Régions

Zagora: Des plantes aromatiques pour remplacer la pastèque

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4974 Le 06/03/2017 | Partager
La culture trop hydrovore pour la région
Deux fermes pilotes pour étudier le rendement des plantes à Tazarine et Zagora
Des expériences live pour en démontrer le bénéfice à des agriculteurs encore réticents
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Deux fermes pilotes de 3 hectares chacune vont accueillir des plantes comme le thym, l’anis, l’origan… dans le but d’étudier le rendement dans les deux zones de Zagora et Tazarine. Toutefois et bien que la culture de la pastèque nécessite beaucoup d’eau, les agriculteurs restent séduits par sa forte rentabilité et sa contribution à l’emploi dans la région (Ph. L’Economiste)

Convertir les champs de pastèques en plantations d’herbes aromatiques et médicinales. C’est ce que propose l’Association des amis de l’environnement de Zagora (AAEZ) à travers la mise en place d’un projet de fermes agricoles pédagogiques afin d’effectuer une étude sur la cultures des plantes aromatiques et médicinales (PAM). Cette initiative vient comme l’une des solutions concrètes pour remplacer la culture des pastèques dans la région. «Les PAM constituent une excellente alternative aux cultures classiques existantes déjà dans la région de Zagora.

Elles consomment peu d’eau, leur cueillette se fait tous les trois semaines, et elles présentent un potentiel d’export à l’étranger», assure Mae El Ainin Laghfiri, ingénieur agronome et porteur du projet aux côtés de AAEZ. Une opportunité très intéressante pour les agriculteurs de la région qui pourront suivre le projet et constater les résultats au fur et à mesure de son avancement. Ainsi, deux fermes pilotes de 3 hectares chacune vont accueillir des plantes comme le thym, l’anis, l’origan… dans le but d’étudier le rendement dans les deux zones de Zagora et Tazarine qui se situe à quelque 350 km de là. Le projet devrait durer entre 1 et 2 ans afin de relever le maximum de données sur la rentabilité et l’adaptabilité aux conditions climatiques.

Pour l’heure, les parcelles ont été identifiées et mises à disposition pour le projet. Quant au financement, le processus est en cours afin d’identifier les partenaires institutionnels et privés qui vont accompagner le projet. Ce dernier prend tout son sens avec le démarrage de la saison de culture des pastèques, l’ennemi numéro un des associations et de la société civile qui militent pour le développement durable et la préservation de l’eau à Zagora. Mais difficile de dissuader les agriculteurs séduits par la forte rentabilité de cette culture et sa contribution à l’emploi dans la région. Pointée du doigt à cause de sa grande consommation d’eau, la culture excessive des pastèques à Zagora doit toutefois être prise avec parcimonie. «Il est impératif de mettre en place une réelle étude scientifique dans la zone.

Pour déterminer si la pastèque consomme plus d’eau que les autres cultures existantes dans la zone, comme le henné ou le palmier dattier», assure Mae El Ainin Laghfiri. En effet, seule une étude scientifique est apte à prendre en considération tous les paramètres, comme la superficie cultivée, la durée de la culture, la demande en eau selon le cycle de croissance, etc. En absence de données précises à ce sujet, la culture des pastèques est accusée sur la base d’estimations et de calculs relatifs aux volumes d’eau consommés dans la région. En somme, les recherches scientifiques sur les cultures oasiennes manquent cruellement alors que la zone oasienne est particulièrement touchée par les changements climatiques et une période de sécheresse particulièrement importante.

                                                         

Concurrence des cultures oasiennes

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La dernière étude effectuée par l’Agence du bassin hydraulique de Souss Massa et Drâa en septembre 2014 a démontré l’incapacité de couvrir les besoins en eau d’irrigation pour la région de Zagora. D’après l’étude, pour un volume total de consommation de 12 millions de mètres cubes d’eau, le palmier consomme 9,32%, le henné 19,40%, alors que la pastèque consomme 58,31% (7 millions de m3). En comparaison, les autres légumes et blé totalisent à peine 12% de la consommation totale. Dans la commune de Faija, où la culture des pastèques est particulièrement importante, sur une superficie totale irriguée de 1.357 ha, la pastèque vient en tête avec une superficie de 972,75 ha, suivie par le henné avec 112,25 ha et le palmier dattier avec 98,25 ha.

De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

 

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