DOSSIER 8 MARS

Les merveilleuses Marocaines

Par Soumaya NAÂMANE GUESSOUS | Edition N°:4976 Le 08/03/2017 | Partager
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Universitaire, sociologue et écrivain (Ph. SNG)

En ce mois de mars, saluons l’abnégation et les sacrifices des mères

Elles détruisent les traditions qui les ont étranglées, les obstacles à la réussite de leurs filles. Un combat féroce contre les pères et les fils. Rurales et citadines, elles bataillent pour scolariser leurs filles. Démunies, elles sont dans l’informel, sans couverture maladie, ni retraite. Les enfants prenaient en charge les parents affaiblis. Les mères continuent à entretenir leurs enfants chômeurs ou précaires.    
Saluons la bravoure et l’assiduité des filles
Elles détruisent les stéréotypes. Rurales, victimes du travail précoce, elles sacrifient leur adolescence. Le savoir-faire se transmettait de mère en fille. Il est transmis de fille en mère. Elles apprennent aux frères un nouveau type de relation avec les femmes. Plus assidues que les  garçons, elles sont majors de promotion et féminisent les effectifs universitaires.  
Saluons l’ambition et la réussite des femmes
Elles occupent des métiers masculins: conseillère du Roi, ministre, gouverneur, agent d’autorité, des femmes dans la fantasia… Au travail, elles sont plus performantes que les hommes. Si elles sont promues, les ragots les accusent de promotion canapé. Mais elles avancent.
 

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Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les seules régions du monde où la proportion de PME par rapport aux entreprises détenues par les femmes, est inférieure à la proportion d’entreprises appartenant aux hommes. Ces constats révèlent les problèmes structurels qui se posent dans ces régions et qui limitent les PME en général et celles détenues par les femmes en particulier

Saluons la ténacité et l’engagement des femmes citoyennes
Engagées dans la société civile : développement durable, écologie, éducation. Elles s’organisent en coopérative et en réseau. En politique, elles bravent les obstacles érigés par les familles, l’entourage, les partis politiques… Rurales, elles se sont insérées dans les communes. Citadines, elles occupent des sièges au Parlement. Un nombre faible, mais ont ouvert la voie aux jeunes générations.
Saluons les femmes qui ont pris conscience de leur propre existence et de leur corps
Elles vivaient dans l’abnégation et le rejet du corps. Elles entretiennent leur corps pour le conserver jeune et en bonne santé: 7 enfants par femme dans les années soixante, à 2,2 aujourd’hui. Elles soignent leur corps, leur coquetterie: sport et hygiène de vie. Le corps n’est   plus entretenu pour le mari, mais pour soi-même.

Saluons les femmes qui brisent les tabous

Elles ont détruit les anciens modèles dans les relations homme/femme. Elles devaient séduire les hommes à qui appartient le choix de la partenaire. Aujourd’hui, les hommes sont scandalisés par des filles qui les draguent. Une autre atteinte à la virilité. Elles ne sont plus une marchandise offerte aux hommes. Jadis objet sexuel, elles revendiquent leur droit au plaisir. Les hommes sont perturbés. Mariées, elles refusent le partage inéquitable des rôles des époux en responsabilisant les hommes au foyer. Leurs mères se soumettaient aux époux par crainte du divorce. Depuis la réforme du code de la famille, elles assument le divorce. Victimes de violence physique, elles se résignaient. Aujourd’hui, elles  arrêtent leurs souffrances conjugales. Elles ne pouvaient entrer dans un tribunal pour porter plainte par crainte de déshonorer sa famille. Elles ont appris à se défendre.

0
femme présidente
d’université aujourd’hui.
Une seule a assuré ce poste,
l’actuelle directrice de l’Agence d’évaluation du Conseil supérieur de l’éducation, Rahma Bourqia, à
la tête de l’université Hassan II
Mohammedia.

 

 

 

 

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