Economie

Afrique: Le Maroc tente la diplomatie du foot

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4981 Le 15/03/2017 | Partager
Fouzi Lakjaâ brigue un siège au comité exécutif de la CAF
Signature de 40 conventions avec les fédérations africaines
Le terrain balisé depuis plusieurs mois
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A travers la candidature de Lakjaâ, le Maroc consolide sa stratégie africaine (Ph. Bziouat)

Dernière ligne droite pour l’élection des membres du comité exécutif de la CAF demain à Addis-Abeba. Après une absence de plus d’une quinzaine d’années, le Maroc a décidé de revenir au sein de cette instance du football continental. C’est donc Fouzi Lakjaâ, président de la FRMF, qui brigue un siège. Dans cette compétition, il croise le fer avec l’Algérien Mohammed Raouraoua, membre du comité exécutif de la CAF depuis une trentaine d’années. Il devra donc décrocher la majorité des scrutins des 54 fédérations que compte l’Afrique, soit 27 +1 voix. 

C’est un peu le schéma de la bataille du retour du Maroc au sein de l’Union africaine qui se reproduit. Si le Maroc remporte cette manche, ça sera un véritable coup d’envoi à la diplomatie sportive.
Cette initiative de Fouzi Lakjaâ de briguer un siège et une représentation dans les différentes commissions s’inscrit dans la cadre du choix stratégique du Souverain, mis en valeur par les deux discours lors de la COP22 et à Addis-Abeba. Ces deux moments forts constituent la référence pour plusieurs pays africains. Le président de la FRMF se lance dans cette aventure avec des arguments solides. A son actif, un programme de développement et de mise à niveau du football, lancé depuis quatre ans au Maroc et dernièrement validé par les présidents de la FIFA et de la CAF. Avant même cette campagne,  Fouzi Lakjaâ a proposé de le partager avec les pays africains. Cette idée a commencé à germer puisque 40 fédérations africaines ont déjà signé des conventions avec la FRMF. «Le football pourrait servir d’éclaireur pour ouvrir des perspectives avec ces pays», souligne le président de la fédération qui est également directeur du budget au ministère des Finances.

Lakjaâ a profité de la CAN au Gabon pour lancer la machine. Il y a sensibilisé ses homologues, présents à Libreville, à son projet de briguer un siège au comité exécutif de la CAF pour apporter sa pierre à l’édifice africain en construction. Surtout que la coopération marocaine, basée sur une logique de gagnant-gagnant en Afrique, a touché l’économie et le social, avec des partenariats public-public, public-privé. L’heure de passer au football a sonné d’autant que «le sport et la jeunesse pourraient être des fenêtres supplémentaires pour développer les relations», ajoute Lakjaâ. Cette approche a donné de la crédibilité au Maroc, avec l’accueil de 40 présidents de fédérations africaines. Cette coopération est déjà lancée avec le Burkina-Faso où des entreprises marocaines prennent en charge prochainement l’équipement de stades en pelouses synthétiques. La même expérience sera tentée avec le Rwanda. Sur le plan institutionnel, la FRMF va créer une direction chargée du développement du partenariat. Elle sera dédiée au suivi des relations avec les pays africains.

Partenariat Sud-Sud

Au-delà de cette affaire d’élection le 16 mars, la FRMF est à la recherche d’un cadre institutionnel pour faire du développement du football un axe prioritaire. Elle peut apporter beaucoup de choses dans le cadre du partenariat Sud-Sud. Aujourd’hui, la CAF a à son actif beaucoup de réussites en matière d’organisation de compétitions comme la CAN, la CHAN… Mais le développement de ce sport reste son ventre mou. Idem pour la pratique du football et la formation au niveau du continent. Là aussi, il y a encore du chemin à faire sachant qu’il y a une centaine de joueurs qui évoluent au sein de grands clubs en Europe ou en Asie.

 

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