International

Les Néerlandais votent ce mercredi

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4980 Le 14/03/2017 | Partager
Un duel Rutte-Wilders déterminant pour les élections législatives
La campagne dominée par les thèmes de l'islam et l'immigration
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 Selon les estimations, le pays compte entre 840.000 et 960.000 musulmans, soit 5% des 17 millions de Néerlandais. La plupart sont d'origine turque et marocaine, selon l'Office néerlandais des statistiques

A la veille d’un scrutin clé aux Pays-Bas (15 mars), le Premier ministre néerlandais et candidat aux législatives Mark Rutte a appelé les électeurs à arrêter «la progression du populisme en Europe». Ceci avant un débat télévisé déterminant avec son rival Geert Wilders. Il devait aborder les thèmes de l'immigration et de l'intégration sur fond de crise avec la Turquie (cf. notre édition N°4979 du lundi 13 mars 2017).

Selon les récents sondages, le parti du Premier ministre se hisse à la première place avec 16% des intentions de vote. Son Parti libéral populaire et démocrate (VVD) est ainsi crédité de 23 à 27 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement. Mais loin des quarante dont il dispose actuellement. Surfant sur la vague anti-immigration en Europe, Wilders a vu ces dernières semaines son Parti pour la liberté (PVV) reculer, avec 19 à 23 sièges crédités, soit 13% des intentions de vote. Un recul qui s'explique par «la promesse faite par de nombreux partis de ne pas former un gouvernement avec lui».  Connu pour sa rhétorique anti-islam, Wilders a promis, s'il devenait Premier ministre, «de fermer les frontières aux immigrants musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées».

Des centaines de citoyens néerlandais ont assisté, vendredi dernier, à un débat national sur l'islam dans la plus grande mosquée des Pays-Bas. Le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, du Parti travailliste (PvdA) y a participé. D'autres intervenants étaient prêts à voter pour le PvdA ou pour Denk. Le numéro deux de cette formation, qui se présente comme un parti d'immigrés, a d'ailleurs été applaudi et acclamé tout au long du débat. Les résultats de mercredi prochain devraient ainsi ouvrir la voie à d'importants marchandages dans lesquels les petits partis pourraient jouer un rôle déterminant. Comme c’est le cas du chef de file du parti écologiste GroenLinks Jesse Klaver. D'origine marocaine, cet homme politique de trente ans est considéré par les analystes comme «l'antithèse du député anti-islam».

Les élections aux Pays-Bas sont observées de près d’autant plus qu'elles seront suivies par deux autres scrutins, en France et en Allemagne (cf. notre édition N°4977 du 09/03/2017, Les enjeux des législatives aux Pays-Bas). Mais avec un total de 28 partis et 12,9 millions d'électeurs, les résultats risquent d'être fortement fragmentés. La formation du prochain gouvernement pourrait prendre des mois, plusieurs partis ayant promis de refuser toute alliance avec le Parti pour la liberté (PVV).

 

 

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