International

G20-Finances: Croissance, gouvernance, Brexit… au menu

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4983 Le 17/03/2017 | Partager
La réunion se déroulera les 17 et 18 mars en Allemagne
Le FMI croit à la dynamique positive de l’économie mondiale
La coopération avec l’Afrique approfondie
g20_cristine_lagarde_083.jpg

Christine Lagarde, la DG du FMI: «Les dirigeants sont plutôt optimistes face au récent renforcement de l’activité. Il semble indiquer que l’économie mondiale pourrait sortir du long état de convalescence…» (Ph. AFP)

L’impact réel des décisions de Donald Trump sur le monde, la gouvernance, la question des changes, le déclenchement du Brexit, les enjeux des élections européennes… Ce sont autant de sujets qui seront abordés lors de la réunion du G20-Finances qui se déroulera les 17 et 18 mars à Baden Baden, en Allemagne. L’administration Trump menace plusieurs de ses partenaires, dont la Chine et le Mexique, de mesures protectionnistes censées ramener des emplois sur le sol américain. Au risque toutefois de déclencher des mesures de représailles et une guerre commerciale.

Pour entretenir une dynamique positive de croissance, il faudra poursuivre des politiques macroéconomiques d’accompagnement. En janvier, le FMI a projeté un rebond de la croissance mondiale à 3,4% cette année et 3,6% l’année prochaine (contre 3,1% en 2016). Cette embellie s’explique en partie par un redressement projeté de l’activité des pays avancés. Il est dû notamment aux perspectives d’une politique budgétaire plus expansionniste aux Etats-Unis. Une croissance plus forte dans ce pays serait certainement une bonne nouvelle pour l’économie mondiale. Mais une «variation du dosage des politiques du gouvernement américain pourrait également avoir des effets en cascade ou entraîner des phénomènes de contagion», avertit Christine Lagarde. Par exemple, un dollar plus fort et une montée des taux d’intérêt américains pourraient entraîner un durcissement des conditions financières mondiales. Ce qui engendrerait des pressions sur certains pays émergents et à faible revenu.

L’activité dans la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon dépasse les attentes. Les pays émergents et les pays en développement, dans le sillage de la Chine et de l’Inde, représentent toujours plus des trois quarts de la croissance du PIB mondial en 2017. En outre, la situation devrait se normaliser au Brésil et en Russie, pays qui ont connu de profondes récessions. Les participants à la réunion du G20 devront agir pour rendre la croissance plus inclusive et résiliente. Pour ce faire, il faudra repenser les politiques de revenu et les systèmes fiscaux. La patronne du FMI a plaidé contre des «mesures qui affecteraient le commerce, les migrations, les flux de capitaux et le partage de technologies».

«Le Groupe des 20, qui se compose à la fois de pays industrialisés et de pays émergents, est le forum adéquat pour la gouvernance mondiale», relève pour sa part Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances dans une tribune pour l’hebdomadaire allemand Die Zeit. Afin de rendre les pays moins vulnérables face aux chocs économiques, des mesures doivent être prises. Les dettes doivent être ramenées à un niveau soutenable. Les réformes structurelles nécessaires à une croissance durable et une architecture financière internationale stable et robuste doivent être mises en œuvre.

Durant la présidence du G20 cette année, l’accent sera mis aussi sur l’approfondissement de la coopération avec l’Afrique. Cela peut se faire via le projet «Compact with Africa». Il s’agit d’une offre de partenariat dont l’objectif est d’améliorer les conditions de l’investissement privé dans les pays africains.  Cinq pays (la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie) ont déjà manifesté leur intérêt à prendre part à ce projet. La Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont élaboré une liste de mesures et instruments. Ils sont de nature à améliorer les conditions des investissements privés en Afrique.

Il sera proposé aux pays africains une «plateforme visible» leur permettant de convaincre les opérateurs privés de l’amélioration des conditions et des possibilités d’investissement dans leurs pays. Les ministres des Finances de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Rwanda, du Sénégal et de la Tunisie auront l’occasion, lors de la réunion à Baden Baden, de présenter leurs propositions et leurs attentes. Une grande conférence sur l’Afrique organisée par l’Allemagne dans le cadre du G20, se tiendra en juin à Berlin. Elle s’efforcera de transmettre une «image moderne et nuancée de l’Afrique et de présenter des initiatives d’investissement».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc