.

Autrement dit, il faudra développer des offres adaptées aux besoins réels de ces populations. Malgré la faiblesse des revenus, elles manifestent un besoin d’accompagnement de leurs projets ou d’épargner. Cela se voit à travers le recours important aux méthodes informelles. «Le système usuraire est l’une des plaies de nos économies», regrette Sijilmassi qui est également président de la Fédération des associations de microcrédit. Aujourd’hui, ces institutions financières sont parmi celles qui répondent le mieux aux besoins exprimés par les populations à bas revenus. Sauf que l’offre est limitée.

Le paysan africain et Bâle III

Depuis la crise financière 2008, la réglementation bancaire s’est beaucoup durcie. Les banques doivent être plus sélectives et rigoureuses pour accorder les prêts. Sauf que lorsque les règles bâloises notamment sont transposées sans retouche dans certaines économies, elles n’ont aucun sens. «Aller appliquer une probabilité de défaut à un paysan africain... c’est une vue de l’esprit», estime Tariq Sijilmassi. «Il y a une réflexion à mener pour que les règlementations internationales ne soient pas contre-productives pour les Africains», indique le dirigeant. Au fond, les banques africaines ne sont pour rien dans les dérives des mastodontes de Wall Street qui ont conduit au durcissement des règles prudentielles. Certes, il faut tirer des leçons des erreurs des autres. En même temps, il faudra une adaptation intelligente des règles pour ne pas freiner l’élan de certaines économies, particulièrement africaines.

 

 

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