International

La fusion Deutsche Börse-LSE remise en cause

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:4976 Le 08/03/2017 | Partager
Le rapprochement entre les deux acteurs boursiers pose un problème de concurrence
Les opérateurs américains à l’affût d’opportunité sur le vieux continent
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Annoncée en grande pompe en 2016, la fusion entre Deutsche Börse et London Stock Exchange pourrait ne pas se faire. Le régulateur de la concurrence ne semble pas encore décidé à permettre la création d’un géant européen pour des raisons évidentes de monopole (Ph. AFP)

La fusion n’est pas prête d’être bouclée de si peu. Remise en cause en raisondu Brexit, l’opération pose également un problème de monopole. Le régulateur de la concurrence européen ne veut pas que la création d'un géant européen n'enfreint les règles de libre concurrence en Europe. C’est dans ce sens que le régulateur demande des compromis importants. Il exige le détachement de la partie italienne des activités de LSE.

Or, pour la Bourse de Londres, celles-ci représentent une partie de ses revenus mais aussi son implantation en Europe continentale ainsi que sa main sur le marché obligataire italien. Il est, dans ces conditions, évident qu’un rapprochement entre les trois acteurs majeurs boursiers en Europe poserait un problème de concurrence. LSE se trouve, dans ce cas, dans une situation délicate puisqu’elle deviendrait une cible privilégiée des géants acteurs américains qui lorgnent le marché européen.

L’échec de la fusion va forcément pousser les groupes boursiers américains ICE ou CMI à passer à l’offensive pour avaler LSE. Reste à savoir si le régulateur européen va imposer le rapatriement en Europe continentale des activités de compensation en euros. LSE aurait plus à perdre dans ce cas de figure, car la fusion permettrait au nouveau groupe d'avoir une base solide en Europe continentale. Et c’est justement le cas pour Deutsche Börse qui a l’avantage d'être sur le continent.
L’annulation de la fusion DB-LSE arrangerait les acteurs américains qui n’auront pas à faire face à des opérateurs de leur taille et leur permettrait de mieux avancer dans leur conquête de l'Europe. Pour les groupes européens, qu’elle se fasse ou pas, l’opération n’aurait aucun impact car ils sont dans leur majorité spécialisés sur des marchés dont leurs positions sont importantes. C’est notamment le cas d’Euronext qui est excellemment positionné en France, Pays-Bas, Belgique et Portugal sur la partie actions.

Il est donc assez clair que l'échec de cette opération générerait un statu quo en Europe en attendant qu'une nouvelle acquisition d'envergure se présente, comme éventuellement une absorption de LSE par un américain. Une telle fusion constituerait en quelque sorte un danger pour l'Europe, puisqu’un tel mouvement entraînerait une prise de contrôle d'activités de dérivés qui ont vocation à rester contrôlées par le régulateur européen.
Mais si LSE est racheté par ICE ou CMI, la question d'un rapprochement entre Euronext et DB serait plus d’actualité pour favoriser l'émergence d'un acteur européen de plus grande importance.

 

 

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