International

Turquie: La crise s’envenime avec plusieurs pays européens

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4981 Le 15/03/2017 | Partager
En cause, l’interdiction de la tenue de meetings pro-Erdogan
Bruxelles et l’Otan appellent au calme
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La crise entre Ankara et certains pays de l’Union européenne au sujet de meetings de soutien au président Recep Tayyip Erdogan en vue du référendum sur ses pouvoirs risque d’endommager les relations entre les deux parties. Ce qui risque de porter un nouveau coup au processus d’adhésion de la Turquie à l’UE (Ph. AFP)

Où vont s’arrêter les tensions? Le président turc Recep Tayyip Erdogan hausse le ton contre plusieurs pays européens. Et ce, après l’interdiction de meetings organisés en soutien à la réforme constitutionnelle destinée à renforcer ses pouvoirs. Dans un communiqué, le ministère turc a estimé que la déclaration de l’UE «n’a pas de valeur».

En représailles, la Turquie a annoncé la suspension des rencontres au niveau ministériel avec les Pays-Bas et refuse le retour de l’ambassadeur néerlandais, actuellement à l’étranger. Les élections néerlandaises de ce mercredi se déroulent en pleine crise diplomatique avec Ankara.  Erdogan s’en est aussi pris à la chancelière Angela Merkel, l’accusant de «soutenir les terroristes». Merkel a jugé ces propos «aberrants». «Elle n’a pas l’intention de participer à un concours de provocations», a déclaré son porte-parole Steffen Seibert. Le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière a accusé le pouvoir turc de chercher par ses «provocations contre l’Europe à se poser en victime pour peser sur le résultat du référendum».

Dans le sillage de cette crise, l’Etat-région allemand de Sarre (ouest) a annoncé vouloir interdire à tout responsable politique étranger d’organiser des réunions électorales sur son territoire. Avec trois millions de personnes, l’Allemagne compte la plus grosse diaspora turque au monde. Près de la moitié ont le droit de voter pour les scrutins turcs, et représentent donc un électorat non négligeable en vue du référendum du 16 avril.

L’Autriche et la Suisse avaient aussi interdit des manifestations. Quant aux Bruxelles et l’Otan, ils appellent, eux, à une «désescalade» des tensions et enjoint la Turquie d’éviter toute «déclaration excessive». En dépit des tensions, Ankara reste un partenaire stratégique, notamment dans la gestion de l’afflux de migrants vers l’Europe. Mais à la lumière de la crise actuelle, le ministre turc des Affaires européennes Omer Celik a évoqué un «réexamen» du pacte sur la lutte contre l’immigration conclu il y a un an avec l’Europe. La diaspora turque en Europe est estimée à plus de quatre millions de personnes dont près de 2,5 millions ont le droit de vote dans les scrutins turcs.

 

 

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