Régions

Khouribga amorce son décollage économique

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4983 Le 17/03/2017 | Partager
Mise en place d’une stratégie des grands projets
Tirer profit de la régionalisation avancée
Diversification des secteurs d’activité
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Avec une population de plus de 500.000 personnes et une superficie de quelque 4.300 km2, la province de Khouribga dispose  d’importants atouts à même d’en faire un pôle de développement fort remarquable.
En effet, les opportunités d’investissement dans cette région sont considérables. Toutefois, elles restent encore inexploitées, hormis l’effort fourni par l’Office chérifien des phosphates (OCP). Cet organisme est le principal pourvoyeur d’emplois dans toute la province. Et, par conséquent, la  masse salariale consentie chaque mois, en fait un catalyseur du pouvoir d’achat des populations. L'exploitation des mines de phosphates restant la principale activité au niveau de toute la province, elle a largement contribué au développement de plusieurs centres urbains et ruraux en générant la création de milliers d’emplois. En effet, plus de 10.000 personnes sont employées en permanence. Celles-ci injectent plus de 100 millions de DH dans l’économie locale. Il ne faut pas oublier non plus les centaines d’emplois offerts par les dizaines d’entreprises travaillant dans la sous-traitance pour le compte de l’OCP.

Le pouvoir d’achat local est également renforcé par les transferts de la communauté issue de cette région et résidant à l’étranger. En clair, il y a une importante demande sur de nombreux produits, sans qu’elle ne trouve un répondant en matière d’offre. C’est dire, les opportunités d’investissement dans cette province sont énormes. Encore faut-il que Khouribga tire profit de sa situation stratégique au centre du pays. Passage obligé entre le grand pôle agricole que constituent les plaines du Tadla et la méga-région industrielle Casablanca-Settat, la province de Khouribga aspire à tirer profit de cette situation. Comment?  Les pouvoirs publics ont déjà mis sur pied une stratégie qui va permettre d’atteindre cet objectif. Aussi, quelque 16.500 TPE et PME opèrent dans la province dans tous les secteurs d’activité. En outre, des efforts sont déployés pour encourager les investissements dans les secteurs du commerce, du bâtiment, de l’agroalimentaire… On veut ainsi créer des activités autres que celles générées par l’activité dominante dans la province, soit donc l’activité minière. L’objectif est d’aller vers une diversification des activités. Un enjeu, certes de taille, mais qui reste à la portée des décideurs.

Aussi, la diversification des secteurs d’activité s’inscrit-elle en tête de liste des stratégies de développement économique local. Toutefois, il est nécessaire qu’elle soit conçue à travers une politique de réalisation de grands projets. C’est dire combien il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, d’avoir une vision globale pour une meilleure intégration de Khouribga dans son nouvel environnement régional. Vision qui doit permettre à toute la province de tirer profit des perspectives prometteuses offertes par la régionalisation avancée sur les plans économique, social et culturel ainsi qu’en matière de grands équipements. Faut-il le rappeler, cette province a été intégrée à la région Béni Mellal-Khénifra alors, qu’auparavant, elle faisait partie de la région Chaouia-Ouardigha qui n’existe plus administrativement.   

Outre donc l'ouverture sur les grandes villes avoisinantes en tant que levier de développement socioéconomique durable, cette approche intégrée devrait favoriser une meilleure intégration notamment de la ville de Khouribga dans son environnement rural et aussi la création d'emplois, contribuant ainsi à la réduction de l'exclusion sociale et du chômage, surtout chez les jeunes. Cette stratégie des grands projets est, d’ailleurs, déjà entamée. Première bénéficiaire, la ville de Khouribga, chef-lieu de la province du même nom. A commencer par le projet de construction d’une nouvelle gare routière répondant aux normes modernes du transport des personnes. Sa construction va efficacement contribuer à désengorger le centre ville. Il y a aussi le transfert du souk hebdomadaire, véritable plaie dont souffre toute la ville. Ainsi que l’élaboration d’un Plan de déplacements urbains qui va permettre l’organisation du transport des personnes et des marchandises, la circulation et le stationnement.
Sans oublier le Plan ville verte qui concernera dans un premier temps la mise à niveau des espaces verts existants. Ainsi que la construction d’un aquaparc, l’élargissement et le réaménagement des voiries et des axes  de circulation.

Cette stratégie vise également la création des services et des conditions de développement urbain et territorial ainsi que l’amélioration des prestations administratives et l’encouragement de l’investissement industriel, commercial et touristique.  En même temps, les pouvoirs publics oeuvrent à tirer profit du nouveau découpage ayant élargi l’assiette foncière de la ville dans le but de faire face à la spéculation immobilière. Et donc combattre les bidonvilles grâce à la mise en place d’une nouvelle stratégie dans le domaine de l’urbanisme. Une stratégie qui prend en considération la croissance démographique, anticipe les besoins des habitants en matière de logement dans les années à venir et met l’accent sur la nécessité de préserver les espaces verts et la proximité des services administratifs des citoyens.

Projets structurants

Pouvoirs publics et élus ont initié d’importants programmes de développement et d’infrastructure. C’est le cas en matière de construction et d’entretien des routes. Quelque 210 millions de DH vont ainsi être consacrés à ce programme et concernent 213 km de routes.
Pour sa part, l’électrification rurale va absorber 172 millions de DH. Alors que le programme d’adduction de l’eau potable en milieu rural coûtera 160 millions de DH. S'ajoute également la mise en place d’un Service d’aide médicale d’urgence (Samu) qui a nécessité un montant de l’ordre de 90 millions de DH.
Quant à la construction d’une nouvelle gare routière, elle va coûter 27 millions de DH, le déplacement du souk hebdomadaire, 26 millions de DH et la suppression des passages à niveau, 47 millions de DH.
La mise à niveau du transport public urbain par bus a nécessité pour sa part quelque 66 millions de DH.

 

 

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