International

L’OCDE renouvelle sa mise en garde contre le protectionnisme

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4976 Le | Partager
Il impacterait la légère reprise de la croissance
Endettement, investissement en demi-teinte… des facteurs d'inquiétude
Il convient de faire un meilleur usage des initiatives budgétaires

Le risque d’un regain de protectionnisme endommagerait la croissance mondiale et impacterait les emplois qui reposent sur le commerce international. C’est l’une des craintes de l’OCDE qui a publié, hier 7 mars, la mise à jour de ses perspectives économiques intermédiaires. Une manière de répondre au président américain Donald Trump qui a promis des mesures protectionnistes, comme des taxes sur les importations de produits chinois ou la renégociation d'accords commerciaux.
Les experts de l’OCDE reviennent sur certains risques susceptibles de faire compromettre la modeste reprise de la croissance mondiale (3,3% en 2017 et 3,6% en 2018). L’expansion rapide du crédit au secteur privé et le niveau relativement élevé de l’endettement constituent une réelle menace dans plusieurs économies émergentes, en particulier en Chine. Tandis que les prix de l’immobilier restent une source de préoccupation dans certaines économies avancées. Le niveau élevé des valorisations sur les marchés de capitaux paraît déconnecté des perspectives de l’économie réelle. Avec une hausse de la consommation et de l’investissement qui reste en demi-teinte.

Des risques de tensions sur les marchés de capitaux internationaux se font jour à mesure que les taux d’intérêt font l’objet d’ajustements et divergent entre les grandes économies.
Le coût social de la crise et le creusement des inégalités sont d’autres problèmes auxquels il convient de s’attaquer. C’est à la fois pour rendre la croissance plus inclusive et pour réduire les pressions en faveur de mesures protectionnistes et d’autres réponses relevant du populisme.

L’amélioration de la croissance tient en grande partie à la poursuite de la mise en œuvre, ou à l’adoption attendue, d’un ensemble d’initiatives budgétaires dans les principales économies, notamment la Chine, le Canada et les Etats-Unis. Elles sont conjuguées à des programmes dans la zone euro qui s’annonce légèrement plus expansionniste et qui pourrait être plus ambitieuse encore. De telles politiques sont nécessaires pour catalyser la demande privée afin de stimuler l’activité mondiale et de réduire les inégalités. «Le redressement de la croissance en provenance de pays ayant pris des initiatives budgétaires est globalement bienvenu. Mais nous ne pouvons ignorer le danger que la reprise ne soit mise à mal par des données erronées ou par des risques et vulnérabilités d’ordre financier», indique Catherine L. Mann, la chef économiste de l’OCDE.

Les économies avancées et émergentes pourraient aussi stimuler les échanges et la productivité en réduisant les coûts de transaction superflus. Ceci passe par l’amélioration des procédures aux frontières et des mesures douanières et à l’élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires. Il est question aussi de procéder à la déréglementation des échanges de services, en particulier dans le secteur de la logistique et à l’harmonisation de réglementations nationales coûteuses. Remédier aux blocages et aux effets de distorsion pesant sur l’investissement international, y compris dans la zone euro, contribuerait également à l’expansion des échanges. Ceci contribuera à encourager l’IDE et à une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

                                                                        

Modeste reprise

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■ Etats-Unis: La demande intérieure devrait s’affermir, portée par une augmentation du patrimoine des ménages et par un redressement progressif de la production pétrolière. La hausse du PIB devrait repartir pour s’établir à 2,4% cette année et 2,8% en 2018. Ceci grâce à l’expansion budgétaire attendue et malgré le relèvement des taux d’intérêt à long terme et le raffermissement du dollar.

■ Zone euro: La croissance devrait se poursuivre à un rythme modéré. Elle restera freinée dans certains pays par le niveau élevé du chômage et du sous-emploi, en particulier chez les jeunes, ainsi que par la faiblesse du secteur bancaire. Dans l’ensemble de la zone, le PIB devrait progresser au taux annuel de 1,6% en 2017 comme en 2018.

■ Japon: L’assouplissement budgétaire et l’amélioration du taux d’activité des femmes contribueront au redressement de la hausse du PIB, qui devrait s’établir à 1,2% cette année contre 1% en 2016. L’ampleur de la réduction du «dualisme» du marché du travail et du redémarrage de la progression des salaires aura un impact sur les perspectives.

■ Chine: La croissance devrait continuer de baisser pour ressortir à 6,5% cette année et 6,3% en 2018. Et ce, à mesure que l’économie, auparavant dépendante de la demande extérieure et de l’industrie lourde, opérera sa nécessaire transition au profit de la consommation intérieure et des services.

■ Brésil et Russie: Après une récession profonde, la hausse des prix des matières premières et le ralentissement de l’inflation vont jouer en faveur d’une reprise.o

 

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