Economie

Compensation: L’année démarre en trombe

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4977 Le 09/03/2017 | Partager
1,1 milliard de DH pour le mois de janvier
Le soutien au gaz butane explose de 31%
Va-t-on enfin achever la réforme?

Comme nous l’annoncions dans notre édition du 8 février 2017, les dépenses de soutien au prix du gaz butane pourraient s’enflamer en 2017. Aujourd’hui, la prédiction se précise. Le début de l’année a été marqué par une forte hausse de la charge de compensation dédiée au butane. Elle a explosé de 31% sur le mois de janvier à 791 millions de DH contre 604 millions par rapport à la même période de 2016.

Hausse des prix du pétrole dont dépendent ceux du gaz mais augmentation de la consommation sous l’effet de la vague de froid qu’a connue le pays expliquent la situation. Face à la hausse qui se confirme pour les cours du pétrole brut, le prochain gouvernement va certainement redimensionner les prévisions de dépense prévue, au titre du butane. Celles-ci s’élèvent à 10 milliards de DH. Avec le sucre, le montant total de la compensation budgétisé atteint 14 milliards de DH.

Le contexte actuel devrait relancer le débat sur l’achèvement de la réforme de compensation. Déjà en 2016, la volonté du gouvernement paraissait tranchée. Dans sa lettre de cadrage sur la loi de finances, le chef du gouvernement avait même simulé les affectations des économies attendues: investissement, services socio-économiques de base et aides directes aux populations vulnérables. L’argumentaire avancé tirait sa source du «démantèlement réussi des subventions sur le carburant». (Voir L’Economiste du 10 août 2015).

L’économie estimée à l’époque à 10 milliards de DH devrait également profiter au Fonds de cohésion social qui sert déjà d’appui aux veuves, au financement du Ramed, au programme Taissir, à l’initiative «Un million de cartables» et aux personnes à besoins spécifiques. Une autre partie sera destinée au financement d’un programme intégré et pluriannuel de mise à niveau des infrastructures et des équipements de soins et de santé dans les régions qui souffrent de déficits. Il faut dire que l’annonce intervenait à la veille d’une année électorale. Depuis, silence radio. Pourtant, en ce qui concerne le gaz, il y a tellement de gaspillage et de détournement: pompage d’eau d’irrigation, restauration, chauffage… Pour ce qui est du sucre, plus de 50% de la consommation profite plutôt à l’industrie des boissons, à celle de la conserve des fruits (exportée pour l’essentiel aux pâtissiers).  

Osera-t-on cette fois passer à l’action? La formation du prochain gouvernement et le programme qui en résulterait apportera un éclairage sur la question.   
Pour le moment, l’année démarre avec un régime turbo. Du moins pour le butane qui s’accapare plus des deux tiers du montant de compensation. Avec à la clé, la hausse des volumes consommés et des prix unitaires des différents emballages. Or, si la consommation a légèrement augmenté de 2,5%, «le coût de la subvention unitaire du gaz butane a grimpé de 31% en glissement annuel», selon la dernière livraison de la Caisse.
En revanche, le soutien du sucre s’est inscrit en baisse de 4%. Janvier 2017, il s’est établi à  260 millions de DH, contre 276 millions à la même période de 2016. De même, l’import du sucre brut a fortement baissé, sous l’effet de la bonne production locale qui a assuré la couverture de la moitié des besoins. Le volume importé a ainsi chuté de 22% par rapport à la même période de 2016.

Tendance des cours du pétrole

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Le marché pétrolier reste soutenu par la perspective d'une baisse de l'offre et d'une accélération de la demande mondiale. Il reste pour l’instant focalisé sur les actions de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses partenaires. Celles-ci tablent sur la réduction  de la production de 1,8 million de barils par jour. Déjà, à fin janvier 2017, la réduction effective s’est établie à 1,5 million de barils selon l’Opep. Le chiffre a été confirmé par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui estime qu'en moyenne le taux de conformité de réduction de la production a été de 90% en janvier.
D’autres sources prévoient une hausse de la demande mondiale plus importante que la moyenne constatée sur les deux dernières années. Ceci, compte tenu du contexte de reprise en Chine et en Inde. Mais les cours devraient évoluer dans une fourchette limitée entre 50 et 60 dollars le baril. Un  seuil qui a déjà déclenché la reprise des forages aux Etats-Unis.

2,3 milliards de DH à décaisser 

A fin février dernier, le montant à débloquer au titre de la subvention du gaz butane et du sucre s’élève à 2,350 milliards de DH. L’enveloppe concerne les mois de décembre 2016 et janvier 2017. Elle se répartit à hauteur de 1,245 milliard de DH pour les entreprises de gaz butane et de 719 millions de DH pour les opérateurs sucriers.

 

 

 

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