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WikiLeaks révèle un programme de piratage de la CIA

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4977 Le 09/03/2017 | Partager
iPhone, Android, télés, voitures autonomes… seraient espionnés
Le site de Julian Assange publie près de 9.000 documents
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Les grands groupes de technologie américains tentaient d’apaiser les craintes de  leurs clients après les récentes révélations de WikiLeaks. Celles-ci affirmant que la CIA aurait utilisé «des iPhone ou des téléphones Android pour espionner leurs utilisateurs». Près de quatre ans après les premières révélations d'Edward Snowden, le renseignement américain se trouve à nouveau en plein milieu d’un tapage médiatique. Mardi dernier, WikiLeaks a mis en ligne près de 9.000 documents internes qui décrivent les capacités d'espionnage de la CIA. Il s'agirait de la plus importante publication de matériels secrets du renseignement. «La CIA pourrait transformer votre télévision en appareil d'écoute, contourner les applications de cryptage, voire contrôler votre véhicule», selon ces documents. Il met d’ailleurs en garde contre le risque d'une prolifération des «armes» informatiques ainsi exposées.

Pour le site créé par l'Australien Julian Assange, ces documents prouvent que «la CIA opère comme l'agence de sécurité nationale (NSA)», principale entité de surveillance électronique des Etats-Unis, mais avec moins de supervision.
Un porte-parole de la CIA, Jonathan Liu, n'a «ni confirmé ni démenti l'authenticité de ces documents, ni commenté leur contenu», rapporte l’agence AFP. «L’affaire n’a pas été entièrement évaluée», a précisé pour sa part le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, lors de son point de presse. Pour autant, le président de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants, Devin Nunes, a affirmé que ces révélations semblaient «très très sérieuses».

Plusieurs documents de la CIA mettant au jour «la majorité de son arsenal de piratage informatique» ont été diffusés auprès de la communauté de la cyber-sécurité. WikiLeaks en a lui-même reçu une partie qu'il a décidée de rendre publique. «Ces archives semblent avoir circulé parmi d'anciens pirates du gouvernement américain et sous-traitants de façon non autorisée. L'un d'entre eux ayant fourni à WikiLeaks une partie de ces archives», rapporte le site. Celui-ci avait publié en 2010 des centaines de milliers de documents de la diplomatie américaine qui avaient fait trembler les chancelleries du monde.

Cette collection qui représente plusieurs centaines de millions de lignes de codes, «dévoile à son détenteur la totalité de la capacité de piratage informatique de la CIA».Si ces documents sont vérifiés, ils pourraient considérablement gêner le renseignement américain, dont l'ampleur du système de surveillance a déjà été largement exposée par l'ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, en 2013.
Cette affaire est d'autant plus embarrassante pour la CIA qu'elle fait partie des agences qui avaient conclu en octobre que la «Russie avait interféré dans la campagne présidentielle américaine». En piratant justement le parti démocrate puis en diffusant, par l'intermédiaire de WikiLeaks, des emails d'un proche conseiller d'Hillary Clinton. La célèbre agence est par ailleurs «accusée par Donald Trump, comme les autres agences de renseignement, de faire fuiter des informations suggérant que certains de ses proches ont eu des contacts l'an dernier avec le renseignement russe».

Apple et Samsung réagissent

Apple a indiqué, hier mercredi, avoir déjà réparé les failles de sécurité de ses appareils révélées par WikiLeaks et exploitées par la CIA tandis que Samsung a dit se pencher «urgemment» sur la question. «Notre analyse première indique que la plupart des problématiques soulevées ont déjà été résolues dans la dernière version (du système d'exploitation) iOS», assure la marque à la pomme dans un courriel. Selon WikiLeaks, ces documents montrent que l'agence de renseignement aurait élaboré plus «d'un millier de programmes malveillants, virus, chevaux de Troie et autres logiciels pouvant infiltrer et prendre le contrôle d'appareils électroniques». En piratant les smartphones, relève le site, «la CIA parviendrait ainsi à contourner les protections par cryptage d'applications à succès comme WhatsApp, Signal, Telegram, Weibo ou encore Confide, en captant les communications avant qu'elles ne soient cryptées».

 

 

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