Economie

Forum Crans Montana: Dakhla, nouveau hub de l’Afrique occidentale

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4984 Le 20/03/2017 | Partager
Elle assure un «rôle de trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine», selon la lettre royale
La nouvelle approche de coopération favorisera la résolution du «paradoxe africain»
Le président du Parlement de la Cedeao appelle Rabat à promulguer les instruments d’adhésion
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Pour le Souverain, le Forum Crans Montana «a vocation à favoriser l’émergence d’une conscience collective quant à la nécessité d’un renforcement de la dynamique que connaît l’Afrique» (Ph. Crans Montana)

Avec un véritable potentiel de développement économique, l’Afrique est appelée à jouer un rôle de plus en plus important sur l’échiquier mondial. Le Maroc est l’un des principaux artisans de cette mutation du continent à travers une nouvelle approche de coopération Sud-Sud. Celle-ci offre aux pays africains «la possibilité d’un partage direct et immédiat de nos expertises, d’un développement harmonieux de nos expériences et d’une fructification optimale de nos complémentarités», selon la lettre royale, adressée aux participants au Forum Crans Montana, vendredi dernier à Dakhla.

La 3e édition de cet événement constitue une consécration de son rôle dans l’accompagnement des stratégies de développement africain. «Ce forum a contribué à la formulation de solutions pratiques à de nombreuses problématiques», a souligné le Souverain, dans ce message lu par le président de la région Dakhla Oued Eddahab, Yenja El Khattat. Des recommandations émises lors des éditions précédentes ont été traduites en initiatives concrètes. Parallèlement, Dakhla, qui abrite ce Forum, cristallise cette nouvelle vision africaine du Maroc. L’ambition aujourd’hui est d’en faire un véritable hub des échanges intra-africains. «La région du Sahara marocain occupe une place de choix dans cette orientation, pour remplir son rôle historique, en tant que trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine». Pour Jean Paul Carteron, président fondateur de Crans Montana, «Dakhla est en phase de devenir Tanger du Sud».

Aujourd’hui, «au moment où le monde marche à l’envers, avec la montée des replis sur soi, le Maroc s’ouvre sur les autres pays et ramène l’espoir à l’Afrique», a-t-il dit. Son rôle est décisif pour en venir à bout du fameux paradoxe africain. D’un côté, «le continent dispose de potentialités immenses, lui permettant de devenir le moteur mondial de la croissance», selon Philippe Doust Blazy, secrétaire général adjoint de l’ONU. De l’autre, «il souffre de problèmes de gouvernance et de stabilité politique. Ce qui augmente le risque d’en faire un foyer de la déstabilisation mondiale», a-t-il dit. Pour lui, «la stabilité mondiale dépend de l’intégration africaine». Cela passe par «la nécessité de compter sur nos potentialités et nos capacités propres et d’en faire un usage optimal», a précisé le Souverain.

Cette vision est portée par «une nouvelle génération de dirigeants pragmatiques et décomplexés par rapport à des idéologies d’un autre âge», lit-on dans le message royal. Ce développement des synergies intra-africaines est indispensable pour relever les défis auxquels fait face le continent. Cela concerne l’accès aux services de base, la diminution de l’extrême pauvreté, l’agriculture durable, la gestion de l’eau, les énergies renouvelables… autant de domaines dans lesquels le Maroc a développé une véritable expertise. Ce savoir-faire est partagé avec les autres pays africains, dans le cadre de la nouvelle approche de coopération. Cette philosophie de partenariat est partagée par d’autres puissances régionales, à l’instar du Nigéria, dont le président du Sénat, Abubakar Bukola Saraki, était l’un des invités de marque de cette édition de Crans Montana. Idem pour le président du Parlement de la Cedeao Moustapha Cisse Lo.

Celui-ci a estimé que «la demande d’adhésion du Maroc à cette communauté est une preuve du désir de vivre ensemble et de partager un destin commun». Pour acter l’intégration à la Cedeao, il a appelé le Maroc à promulguer les instruments d’adhésion. L’idée est de lancer le processus d’alignement sur les mesures lancées par cette communauté, dont la carte d’identité biométrique commune ou encore les mécanismes de libre-échange. C’est le cas notamment du schéma de libéralisation du commerce en vue d’aboutir à un marché commun.

Unité africaine

L’intégration africaine passe par le lancement de mesures concrètes, selon une approche de «partage et de solidarité». C’est dans ce contexte que s’inscrit le rôle décisif du Maroc. Pour certains dossiers, comme celui du Soudan du Sud, «le Roi est le seul chef d’Etat à avoir pris une initiative en faveur de ce pays», a indiqué Jean Paul Carteron. Lors de cette édition du forum, le Souverain a rappelé l’engagement du Maroc en faveur du continent. Le Royaume «sera en tête des pays qui contribueront résolument à servir les intérêts du continent et à renforcer l’unité et l’interdépendance de ses peuples». Mais, «sans renoncer à défendre ses intérêts supérieurs, en premier, son intégrité territoriale».

 

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