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Politique

Gouvernement: Benkirane maintient le statu quo

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4974 Le 06/03/2017 | Partager
Au moment où tout le monde attend un dénouement, le PJD campe toujours sur ses positions
Le chef du gouvernement tient à une formation avec les partis de la majorité sortante
Si rien ne change, il devra annoncer son échec après le retour du Souverain
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Abdelilah Benkirane est en train de battre tous les records. Plus de quatre mois se sont écoulés depuis sa nomination par le Souverain (150 jours depuis la date du scrutin), sans qu’il n’arrive à former une majorité. Jusque-là, c’est Abderrahmane Youssoufi qui avait pris 120 jours entre la date des élections et celle de l’installation effective de son équipe

«Pas de nouveauté concernant la formation du gouvernement». C’est la conclusion de la énième réunion du secrétariat général du PJD dont le patron n’arrive toujours pas à constituer une majorité. Au moment où tout le monde s’attendait à un dénouement dans les prochains jours, le parti de Abdelilah Benkirane a choisi de camper sur ses positions. Au lieu de proposer des solutions et relancer les négociations avec les autres partis pour dépasser le blocage, l’état-major du PJD s’est abrité derrière des arguments politiciens. La direction du parti de la lampe ne semble pas pressée pour sortir de cette crise. Pour la formation de Benkirane, «la nécessité d’accélérer le processus de formation du gouvernement ne doit pas se faire au détriment de la crédibilité de la vie politique».

Les Pjdistes ont aussi rappelé que «le chef du gouvernement est le seul habilité à déterminer les partis qui devront constituer le gouvernement». Les effets dévastateurs de l’attentisme sur la dynamique économique ne semble pas une préoccupation des dirigeants du PJD. Ils continuent d’alimenter la polémique au moment où les citoyens s’attendent à plus de créativité et de flexibilité pour favoriser un dénouement de cette crise. Difficile d’imaginer un déblocage dans cette ambiance électrique. Surtout que les raisons du statu quo actuel n’ont pas changé. Le chef du gouvernement continue de s’opposer à l’entrée de l’USFP dans la majorité.
La dernière réunion du secrétariat général du PJD s’est soldée par la publication d’un communiqué confirmant la limitation de la composition du gouvernement aux partis de la majorité sortante.

Benkirane ne s’est pas montré sensible aux appels des autres formations pour mettre en place un exécutif «fort et cohérent». En cas d’exclusion de l’USFP, la Chambre des représentants sera présidée par un parti de l’opposition. Si rien ne change d’ici la semaine prochaine, tout semble indiquer que le blocage va perdurer et que le chef du gouvernement pourrait solliciter un arbitrage royal. Il y a quelques semaines, Benkirane avait annoncé devant les membres de son parti qu’il «attend le retour du Roi», pour lui présenter son gouvernement, ou lui avouer son échec.

Si ce statu quo n’est pas rompu, se dirige-t-on vers un retour aux urnes? C’est l’une des options mises en avant. Le Souverain peut annoncer la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections, en vertu de l’article 96 de la Constitution. Celui-ci stipule que «le Roi peut, après avoir consulté le président de la Cour constitutionnelle et informé le chef du gouvernement, le président de la Chambre des représentants et le président de la Chambre des conseillers, dissoudre, par dahir, les deux Chambres du Parlement ou l’une d’elles seulement». Un scénario coûteux et qui risque de faire durer cette situation d’attentisme. Même Abdelilah Benkirane avait récemment déclaré qu’il «rejette cette option».
Il faut dire que l’article 47 de la Constitution n’a pas prévu explicitement une alternative en cas d’échec du chef du gouvernement, issu du parti arrivé premier aux élections, à former une majorité.

Le PJD a été attaqué par d’autres partis sur ce point, puisque c’est «le seul à avoir défendu cette version de l’article 47 lors du processus de réforme constitutionnelle. Les autres ont proposé des alternatives en cas d’échec de l’installation du gouvernement au bout d’une période précise», comme l’avait rappelé la direction du PAM. Mais des constitutionnalistes avancent que des interprétations des dispositions de la loi fondamentale pourraient favoriser un déblocage de la situation.

Akhannouch s’accroche à l’USFP

La réponse de Aziz Akhannouch ne s'est pas fait attendre. Deux jours après la dernière déclaration de Abdelilah Benkirane sur la composition de la majorité, le président du RNI a de nouveau insisté qu'il n'y aura pas de gouvernement sans l'USFP. Pour lui, «la position du RNI est on ne peut plus claire». Il s'agit d'assurer «la cohérence et la complémentarité des composantes de la majorité. Avec 240 sièges, la prochaine équipe serait dans une situation confortable», a-t-il dit. L'importance de la présence de l'USFP se justifie aussi, selon le RNI, par le réseau solide dont dispose ce parti via l'Internationale socialiste. Les relations de l'USFP avec les autres partis en Europe, en Amérique latine et surtout en Afrique pourraient être utiles pour mieux défendre le dossier du Sahara.

 

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