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Cliniques: Le premier groupe étranger à s’installer au Maroc

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4980 Le 14/03/2017 | Partager
Le numéro 2 français ouvre sa première clinique en juin à Bouskoura
Un partenariat entre médecins et hommes d’affaires
Médecine, obstétrique, chirurgie, hémodialyse, les spécialités de départ
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Maquette de la Clinique Ville Verte à Bouskoura (Source: CVV)

C’est le groupe Elsan, 2e acteur français de l’hospitalisation privée, qui a décidé de franchir le Rubicond après la réforme de la loi sur l’exercice de la médecine. Il ouvre sa première clinique à Bouskoura. Le chantier s’accélère pour une ouverture en juin prochain. L’investissement s’inscrit dans le cadre de la loi 131-13 sur l’exercice de la médecine qui permet aux investisseurs non médecins d’investir dans des prestations de santé. Dans le cas de la Clinique Ville Verte, il s’agit d’une association entre le groupe français Elsan, deux médecins marocains, en l’occurrence le Dr Aziz Chraïbi et le Pr Mustapha El Fatihi, néphrologues, et des promoteurs immobiliers.

Les premiers investissent dans la plateforme médicale (25 millions de DH) et leur expertise, les seconds dans les murs, qui font l’objet d’un bail. C’est la première fois qu’Elsan s’implante à l’international. «Cela faisait déjà plusieurs mois que nous étions en train de prospecter des opportunités au Maroc», confie Emile Dinet, responsable du développement international du groupe. Entre l’idée et la conception, il fallait tomber sur les bons partenaires. «Le site accueillant la clinique était un lot technique destiné par la CGI à la construction d’un établissement hospitalier sur la base d’un appel d’offres. Le marché a été décroché par deux médecins et deux associés non médecins», explique Brahim Bokhabrine, directeur du développement d’Elsan Maroc. Convaincus par la convergence de leur vision, les représentants du groupe Elsan et les investisseurs locaux ont décidé de concrétiser ensemble le projet.

Avant de prendre pied au Maroc, le groupe Elsan avait procédé à une analyse de l’offre de soin. «L’investissement privé dans les structures médicales est important, mais n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être. L’offre publique a besoin d’être relayée par une offre privée de qualité. Au niveau du groupe Elsan, j’insiste sur l’alignement de position avec les équipes médicales qui sont à l’origine de la création de richesse», déclare Dinet.
Par ailleurs, la majorité des cliniques se caractérisent par leur petite taille, des plateaux médicaux techniques précaires. Mais les dernières années ont connu l’arrivée de mastodontes tels que Cheikh Khalifa, Cheikh Zaid et de structures de moindre dimension… C’est dans ce sillage que s’inscrit le projet porté par le groupe Elsan. En effet, s’étendant sur un terrain de 9.000 m2, la clinique compte dès le départ 136 lits et places. La structure offre de grandes possibilités d’extension pour l’intégration d’autres spécialités. Elle sera spécialisée dans la médecine, la chirurgie, l’obstétrique, l’hémodialyse. Elle compte également un service d’urgences, une maternité avec une unité de néonatalogie, une unité de soins intensifs sans oublier un laboratoire de biologie…

Le groupe Elsan comptera bientôt 120 établissements de soins en France. Ce qui lui permettra de se hisser à la première place du secteur de l’hospitalisation dans l’Hexagone et d’être l’un des acteurs majeurs de la santé en Europe.
L’arrivée de l’opérateur français sur le marché marocain coïncide avec une énième levée de boucliers contre la loi 131-13 ouvrant le secteur de la médecine aux non-médecins. La dernière émane du Syndicat national des médecins du secteur libéral, la semaine dernière. Le groupe Elsan se veut rassurant et compte respecter à la lettre l’esprit de la loi, qui interdit la salarisation des médecins et l’ingérence des investisseurs dans la gestion de la clinique.

De plus, le management s’engage à faire preuve de la plus grande transparence, notamment le tarif des différentes prestations. Une obligation qui n’est toujours pas respectée par la grande majorité des cliniques. L’établissement ne cible pas les patients aisés, mais compte ratisser large en répondant aux attentes des patients bénéficiaires d’une couverture médicale privée ou de l’AMO. Après Bouskoura, le groupe Elsan est déjà en prospection pour s’implanter, certainement dans le nord du Maroc, à la faveur d’une opération de croissance externe.

Un avis européen, une tarification locale

Grâce aux possibilités de la télémédecine, régie par la loi 131-13, le patient pourra bénéficier de l’expertise d’un réseau européen à partir du Maroc. Cela va de la consultation jusqu’à la formulation d’avis différent. «Quand il est atteint d’une maladie grave, le patient marocain souhaite souvent recourir à la compétence européenne, d’autant que certains bénéficient de mutuelle de portée internationale. Ces patients pourront recourir à un avis européen, à travers la télémédecine, mais avec une tarification locale», signale Brahim Bokhabrine, directeur du développement d’Elsan Maroc. Un avis contradictoire qui peut parfois être rassurant.

 

 

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